Les négociations entre Taïwan et les États-Unis sur la question des semi-conducteurs achoppe sur certaines limites. Ce que les officiels taïwanais ne sont pas privés de rappeler.

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L'accord trouvé récemment entre les États-Unis et Taïwan a permis de fortement réduire les droits de douane que Washington appliquera à l'île, en échange d'investissements pharaoniques dans le secteur des semi-conducteurs sur le territoire américain. Mais si Taïwan va tout faire pour booster l'écosystème américain, il ne pourra pas faire une relocalisation massive, comme certains l'espèrent dans l'administration Trump !

L'objectif de relocaliser 40% de la capacité de production locale taïwanaise aux USA ? Impossible !

Si les États-Unis sont très heureux d'avoir extirpé des promesses massives d'investissement dans les semi-conducteurs de la part de Taïwan, ils espèrent à terme beaucoup plus. Comme tout simplement le déménagement d'une partie de l'appareil productif taïwanais aux USA, où il serait à l'abri de l'armée chinoise.

Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick avait ainsi le mois dernier, dans une interview avec la CNBC, expliqué qu'il avait pour objectif de faire déménager près de 40% de l'appareil productif de Taïwan dans le secteur aux USA. « Impossible » vient de rétorquer la vice-premier ministre Cheng Li-Chun, dans une entretien télévisé avec une chaîne taïwanaise.

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Taïwan a conçu un appareil productif unique durant plusieurs décennies

« J'ai clairement fait savoir aux États-Unis que cela était impossible » a-t-elle ainsi tenu à indiquer. Elle a rappelé que la capacité de production unique de Taïwan dans les semi-conducteurs est le fruit de plusieurs décennies d'efforts et d'expertise accumulés, depuis que Morris Chang a proposé l'idée révolutionnaire au milieu des années 80 d'autonomiser l'activité de fonderie de puces.

Pour l'officielle taïwanaise, les investissements qui seront consentis aux États-Unis ne seront qu'un des aspects de la croissance à venir de cette activité clé pour l'île, avec des grands investissements aussi réservés à Taïwan. « Notre expansion internationale, y compris l'augmentation de nos investissements aux États-Unis, repose sur le principe que nous restons fermement ancrés à Taïwan et continuons à développer nos investissements dans notre pays » a-t-elle résumé.

Cheng Li-Chun s'est sentie obligé d'apporter publiquement cette précision après une nouvelle déclaration plus récente de Howard Lutnick. « On ne peut pas concentrer toute la production de semi-conducteurs à 130 km de la Chine. C'est tout simplement illogique... Nous devons donc la rapatrier » avait-il déclaré. Du rififi entre alliés ?

Source : Reuters