NEO•Classics | Castlevania : The Adventure, ça fouettait fort sur Game Boy !

Stéphane Ficca
Spécialiste hardware & gaming
24 mai 2020 à 10h10
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Vous le savez, sur Clubic, dimanche matin rime avec NEO•Classics (si, si, ça rime). Pour ce nouvel épisode, on fait un bond de 30 ans en arrière, pour retrouver un vaillant héritier de la lignée des Belmont, chasseurs de vampires de père en fils… Toutefois, ce n'est peut-être pas forcément LE Belmont auquel vous pensez…

Aux antipodes de la bataille des téraflops, de la 4K et des 60 fps, NEO•Classics vous propose un retour vers les origines du jeu vidéo. Du titre 2D en gros pixels au moins lointain jeu à la 3D hésitante, cette chronique vous invite à (re)découvrir les pépites vidéoludiques qui ont ouvert le monde au 10ème art...

Dans les années 1990, Konami avait clairement la mainmise sur le marché du jeu vidéo, et toute production signée du développeur nippon était synonyme de qualité (du moins dans la tête du moi de l’époque). Parmi les différentes licences signées Konami, outre Tortues Ninja, Blades of Steel, Probotector, Motocross Maniacs ou encore Parodius, difficile de passer à côté d’une autre saga à l’époque : Castlevania.

Castlevania : la grande aventure sur Game Boy !

Inspirée évidemment du roman Dracula, la saga Castlevania a démarré en 1986 sur NES. Après deux opus 8 bits très différents, et en attendant un troisième épisode Dracula’s Curse extraordinaire, la licence Castlevania s’est exportée, en 1989 au Japon (et un peu plus tard chez nous), sur le petit Game Boy de Nintendo.

L'épisode se déroule cent ans après la défaite de Dracula face à Trevor Belmont, et place le joueur dans la peau de Christopher, descendant de la lignée Belmont, donc.

À l’époque, le (jeune) joueur « lambda » avait généralement droit à une petite poignée de jeux chaque année, au gré, souvent, de ses résultats scolaires.

Or à l'époque, il y avait peu de magazines spécialisés, pas de web, pas vraiment d’influenceur pour nous influencer… Si bien que pour choisir judicieusement son prochain jeu, et tenter d'éviter une cruelle déception de retour à la maison, il fallait se fier essentiellement à ce bon vieux bouche à oreille, à un éditeur (Capcom, Konami), à une licence, ou (et c’était sacrément risqué) à une jaquette.

À gauche, la version PAL/US, à droite la version japonaise

Autant dire que dans le rayon Game Boy du supermarché du coin, ce Castlevania: The Adventure cochait toutes les cases, avec le gage de qualité Konami, mais aussi une jaquette ultra-stylée, et cette promesse d’affronter Dracula !

Au même titre que Super Mario, Double Dragon ou Tortues Ninja, Castlevania était régulièrement mis en avant pour promouvoir la Game Boy

Un jeu adulte !

Qui plus est, contrairement à bon nombre d’autres jeux, Castlevania jouissait à l’époque d’une image très « adulte ». Avec son côté horrifique, on est bien loin ici d’un Super Mario tout gentil ou d’un Kirby tout mignon, et cet opus Game Boy se classait clairement comme un indispensable de l’époque.

Entre nous, le simple fait, à l’aube des années 90, de pouvoir transporter un vrai Castlevania dans sa poche, était juste extraordinaire.

Concrètement, Castlevania: The Adventure est une adaptation assez fidèle de la licence alors indissociable de la NES. Certes, le jeu est excessivement lent et poussif, mais quel plaisir de pouvoir incarner sur sa Game Boy, à dix ans, un chasseur de vampires, armé qui plus est d’un fouet évolutif, le Vampire Killer (ou Mystical Whip).

Alors certes, le jeu n’est pas exempt de défauts : outre une lenteur abominable parfois, il manquait cruellement de souplesse et certains ennemis (les chauve-souris, les yeux roulants…) pouvaient littéralement rendre fou, sans compter le fait que le fouet perdait de sa puissance à chaque fois que le joueur était touché.

À cela s’ajoutent des phases de plateformes aussi inutiles qu’atroces, un niveau 3 cauchemardesque, et une difficulté générale principalement liée à la lenteur et à la rigidité du héros… Mais qu’importe, on avait dix ans, on abattait des ennemis à coups de fouet (qui tire des boules de feu) et il y avait Dracula sur la jaquette !!!

