Stronghold

Nerces
Spécialiste PC & Gaming
27 octobre 2001 à 19h26
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"Castle Sim", voilà comment les gars de FireFly Studios nous ont présenté leur toute première production : Stronghold. A l'origine, il s'agissait d'un simple projet dont l'idée avait germée dans la tête de trois développeurs de Impression Games. Pour réaliser ce projet, ils décidèrent de quitter leur employeur, de fonder leur propre studio et de trouver un éditeur. C'était il y a environ deux ans, la nouvelle société est fière de présenter le fruit de leur travail, l'éditeur (Gathering Of Developers / Take Two) également... Tout serait-il pour le mieux, dans le meilleur des mondes ?

Afin de partir sur le bon pied, précisons d'entrée de jeu les choses et malgré les images que vous avez pu en voir, ne vous laissez pas abuser. La mention "Castle Sim" portée au dos de la boîte du jeu n'est pas là par hasard : il ne s'agit pas d'un jeu de stratégie temps réel comme on en a l'habitude. Stronghold signifie à peu de choses près forteresse et il sera donc question tout au long des nombreuses missions du jeu de prendre en main la destiné d'un Roi, de son château et de ses fidèles (?) sujets.


Un air de Castles

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Les vieux routards du jeu vidéo se souviendront certainement de la série des Castles d'Interplay (1991). Déjà en 1991, certains programmeurs avaient eu l'idée de concevoir un jeu de gestion/stratégie basé sur la construction de châteaux. Les deux jeux qui avaient découlés de cette idée ne sont hélas pas restés dans les annales en grande partie à cause de leur approche trop rigoriste qui n'intéressait donc qu'une petite partie des joueurs.

Stronghold (à ne pas confondre avec le jeu du même nom paru en 1993) reprend une partie de ce principe de jeu pour l'adapter et le rendre plus attrayant. Si le joueur doit toujours se concentrer sur l'organisation de l'espace autour et dans son château, il a aussi un contrôle plus direct sur ses unités militaires, rapprochant, par cet aspect, Stronghold et des RTS plus classiques comme Age Of Empires II : The Age Of Kings.


De nombreux modes de jeu

Le jeu installé et chargé, vous pourrez découvrir les nombreux modes disponibles. On peut choisir la campagne militaire qui propose une série de missions de difficulté croissante mélangeant la gestion et la stratégie. A côté de cela on peut également choisir parmi 9 missions indépendantes mettant en scène des combats historiques où seule la tactique militaire importe (rien à bâtir) et parmi 9 missions d'invasion qui reprennent le principe de mixité (combats/gestion) de la campagne.

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Différents styles de missions vous attendent

Il est aussi possible de laisser complètement de côté l'aspect militaire pour se concentrer sur les constructions avec le mode gestionnaire. Celui-ci propose divers défis rassemblés en une campagne de difficulté progressive, ainsi que quelques cartes indépendantes. Le but est ici de réussir les objectifs proposés dans le temps imparti. Il n'y a plus aucun aspect militaire et vous pourrez vous concentrer sur la gestion pure et dure.

Enfin il existe aussi un mode totalement libre. Plus aucune contrainte, plus aucun objectif dans ce mode, simplement l'envie d'ériger le château idéal ! Stronghold dispose donc de modes variés susceptibles d'intéresser des joueurs d'horizons différents. Ces diversités lui confère également une durée de vie remarquable qui devrait encore s'accroître grâce au puissant éditeur fourni.


Et on y fait quoi ?

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C'est vrai quoi, je vous ai décrit brièvement le jeu mais sans vraiment préciser ce que le joueur est censé y faire... Réjouissez-vous, nous y voilà ! Cependant pour rester simples, nous n'allons pas entrer dans des détails inutiles et nous ne nous baserons que sur le mode de jeu principal : celui de la campagne militaire. En effet les missions exclusivement axées sur le combat ou la gestion ne proposent qu'une simplification du concept de base sans rien y apporter.

