Quand le calcul intensif s'invite à la maison

Frédéric Cuvelier
23 juillet 2008 à 17h35
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Panorama des différents projets

Il existe aujourd'hui de nombreux projets utilisant le calcul distribué, preuve de l'engouement des chercheurs (et de quelques industriels) pour cette nouvelle forme de calcul. Retraçons-en l'historique de façon chronologique.

Projets de chiffrement

Ce sont les premiers à apparaître à la fin des années 90. Ils concernaient des défis cryptographiques dont le but était (pour le premier d'entre eux) de prouver qu'un algorithme de chiffrement sur 56 bits que le gouvernement américain voulait imposer comme standard n'était pas fiable. Après DES (que nous venons d'évoquer) ont suivi DES II et RC5, tous lancés par les laboratoires RSA. D'autres projets ont également vu le jour, visant à découvrir le plus grand nombre premier (GIMPS), à factoriser les nombres de Fermat ou des nombres composites. Bref, des sujets bien trop complexes pour passionner le grand public.

SETI@Home, là où tout commence

C'est au début de l'année 1999 que le calcul distribué a pris une ampleur mondiale, avec le fameux SETI@Home (pour Search for Extraterrestrial Intelligence). Les concepteurs de ce projet n'avaient peut-être pas imaginé que le sujet qu'ils allaient populariser rendrait un fier service à la communauté scientifique, puisqu'en terme de calcul distribué on peut véritablement parler d'un avant et d'un après SETI@Home. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il est question, petit rappel. Ce
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projet consiste en la recherche de signaux d'origine extraterrestre. Les radios-télescopes enregistrent des signaux sur une certaine fréquence et le problème majeur est ensuite d'analyser ces signaux pour y détecter un motif qui ne serait pas aléatoire. C'est là que l'ordinateur des volontaires intervient, puisque l'analyse des signaux est une étape longue et qui demande beaucoup de puissance.

La force du projet SETI@Home, outre son but qui peut légitiment passionner un très large public, est d'avoir développé un client fonctionnant pendant l'écran de veille de Windows et affichant quelques jolis graphiques qui rappellent à l'internaute que son ordinateur participe activement à la recherche.

La science s'engouffre dans la brèche

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Le phénomène SETI@Home a permis l'éclosion d'une multitude de projets dont les objectifs étaient jusqu'alors inaccessibles avec les moyens informatiques classiques. Chimie, physique, météorologie, astrophysique : de très nombreux laboratoires publics ou privés ont commencé à développer des clients pour accéder à l'énorme puissance de calcul représentée par le réseau mondial qui sera dès lors appelé la grille (The Grid). On peut citer des projets comme ClimatePrediction, pour la météorologie, Malaria Control pour la médecine, Einstein@Home pour la physique, ou encore ABC@Home pour les mathématiques. De très nombreux autres projets (dont vous pourrez trouver une liste non exhaustive ici) sont également en préparation, en version alpha ou bêta. Enfin les plus connus des projets scientifiques sont probablement FightAIDS@Home, ComputeAgainstCancer et Folding@Home, dont nous reparlerons plus tard.

Des entreprises comme EDF ou EADS ont également déjà mis à profit la technologie du calcul distribué pour effectuer des simulations numériques pour l'A380 ou la fusée Ariane par exemple. Évidemment, aucun client « grand public » n'a été mis à disposition et pour cause : le secret industriel serait probablement mis à mal par une telle pratique.

Un client pour les rassembler tous ?

La multitude de projets déclinés autour du calcul distribué a cependant un défaut de taille, celui de disperser les ressources. Car s'il est certain que la puissance disponible est gigantesque, elle n'est pas inépuisable. Par ailleurs, il est difficile de faire cohabiter deux programmes dans l'écran de veille de Windows. Enfin, il devient difficile pour l'internaute de savoir à quelle cause vouer son ordinateur.

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Une solution serait sans doute la création d'un programme unique qui contiendrait l'ensemble des projets les plus importants. L'ordinateur client serait alors utilisé comme le lui demanderait le courtier en ressources. Les problèmes éventuels consisteraient en la taille du programme à installer, mais surtout dans l'attribution des ressources aux différents projets. C'est toutefois ce que tente de réaliser un projet comme la World Community Grid et la plate-forme BOINC (pour Berkeley Open Infrastructure for Network Computing), développée par les créateurs de SETI@Home. C'est par une seule et unique interface que le volontaire peut participer simultanément à plusieurs projets ou en télécharger de nouveaux. De plus, ce programme permet la diffusion de publicité pour les derniers projets qui ont rejoint l'interface BOINC. La liste des différents projets soutenus par ce programme est disponible à cette adresse.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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