« Pour la petite anecdote, celles et ceux qui ont joué à Castlevania: Harmony of Dissonance, sur Game Boy Advance ont pu mettre la main sur un pouvoir baptisé « Christopher’s Soul », une référence directe au héros de cet épisode Game Boy. »

Pas de map ici, il s’agit simplement de traverser quelques niveaux dans un ordre prédéfini, parsemés de goules, de monstres et autres bougies à briser, pour accéder à un boss en fin de stage.

Contrairement aux versions NES, le jeu ne propose pas d’arme secondaire, mais la possibilité de lancer des boules de feu avec son fouet. Il n'y a pas d’escalier non plus dans ce Castlevania: The Adventure, mais des cordes, avec certains passages millimétrés (La Tour de la Mort…) qui font sans doute, aujourd’hui encore, suer du front (et pas seulement) ceux qui y repensent.

D’ailleurs, la notice du jeu elle-même donnait quelques conseils pour « éviter la torture », encourageant le joueur à poursuivre l’aventure « s’il n’était pas un lâche ».

Deux suites sur Game Boy… Dont un épisode lancé en 1997 !

Face au succès, commercial et critique, de ce premier Castlevania: The Adventure sur Game Boy, Konami décide en 1991 de lancer une suite : Belmont’s Revenge. Un opus qui offre un peu plus de liberté que le précédent, puisqu’il permet d’explorer les différents châteaux dans n’importe quel ordre, sans oublier le retour des armes secondaires.

Les trois Castlevania sur Game Boy, en version japonaise

Belmont’s Revenge est finalement nettement plus abouti que le premier opus, avec, toujours, une bande-son absolument phénoménale.

« Dans la section "Password", rentrez le code "Cœur/Cœur/Cœur/Cœur" et vous aurez alors accès au mode Sound Select, qui permet d’écouter toutes les musiques de ce Belmont’s Revenge, avec même quelques bonus en prime »

Et à ce tandem de Castlevania sur Game Boy, viendra se greffer, sept ans plus tard, un troisième épisode… En effet, à la surprise générale, en 1997, un certain Castlevania Legends débarque, encore sur Game Boy !

Toutefois l'épisode est lancé très (trop ?) tardivement, si bien que certains joueurs n’en ont jamais eu connaissance…

Lancé en 1997, Castlevania Legends est compatible Super Game Boy

Castlevania Legends se voulait être un prologue à la série, et mettait alors en vedette une certaine Sonia Belmont. Il s'agit d'un épisode un peu à part dans la série, qui introduit notamment des « Soul Weapons » et un peu de liberté (pour un opus Game Boy tout du moins), et qui n’a été écoulé qu’à très (très) peu d’exemplaires en Europe.

Il faut dire que durant cette même année 1997, un certain Castlevania: Symphony of the Night arrivait sur PlayStation…

Un remake sur Nintendo Wii ?

En 2020, pour (re)jouer à Castlevania: The Adventure, on peut évidemment s’offrir la cartouche originale (dont le prix reste correct), mais on peut aussi opter pour la Castlevania Anniversary Collection, qui compile divers épisodes de la saga.

L’occasion de retrouver la trilogie NES, mais aussi Super Castlevania IV, l’épisode Mega Drive ou encore Kid Dracula. À noter d’ailleurs que Castlevania Legends est totalement absent de cette compilation…

Mais, en 2009, Nintendo a également hébergé un remake de ce Castlevania: The Adventure. En effet, via l’eShop, il était possible de télécharger un certain Castlevania: The Adventure ReBirth.

Plus qu’un remake, il s’agissait d’une refonte complète du jeu d’origine, avec certes, le même héros, mais de très nombreuses nouveautés, avec notamment des parcours alternatifs, des armes secondaires, des musiques empruntées aux autres épisodes… si bien que le jeu n’a plus grand-chose à voir avec l’épisode Game Boy. Dommage toutefois que Konami n’ait jamais songé à relancer cet épisode ReBirth, que seuls quelques joueurs ont eu le plaisir de parcourir. Et pourquoi pas un jour sur Nintendo Switch ?

Ainsi, à l’instar d’un Teenage Mutant Hero Turtles sur NES, ce Castlevania: The Adventure est loin d’être une réussite totale, mais malgré son côté très « rustique », lent et terriblement rigide, j’avoue prendre toujours autant de plaisir, même aujourd’hui, à relancer ce premier opus de la trilogie Game Boy, ne serait-ce que pour prendre le passage secret du premier niveau et occire le premier boss.

Modifié le 29/05/2020 à 15h58
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