Au départ d'une mission vous aurez généralement à bâtir votre donjon qui est comparable au "Town Center" des Warcraft. Il constitue donc votre quartier-général et l'habitation de votre Roi, personnage qu'il faudra maintenir en vie coûte que coûte. Ensuite il sera nécessaire de subvenir aux besoins vitaux de vos sujets et de vous arranger pour en attirer de nouveaux, afin de pouvoir entreprendre des actions d'envergure.

Pour attirer les visiteurs, une notion primordiale est à prendre en considération : la popularité. Très instable, elle dépend de nombreux facteurs comme le niveau des impôts, les rations alimentaires, les maladies... Vous aurez la possibilité d'organiser des événement particuliers afin d'accroître votre cote, mais comprenez bien que si vous êtes décrié les paysans ne tarderont pas à quitter vos terres.

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La clef est une bonne organisation spatiale

Les premières ressources à exploiter sont la nourriture, pour nourrir vos sujets, et le bois, pour construire de nouveaux bâtiments. Cependant il faudra très rapidement développer une économie plus complexe sous peine de ne pas faire long feu. Vous aurez à trouver, à développer les industries plus complexes pour produire de la bière (le remède contre le vague à l'âme !) et des armes.

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La phase ultime du développement de votre petite société est en effet la création d'armées pour aller en découdre avec vos plus proches voisins ! Pour parvenir à recruter des soldats dignes de ce nom, vous aurez besoin d'armes qu'il faudra bien sûr produire, mais aussi d'argent que vos agents iront prélever chez vos sujets, pas vraiment heureux de participer ainsi à la grandeur de vos troupes. Il est assez évident qu'à partir du moment où vous serez dans la nécessité de lever des impôts, votre popularité aura tendance à faire le grand plongeon... A vous de trouver l'équilibre pour avoir de quoi attaquer vos adversaires !

Une fois l'armée levée vous aurez effectivement quelques combats à gérer. On rentre alors dans une phase beaucoup plus proche des jeux de stratégie temps réel plus conventionnels. Il faut toutefois signaler que les unités étant beaucoup plus délicate à produire, les combats sont plus posés, plus stratégiques et donc moins "bourrins". Les contrôles sont proches d'un titre comme Age Of Kings, mais ici la victoire est davantage une question de compréhension et de maîtrise du terrain, plus qu'une question de rapidité et de réflexe... Ce n'est pas forcément un mal !

Un prise en main aisée

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Etant donné le nombre de possibilités offertes lors des missions, il était nécessaire de disposer d'une interface claire et efficace. Nombre de jeux de ce type sont plombés par des lourdeurs dans les contrôles, des menus et sous-menus trop nombreux ou une visibilité perfectible. Stronghold évite ces écueils de fort belle manière.

L'un des éléments les plus gênants lors de la construction du château est le relief omniprésent sur la carte. Pour contourner cet obstacle les programmeurs de Firefly ont inclu une commande qui permet d'une simple pression sur "espace" d'enlever l'ensemble des structures. Extrêmement pratique, cette solution très élégante facilite vraiment la mise en place des murailles ou des autres bâtiments.

L'interface en elle-même est plus classique. Malgré son manque d'originalité, elle permet d'accéder aux diverses constructions facilement et le seul réel reproche qu'on pourra lui faire est la relative difficulté pour choisir l'orientation de ses constructions : il faut cliquer sur le bâtiment et passer par un sous-menu dans lequel on voit les quatre positions possibles. Il aurait été préférable qu'un clic avec le bouton droit de la souris tourne l'édifice.

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Certaines phases n'ont pas grand chose de très stratégique

On notera tout de même l'agréable petit plus stratégique offert : la possibilité de faire disparaître complètement cette interface pour mettre au point sa tactique d'une simple pression sur "tabulation". Cette fonctionnalité est particulièrement utile lors des phases de sièges où vous aurez besoin de toute la surface écran possible !


Une réalisation de bonne facture

Etant donné l'ambition de Stronghold, les petits gars de chez Firefly se devait de fournir une réalisation de qualité, ou, à défaut, au moins extrêmement lisible, sous peine de se retrouver avec des parties brouillonnes, approximatives... Après simplement quelques minutes de jeu, le constat s'impose de lui-même : contrat amplement rempli !

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Sans être le plus beau jeu du moment, la qualité graphique vaut largement celle d'un titre comme Age Of Kings, ou même Tropico. Si les résolutions commencent au 800x600,il est plus que préférable d'opter immédiatement pour le 1024x768, tant il est plus pratique à jouer. Ce choix effectué, vous pourrez admirer la qualité et les précision des graphismes. En plus de bénéficier d'un style général très agréable, le jeu propose une multitude de petites animations qui ne sont pas sans rappeler Settlers ou le plus récent The Nations : les animaux sauvages se promènent tranquillement, le boulanger prépare son pain et les soldats font leurs rondes... Il y en a pour tout le monde !

Si l'ensemble est très joli on regrettera tout de même un côté un peu fouillis qui pourra rendre certaines actions délicates, en particulier si vous aimez les château "denses" ! En revanche il n'y a aucun reproche à faire à la bande son, parfait en tout point ! Les bruitages sont évocateurs et les petites musiques très discrètes... Du grand art ! Seules les voix (en français) pourront être critiquées : comme d'habitude elles sont bien mauvaises d'autant que les "acteurs" ont ici tenté de prendre un pseudo-accent totalement ridicule !

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Une localisation vraiment bonne

Si les voix sont à critiquer il ne faut pas en faire autant de l'effort général de localisation qui a été effectué. L'ensemble du jeu est traduit et bien traduit. Le manuel, bien qu'un peu petit (boîte DVD oblige) contient de quoi bien démarrer et même les campagnes du jeu ont été modifiées selon le pays de vente. Nous autre Français, oeuvrerons pour l'unification de l'Hexagone, alors que nos voisins d'outre-manche bataillerons pour la Grande-Bretagne et que les Espagnols se chargeront de l'Ibérie... Cela ne change en rien les missions mais c'est un petit effort qui montre le soin apporté !

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Comble de bonheur, la configuration requise n'est pas trop effrayante et devrait permettre à tout le monde de goûter aux joies de Stronghold. La sobriété du jeu permet ainsi de se contenter d'un "simple" processeur à 500MHz accompagné de 64Mo de mémoire et d'une carte graphique relativement basique (prévoyez 8Mo et une compatibilité DirectX 7). Seul l'espace disque pourrait vraiment handicaper les machines les plus légères puisqu'il faut tout de même compter avec un dossier de 750Mo une fois le jeu installé.


Conclusion

Abordant une époque souvent exploitée dans les jeux vidéos de manière très originale, Stronghold éveille rapidement la curiosité du joueur. Par les nombreux modes de jeu offerts, une interface réussie et un gameplay bien étudié, il captive son auditeur assez rapidement pour de longues, longues heures de jeu !

Pour un premier titre, on peut dire que les membres de Firefly frappent fort, très fort. Même si leur titre ne plaira évidemment pas à tout le monde de part la relative complexité du propos, il mérite qu'on s'y attèle pour en découvrir les nombreuses facettes. L'originalité est rare en ce moment dans le jeu vidéo, alors arrangez-vous pour ne pas manquer ce titre, mais ne vous limitez pas à la seule démo, trop réduite, il mérite un plus large coup d'oeil !

Graphismes : 14/20
Bande son : 16/20
Intérêt : 17/20
Durée de vie : De quoi tenir tout l'hiver !

Nerces

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Tombé dans le jeu vidéo à une époque où il fallait une belle imagination pour voir ici un match de foot, là un combat de tanks dans ces quelques barres représentées à l'écran, j'ai suivi toutes les évolutions depuis quarante ans. Fidèle du PC, mais adepte de tous les genres, je n'ai du mal qu'avec les JRPG. Sinon, de la stratégie tour par tour la plus aride au FPS le plus spectaculaire en passant par les simulations sportives ou les jeux musicaux, je me fais à tout... avec une préférence pour la gestion et les jeux combinant plusieurs styles. Mon panthéon du jeu vidéo se composerait de trois séries : Elite, Civilization et Max Payne.

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