East India Company : commerce au long... très long cours

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Le 08 août 2009
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Premier titre de la jeune équipe finlandaise de Nitro Games, East India Company a bien failli ne jamais voir le jour : Lighthouse Interactive, son précédent éditeur, a effectivement disparu corps et biens en mars dernier, faute de liquidités suffisantes. Heureusement, tous est bien qui fini pour les petits gars de chez Nitro Games. Spécialiste de la gestion / stratégie, Paradox en assure le financement et le distribution... Mais est-ce vraiment une si bonne nouvelle que ça pour nous les joueurs ?

Comme un petit air de « guerre totale »


East India Company nous invite à un voyage dans le temps aux XVIIe / XVIIIe siècles alors que les grandes monarchies d'Europe cherchent toutes à étendre leur influence commerciale sur le monde. La découverte de la route des Indes, et du même coup de ses richesses, a conduit à la création de grandes sociétés marchandes dont le but était justement de ramener un maximum de ces « trésors d'Orient » en Europe. Le jeu de Nitro Games se propose de nous donner le contrôle d'une de ces grandes sociétés commerciales, d'une de ces Compagnies des Indes Orientales. De manière classique, ce contrôle nous est d'abord donné via quelques didacticiels dont le but est de nous familiariser avec les mécanismes du jeu. Ensuite, le joueur se tourne vers les scénarios « tout faits » qui sont autant de moyens de s'exercer sur des parties courtes avant d'attaquer le « morceau de choix » constitué par la Grande Campagne. Entre ces multiples possibilités, la différence n'est finalement pas énorme et tient en fait principalement aux limites chronologies, aux conditions de départ et aux objectifs.

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Quelques scénarios et une option batailles ne suffisent pas à garantir l'intérêt sur le long terme.

Ces quelques options permettent donc de définir la période historique (entre 1600 et 1750), notre nationalité, le niveau de difficulté ainsi que le style des combats en mer (arcade, intermédiaire et réaliste). Ces choix effectués, on se retrouve sur la carte de nos futurs exploits. Au premier coup d'œil, on ne peut s'empêcher de lui trouver un petit air d'Empire : Total War à ce jeu et ce n'est évidemment pas pour nous déplaire. Hélas, cette impression se dissipe assez vite, le jeu de Nitro Games étant assez loin en termes de profondeur. Mais avant de critiquer, précisons un peu les choses. En début de partie, le joueur ne contrôle qu'une seule cité, il s'agit du port d'attache de sa nation d'origine, par exemple Marseille pour la France. À partir de là et en utilisant au mieux le pécule de départ confié par le Monarque, il faut acheter un premier navire et partir à la découverte des Indes. En fait de découverte, on connaît déjà l'emplacement de tous les comptoirs sur la carte et il s'agit surtout de relier le plus rapidement possible les plus intéressants.

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Chargé de marchandises en fer ou en acier et d'argenterie très « occidentale », notre premier navire tentera donc de faire des profits en atteignant un premier port sur les côtes africaines avant de repartir, les soutes pleines d'or ou des produits exotiques cette fois. Nous allons paraître un peu durs, mais en réalité c'est à peu près tout ce que l'on fait sur cette carte du monde ! On tente de rejoindre un port qui dispose des marchandises que l'on souhaite, on en achète un maximum et on revient vers notre port d'attache pour revendre le tout. On répète cette rengaine autant de fois qu'il sera nécessaire pour acheter de nouveaux bateaux, débloquer des plans plus évolués (pour obtenir le brick, le galion puis la frégate ou le navire de ligne) et, en fin de compte, monter une petite expédition cette fois pour conquérir les comptoirs présents sur la carte. Là, il n'y a pas à tortiller et il faut envoyer une force assez nettement supérieure aux assiégés pour emporter une victoire. Victoire qui nous permettra d'utiliser ledit comptoir obtenir des ristournes sur le prix des marchandises.

Bis repetita placent ?


