Test Razer Raion : le gamepad roi de la baston

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
24 novembre 2019 à 12h00
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La note de la rédac
À l'origine de multiples références résolument haut de gamme aux noms parfois exotiques - Raiju, Sabertooh, Wildcat, Wolverine - Razer souhaite aujourd'hui occuper un terrain laissé vacant par les autres constructeurs, celui du gamepad dédié à la baston.

Si en fouinant bien il est encore possible de mettre la main sur les derniers exemplaires du Fightpad Pro de Mad Catz ou qu'Hori distribue encore son Fighting Commander, force est de constater que les manettes conçues avant tout pour les jeux de baston ne sont pas nombreuses... et poussent logiquement à se tourner vers les sticks arcade, autrement plus imposants. C'est sans doute ce constat qui a incité Razer à se lancer dans la bagarre (sans mauvais jeu de mots) en concevant le Raion, un gamepad doté des deux fameuses rangées de trois boutons afin d'en faire le compagnon idéal de tout Street Fighter qui se respecte.

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Mais où sont les mini-sticks ? © Nerces pour Clubic

Fiche technique du Razer Raion

Razer est l'un des spécialistes du périphérique gaming. En plus de claviers, souris et autres casques-micros, il dispose bien sûr d'une large gamme de gamepad, mais c'est la première fois qu'il tente une incursion dans le domaine si particulier des manettes dédiées aux jeux de combat. Notons d'emblée qu'il ne cherche toutefois pas à toucher tous les joueurs. Ainsi, et c'est un classique chez Razer, la Nintendo Switch n'est pas concernée. Plus étonnant, la Razer Raion ne dispose d'aucune version Xbox One et pour profiter de ce pad, c'est donc sur PC ou PlayStation 4 qu'il faut jouer.

Le Razer Raion, c'est :

  • Connexion : filaire, câble de 3 m
  • Orientation ludique : jeux de combat
  • Nombre de boutons : 12
  • Nombre de gâchettes : 2, non analogiques
  • Prise casque : oui, jack 3,5 mm
  • Vibrations / Retour de force : non
  • Poids : 275 g
  • Compatibilité : PC, PlayStation 4
  • Prix et disponibilité : disponible, à 109,99 €

Ce que la fiche technique ne dit pas, c'est que les deux gâchettes du Razer Raion ne sont pas analogiques. Un choix comme pour affirmer la position « baston » du gamepad. Une décision qui permet au constructeur de proposer deux boutons plus classiques. Dans le même ordre d'idée, il n'y a pas de mini-stick, mais nous aurons l'occasion d'y revenir.

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Une croix directionnelle d'excellente facture © Nerces pour Clubic

Un pad résolument différent

Après avoir testé le Nacon Revolution Pro Controller 3 et le Xbox Elite Series v2, on est presque surpris de ne pas voir de boîte de transport pour accompagner le Razer Raion. Au sortir du carton, le gamepad est douillettement installé dans une espèce de mousse protectrice qui remplit parfaitement son office. On est également surpris de ne découvrir rien d'autre que la manette et une minuscule notice explicative : pas d'adaptateur, pas de poids ajustables, pas d'accessoires divers. Pour une fois, on ne croule pas sous les gadgets - souvent inutiles, reconnaissons-le - mais à près de 110 euros, l'addition paraît un peu salée. D'autant que le premier contact avec la manette n'est pas forcément très impressionnant. Bien sûr, une manette ne se juge ni au poids ni à la qualité - apparente - de ses plastiques, mais il est difficile de se départir de cette impression « cheap » qu'elle laisse au premier coup d'œil alors que son câble n'est même pas tressé par exemple.

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Les six boutons principaux sont bien plus gros que de coutume © Nerces pour Clubic

Une fois véritablement entre les mains, les spécificités du Razer Raion deviennent plus évidentes à commencer par sa largeur inhabituelle pour un gamepad. L'idée est ici de proposer quelque chose de beaucoup plus compact qu'un stick arcade bien sûr, mais permettant tout de même une prise en main différente d'une manette classique. Nous en reparlerons au moment des tests jeu vidéo. À côté de l'inévitable pavé tactile PlayStation 4, on trouve six boutons principaux : les quatre classiques de n'importe quel gamepad ainsi que R1 et R2 qui ont été dédoublés pour l'occasion. Bien sûr, R1 et R2 sont également présents sur l'avant comme sur n'importe quelle manette, mais l'idée est ici de les rendre plus accessibles, d'adopter une organisation plus proche d'un stick arcade avec deux rangées de trois boutons l'une au-dessus de l'autre.

De part et d'autre du pavé tactile on repère bien sûr les boutons Share et Options de la PS4 ainsi que le bouton PlayStation juste en dessous. Notons également la présence de deux boutons spécifiques : le premier permet de mettre en sourdine un casque que l'on aurait branché sur la manette et le second d'en régler le volume. Enfin, à l'avant de la manette, se trouvent les L1 / L2 et R1/ R2 classiques alors que de l'autre côté on repère deux curseurs permettant de définir certaines options. Notons au passage qu'un autre curseur est présent sous la manette pour basculer entre compatibilité PS4 et PC. Pour terminer signalons quelques regrets : le câble USB, s'il est bien long (3 mètres) n'est pas détachable et le grip des poignées n'est rien d'autre qu'un plastique avec un léger relief, rien à voir avec un véritable grip donc.

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Deux curseurs pour ajuster certains paramètres © Nerces pour Clubic

Du confort ingame

Au sortir de son carton et après un rapide tour du propriétaire, on ne peut pas dire qu'on soit particulièrement impressionnés par le travail fourni. Heureusement, les choses s'arrangent nettement une fois qu'une partie est lancée. Nous avons débuté nos tests par Ultra Street Fighter IV en version PC et d'entrée, nous saluons l'ergonomie Razer car le pad permet effectivement d'adopter deux positions. Vous pouvez donc décider de le tenir comme un pad classique ou choisir d'orienter votre main droite de sorte qu'elle se positionne comme sur un stick arcade : plutôt que d'utiliser le seul pouce pour atteindre les différents boutons, on place index, majeur et annulaire sur chacun des trois boutons d'une rangée. Dans ce second cas de figure, il devient très simple de passer d'une ligne de boutons à l'autre selon que l'on souhaite donner un coup de pied ou un coup de poing par exemple.

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Le pavé tactile PS4, bien sûr, et les boutons officiels de Sony © Nerces pour Clubic

Dans les faits, on ne va pas dire que cela transforme un joueur correct en un progamer, mais le fait est que cette organisation apporte une vraie nouveauté. De plus, la largeur de la manette a été étudiée de sorte qu'elle puisse être posée sur la cuisse droite pendant la partie... comme certains le font déjà avec un pad classique : c'est ici beaucoup plus efficace ! Après seulement quelques combats, on sent que Razer a longuement réfléchi à son ergonomie et on ne peut que saluer les efforts déployés pour que tout paraisse finalement très naturel. Razer souligne le fait que ses boutons reposent sur des contacteurs mécaniques. À l'usage, on est surtout surpris par l'absence totale de cliquetis quand on presse un bouton et par l'activation rapide de chacun d'entre eux. Un autre bon point : on a l'impression de pouvoir appuyer comme une brute sur chaque bouton sans que cela soit dommageable pour la manette, le ressenti est ici très proche d'un stick arcade.

Les sensations sont en revanche très différentes du côté de la croix directionnelle. Bien sûr, Razer ne pouvait intégrer un stick à son pad. Il a jeté son dévolu sur une croix de forme ronde sur laquelle la moindre direction entraîne un cliquetis. Certains joueurs pourraient d'ailleurs trouver le bruitage désagréable, nous préférons retenir le surcroît d'informations que cela procure. En effet, on sait immédiatement si telle ou telle direction a été imprimée et, surtout, on se rend bien compte du passage depuis une direction « basique » vers une diagonale, et inversement : impeccable pour les quarts de cercle par exemple. Non, vraiment, si elle ne remplace pas tout à fait un stick arcade, cette manette fait du très bon travail... sur les jeux de baston. Pour le reste en revanche, c'est vraiment délicat : la réactivité des boutons n'est pas adaptée aux jeux de plateformes exigeants alors que l'absence de mini-stick exclue d'office les FPS ou les jeux de foot. Pire, Razer n'ayant pas intégré de véritables gâchettes analogiques - mais de classiques boutons - la majorité des simulations automobiles sera injouable. Le Razer Raion est un fightpad et rien d'autre.

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Pratique, les boutons sourdine et d'ajustement du volume © Nerces pour Clubic

Aucun logiciel, aucun paramétrage ?

Malgré sa limitation aux seuls jeux de combat, le Razer Raion est un produit convaincant... au moins dans son ergonomie et dans les sensations qu'il procure. En revanche, on ne peut s'empêcher de penser que le constructeur a été un peu léger sur certains points. De prime abord, on est content de voir qu'aucun logiciel n'est nécessaire pour profiter immédiatement du pad, sur PS4 comme sur PC. Revers de la médaille, les options de configuration sont pour le moins réduites. On aurait par exemple aimé un système permettant de programmer les fonctionnalités des différents boutons afin d'ajuster davantage les choses à notre style de jeu. Razer a en quelque sorte opté pour la solution de facilité en ne faisant rien : la modification des contrôles ne pourra donc se faire que si les développeurs ont implémenté une telle fonctionnalité à leur jeu.

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Les gâchettes ne sont que des boutons © Nerces pour Clubic

Les plus audacieux pourraient se dire que Razer autorise au moins l'appairage du Raion avec le logiciel maison - Synapse - que l'on utilise sur la majorité des périphériques gaming. Il n'en est rien. Synapse reste sourd à nos sollicitations. Dans le même ordre d'idée, mais moins surprenant puisque le Raion n'a aucune LED, Razer n'a pas rendu son gamepad compatible avec son écosystème Chroma. En réalité, pour être plus clair, les seules options, les seuls réglages qu'il est possible d'activer sont ceux présents directement sur la manette... et ils ne sont pas nombreux. Bien sûr, un curseur permet de placer le pad en mode PS4 ou PC tandis qu'un autre permet de modifier le comportement de la croix directionnelle : émulation du stick gauche, croix directionnelle ou émulation du stick droit. La combinaison Sourdine / Réglage du volume permet de verrouiller les boutons Share / Options / PlayStation afin de ne pas les activer par mégarde en pleine partie. Enfin, un dernier curseur se charge de faire passer les L1 / L2 en L3 / R3. Automatiquement, L1 / L2 passent alors sur R1 / R2, l'idée étant de bénéficier de deux fonctions en plus (L3 / R3) qui peuvent être bien utiles sur certains jeux.

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© Nerces pour Clubic

Razer Raion : l'avis de Clubic

Évidemment, la conception particulière de la Razer Raion implique de savoir précisément pourquoi on en fait l'acquisition. Ainsi, le gamepad est pratiquement inutilisable sur des simulations sportives comme FIFA 20 ou F1 2019. Le genre du FPS n'est pas plus praticable du fait de l'absence de mini-sticks et les jeux de plateformes exigeants ne sont pas très adaptés aux switchs mécaniques des boutons principaux. Reste que pour les jeux de baston - Street Fighter en tête de liste - le gamepad est particulièrement agréable. Dans notre cœur, il ne remplace pas complètement un véritable stick arcade, mais il procure des sensations déjà bien supérieures à celles d'un pad classique, surtout grâce aux deux rangées de trois boutons. La croix directionnelle est d'excellente facture et la largeur de la manette est appréciable. Hélas, Razer manque un peu le coche côté options en ne permettant pas de reprogrammer les contrôles ou en « oubliant » de proposer un câble tressé détachable. Deux remarques d'autant plus gênantes que le tarif est élevé... sans doute Razer a-t-il senti que les acheteurs potentiels seraient moins nombreux que sur un gamepad classique.

Razer Raion

Les plus
+ Croix remarquable, cliquetis indicatifs
+ Ergonomie idéale sur les jeux de baston
+ Gros boutons sensibles et résistants
+ Verrouillage de certains contrôles
+ Prise en charge du casque (prise, sourdine, volume)
+ Impression de solidité générale
Les moins
- Prix pas si éloigné des sticks arcade
- Câble non détachable et non tressé
- Aucun moyen de paramétrer les contrôles
- Plastiques qui font un peu « toc »
- Limité aux seuls jeux de baston
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