Dans ses conclusions préliminaires, la Commission européenne estime que les services cloud respectifs d'Amazon et Microsoft, AWS et Azure, devraient être désignés comme « contrôleurs d'accès » au titre du Digital Markets Act. Une décision définitive est attendue d'ici la fin de l'année, après une phase de consultation de 60 jours.

Au terme de sept mois d'investigation, l'institution a notifié les deux groupes de sa position préliminaire : AWS et Azure sont bien des passerelles essentielles entre les entreprises et leurs clients dans l'Union européenne. Selon Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la transition compétitive, la dépendance européenne au cloud ne cessera de croître, et un marché pleinement concurrentiel est indispensable pour garantir des services sécurisés, durables et interopérables.
Le DMA obligerait AWS et Azure à ouvrir leurs infrastructures aux fournisseurs concurrents
Un « gatekeeper », ou « contrôleur d'accès », au sens du Digital Markets Act, désigne une entreprise dont la plateforme est devenue un passage obligé entre les entreprises et leurs clients, au point de pouvoir dicter ses conditions au reste du marché. Une désignation formelle au titre du DMA entraîne une série d'obligations précises. AWS et Azure devraient garantir l'interopérabilité et la portabilité des données gratuitement, afin que leurs clients puissent changer de fournisseur sans obstacle technique. Des règles interdiraient par ailleurs l'auto-préférence de leurs propres outils d'intelligence artificielle et de bases de données, tandis que les pratiques de licence pénalisant les clouds concurrents seraient prohibées.
Si AWS ou Azure devaient extraire leurs données, il leur en coûterait jusqu'à 0,08 euro par gigaoctet, les « egress fees ». En cas de désignation, AWS et Azure devraient en plus rendre la portabilité des données techniquement et contractuellement possible sans surcoût. IEt il en va de même pour une entreprise qui a construit son architecture autour d'AWS IAM ou d'Azure Databricks. Elle devrait par ailleurs réécrire une partie de son code applicatif pour migrer, indépendamment de tout frais de transfert.

Amazon et Microsoft contestent la démarche, une décision finale attendue fin 2026
La désignation formelle d'AWS et Azure étendrait le périmètre du DMA au-delà de ses cibles initiales. Jusqu'ici, le règlement s'appliquait aux moteurs de recherche, stores, réseaux sociaux et messageries. Microsoft est déjà désignée contrôleur d'accès pour Windows et LinkedIn, mais l'ajout d'Azure en ferait l'entreprise la plus largement régulée sous le DMA. AWS rejoindrait quant à elle Amazon, déjà désigné pour sa place de marché et ses services publicitaires.
Une fois désignés, les deux groupes disposeraient de six mois pour se conformer aux obligations, soit des changements concrets au plus tôt au printemps 2027. La Commission explore également si Google Cloud et Alibaba Cloud pourraient répondre aux seuils du DMA dans certains segments, bien que leurs parts de marché rendent une désignation immédiate moins probable.
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