À conditions qu'ils aient été améliorés (en ajoutant chantier naval, entrepôt...), les comptoirs en notre possession permettent également de réparer sans avoir à revenir au port d'attache et ils sont l'occasion de faire main basse sur la région contrariant ainsi les velléités expansionnistes des autres Compagnies des Indes Orientales... C'est que nous ne sommes évidemment pas seuls à vouloir faire fortune : au total, il faut même compter avec sept concurrents qui seront prêts à en découdre au travers de batailles en haute mer. Alors que les prises de port se font sans aucune intervention de notre part (en dehors d'une pression sur le bouton « résolution du combat »), les batailles navales se jouent en temps réel sur une mer qui tient compte de la position du soleil et de la météo. Sur le papier, cette phase avait de quoi relancer l'intérêt d'un jeu jusque là beaucoup trop mollasson. Hélas, si l'aspect graphique des choses est sympa, c'est à peu près tout ce qu'il y a à retenir de ces combats qui ne soutiennent pas deux secondes la comparaison avec Empire : Total War.

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Seule la guerre met un peu de piment dans les parties, mais les batailles navales sont trop simplistes.

Certes Nitro Games et Creative Assembly n'ont pas les mêmes moyens, mais le fait que les batailles pas toujours passionnantes d'Empire Total War sont infiniment supérieures à celles d'East India Company. Premier reproche pour ce dernier : les combats n'impliquent pas plus de cinq navires par « flotte » ! Il n'est de plus pas question de la moindre localisation des dégâts et que l'on tire à gauche ou à droite, pourvu que le navire adverse atteint 0 en « points de coque », il coulera alors que, pour ne rien arranger, l'intelligence artificielle est très limitée. Elle s'avère par exemple absolument incapable de prendre une formation en ligne et on se prend souvent à batailler contre ses propres navires pour qu'ils s'orientent correctement. Le plaisir n'est donc pas du tout au rendez-vous de batailles pour lesquelles on adopte donc très vite la technique de la « résolution automatique » ! Du coup, la routine du commerce Europe - Indes peut reprendre jusqu'à ce que le joueur se lasse définitivement de ces pseudo missions / objectifs censés apporter un peu de piquant.

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Il s'agit en fait de livrer des marchandises en un temps limité ou de jouer les coursiers pour je ne sais quel potentat local. Cette routine a toutefois un avantage : elle permet d'initier les débutants sans les noyer comme pourrait le faire un Europa Universalis. C'est hélas, la seule véritable qualité d'un jeu qui n'est pas assez ambitieux et dont le cadre est trop étroit pour les habitués : une poignée de navires différents, un « monde » qui ne compte qu'une trentaine de ports et des mécanismes hautement répétitifs auront raison du plus opiniâtre des joueurs d'autant qu'après quelques dizaines d'heures de jeu, au lieu de devenir plus intéressante, la partie est gâchée par une micro-gestion de tous les instants. L'établissement des routes commerciales devient pénible d'autant que l'interface plutôt basique ne propose aucun outil pour décharger / assister le joueur. Un titre pour les stakhanovistes du négoce au long-cours.

Conclusion


Pas foncièrement mauvais, East India Company laisse surtout un très net goût d'inachevé, un peu comme si les développeurs de Nitro Games n'avaient pas su exploiter un potentiel pourtant évident. En restant finalement beaucoup trop sages, les Finlandais sont en quelque sorte passés à côté de leur sujet pour un résultat qui amusera très certainement les débutants, leur permettra de goûter aux joies de la gestion / stratégie, mais pas trop longtemps... East India Company fait un peu office de hors d'œuvre avant de passer à quelque chose de plus sérieux, de plus abouti comme Empire Total War, Civilization IV ou Europa Universalis III.

East India Company

Les plus
+ Système de variation des prix
+ Une prise en main plutôt rapide
Les moins
- Beaucoup trop répétitif !
- Des combats inintéressants
- Pas assez de variété
Réalisation
Prise en main
Durée de vie
2


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Modifié le 20/09/2018 à 14h16
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