Dix mois après l'annonce, le navigateur basé sur WebKit de Kagi débarque sur Linux. Une première mouture alpha est d'ores et déjà disponible au téléchargement.

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Comme nous le présentions dans notre interview avec Vladimir Prelovac, fondateur de Kagi, Orion se positionne comme une alternative à Safari en repoussant ses limites. Jusque-là disponible uniquement sur macOS et iOS, le navigateur entame désormais son déploiement sur Linux avec une première version alpha annoncée sur X.

Un navigateur WebKit qui évite Chromium

Contrairement à la majorité des navigateurs actuels qui reposent sur Chromium, Orion s'appuie sur le moteur WebKit, celui qui équipe Safari. Et ce choix n'est pas anodin : il permet d'échapper à l'emprise de Google tout en bénéficiant d'un moteur optimisé pour les performances et la sobriété énergétique. L'équipe de Kagi va même plus loin en garantissant une absence totale de télémétrie et d'intégration des services Google.

Cette première édition pour les distributions GNU/Linux propose déjà les fonctionnalités essentielles : gestion des fenêtres, contrôles de navigation, onglets, favoris, menus et sauvegarde des sessions. On y retrouve également la gestion avancée des onglets, avec la possibilité de les ouvrir en parallèle et de les organiser dans une barre latérale à gauche. Le système de favoris permet d'enregistrer des pages, de les classer dans des dossiers et de les afficher via plusieurs interfaces (barre de favoris, dialogue dédié ou barre latérale).

L'agencement des onglets sur Orion
L'agencement des onglets sur Orion

L'historique de navigation et l'infrastructure pour la gestion des mots de passe sont aussi présents, tout comme les fonctions d'import et d'export locales. En revanche, cette version alpha reste limitée : pas de prise en charge des extensions pour le moment, ni de synchronisation des profils et des données entre appareils. Il est toutefois important de souligner que sur macOS, Orion prend en charge les extensions WebKit, Chrome et Firefox, une fonctionnalité bienvenue qui devrait donc faire également son arrivée sur Linux par la suite.

Pour l'heure, Orion sur Linux n'est pas encore ouvert à tous. Les premiers à recevoir le lien de téléchargement et les instructions de test sont les abonnés Orion+, le service premium à 5 euros par mois qui permet de soutenir le développement du projet. L'équipe prévoit ensuite d'élargir l'accès aux abonnés de la newsletter et aux membres du forum OrionFeedback.

Kagi estime que cette ouverture progressive devrait permettre de déployer une première version bêta d'ici environ un mois. Et l'éditeur ne s'arrêtera pas là : Windows et Android figurent toujours sur la feuille de route.

Alors que les navigateurs IA fleurissent de partout avec leur abonnement payant, Kagi souhaite pour sa part monétiser un navigateur respectueux de la vie privée. Une bonne idée ? En tout cas, Brave s'oriente vers un modèle similaire.

Source : Linuxiac