Kaspersky présente Polys, la première machine à voter intégrant des technos de blockchain

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, chargé de l'actu.
Publié le 04 mars 2020 à 14h50
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La machine à voter Polys (© Kaspersky)

Le pôle Innovation du spécialiste de la cybersécurité est parvenu à développer une plateforme, sécurisée, de vote en ligne pour les bureaux électoraux ou entreprises.

Avec le développement des technologies du numérique, on assiste à la naissance de pratiques en ligne qui peuvent accompagner ou remplacer certaines pratiques physiques, comme la déclaration d'imposition via le site des Finances publiques. Le vote pourrait aussi en faire partie. En ce début de mois de mars, Kaspersky a dévoilé un prototype de machine à voter qui intègre des technologies de blockchain et qui fonctionne via le système de vote en ligne Polys, qui renforce la sécurité et la confidentialité du scrutin.


Le choix entre la machine en bureau ou la maison, grâce à la blockchain

Alors que certaines voix s'élèvent pour demander le report des élections municipales, le vote en ligne aurait-il pu être une solution pour se prémunir contre le coronavirus ? En France, il n'est possible de prendre part aux élections politiques que de deux façons : soit en se rendant à son bureau de vote, soit en donnant une procuration à un autre électeur de sa commune.

Pour aller un peu plus loin, le vote en ligne offre quoi qu'il en soit des avantages, aux participants comme aux organisateurs : le vote à distance, le décompte automatique des résultats, une logistique simplifiée... Mais comme pour les démarches administratives traditionnelles, basculer d'un vote physique à un vote en ligne peut rebuter celles et ceux qui ne se sentent pas à l'aise un smartphone en main ou avec un ordinateur. D'autres interrogations, comme le secret du vote ou sa véritable prise en compte, sont également légitimes.

La machine à voter Polys, de Kaspersky, pourrait s'avérer être une solution pour envisager le vote en ligne de demain. Celle-ci est conçue pour reposer sur une technologie de registre distribué, qui fait que toutes les informations liées aux votes sont conservées « de manière décentralisée sur plusieurs nœuds de blockchain », nous indique la société.


Des tiers de confiance qui bloquent toute manipulation des votes

L'organisateur du vote - entreprise, institution ou autres - peut sélectionner plusieurs ordinateurs qui vont stocker les données, sous la supervision d'observateurs indépendants ou de tiers de confiance. La blockchain permet, en passant par ces tiers de confiance, de limiter les risques de manipulation des votes.

Dans la pratique, pour utiliser l'une des machines, l'électeur ou le votant doit s'authentifier avec une pièce d'identité. Ce dernier reçoit, dans la foulée, un QR code qu'il est le seul à détenir. Après l'avoir scanné, il peut procéder au vote via l'écran de Polys. Le QR code permet ensuite au votant de vérifier que son vote a bien été pris en compte et enregistré dans la blockchain, en passant par l'application web dédiée. Mais « afin qu'il ne soit pas possible de remonter jusqu'à lui, son nom et son choix ne seront pas stockés dans la blockchain », prévient Kaspersky.

Il est également envisageable de pouvoir voter dans un bureau de vote autre que celui de sa circonscription, grâce à un code d'accès qui n'affichera sur l'écran de la machine que la liste des candidats d'où dépend l'électeur. Pour le comptage, une imprimante Polys pourrait être connectée à un système de registre distribué, qui délivrerait une preuve papier immédiate. L'imprimante serait alors reliée au siège de la commission électorale locale, qui pourrait ensuite en éditer les résultats sur papier.

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L'imprimante Polys (© Kaspersky)


Tous les suffrages comptés et chiffrés

Kaspersky nous explique enfin que les machines à voter pourraient être reliées entre elles grâce à un unique système de blockchain, qui fonctionnerait avec la plateforme de vote en ligne Polys. Ce qui éliminerait la possibilité de voter plusieurs fois. En théorie, ce système présente une sécurité identique, que l'on vote en bureau via une machine, ou chez soi depuis son smartphone, sa tablette ou son ordinateur, puisque les suffrages sont tous chiffrés et comptés.

« Si les bureaux de vote physiques devaient tous fermer, cela empêcherait certaines catégories de la population de prendre part à une élection et de faire entendre leur voix. C'est la raison pour laquelle le projet Polys inclut désormais un système fiable de machines à voter. En fonctionnant de concert avec la plateforme en ligne Polys, ces machines permettent aux citoyens de voter selon le mode de leur choix, facilement et en toute transparence », précise Roman Aleshkin, responsable produit chez Polys.

Une première expérience concluante fut menée en conditions réelles. À Volgograd, en Russie, 82 000 citoyens ont pris part à une élection en faisant appel à la blockchain.

Kaspersky_Projet Polys_Infographie.jpg
© Kaspersky

Source : Kaspersky
Alexandre Boero
Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, chargé de l'actu

Journaliste, chargé de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

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Commentaires (10)
Dahita

Tres bien joue de la part de Kaspersky. Quant a savoir si les politiciens vont accepter une machine a voter inviolable…

Je me demande pourquoi, en France, on dit « La » blockchain comme s’il n’y en avait qu’une, comme une grande chaine pour les regrouper toutes, au lieu de « une » blockchain.

AlexLex14

Disons qu’on dira « la blockchain » quand on parlera plus de la technologie blockchain en général :wink:

Popoulo

Rien n’est inviolable. Encore moins dans le cas présent.

PPano

Confier une machine à voter Russe pour le vote Français !!! Je pense que D.Trump va en commander aussi, pour sur… :smiley:

manu0086

Kaspersky et violabilité… la question, c’est plutôt de savoir si des pays vont faire confiance en une machine à voter russe… déjà qu’ils ont du mal à faire confiance à leurs propres machines nationales… alors étrangères…

GRITI

Sans parle de l’inviolabilité, qu’en est-il de l’anonymat des votes? Il me semble que le principe de blockchain reposer sur le fait que toutes les transactions sont indiquées dans le registre et que donc on peut tout savoir des transactions.
C’est peut-être chiffré mais il n’empêche qu’il existe donc un moyen pour savoir qui a voté pour qui. Ce qui n’est pas du tout le cas pour les bulletins papiers (les plus paranos peuvent mettre des gants :wink:)

Nmut

Oui.
Sinon, c’est quoi « chuffrés »? :smiley:

AlexLex14

:sweat_smile: c’est juste à côté de « chiffrés » dans mon dictionnaire ^^

C’est corrigé, merchi @Nmut :wink:

Nmut

Tu voulais dire Merchu, je suppose! :stuck_out_tongue:

GRITI

@AlexLex14
Tu t’es encore planté. A priori, ton clavier a un souci avec I et U. Tu voulais sans doute remercié Nmit et non Nmut…

Trop tard…déjà dehors :joy::joy: