R.U.S.E. : La preview enfin prise en main

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Le 01 août 2009
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Fort d'un gameplay incluant les notions du contrôle de l'information et des coups de bluff, Ruse est un jeu de stratégie qui aiguise les curiosités sur son contenu. Jusqu'à présent, nous n'avions pu y jouer. Désormais c'est chose faite grâce à cette nouvelle présentation du titre. En termes de jouabilité comme d'intérêt, le soft réserve quelques bonnes surprises.

Le temps c'est de l'argent, et l'argent c'est le nerf de la guerre

Ruse
Les jeux de stratégie ne vont pas tarder à accueillir un nouveau venu dans le secteur. Développé par Eugen System et édité par Ubisoft, Ruse souhaite renouveler le genre. S'il est ici question de gestion de ressources, d'établissement de bases, et de préparations d'offensives sur l'ennemi, il sera surtout question du contrôle de l'information.

Pour prendre les bonnes décisions, il faut disposer des bonnes informations. Convaincre son opposant de certaines forces et faiblesses qui n'existent pas en réalité, cela permet de lui tendre quelques pièges bien fourbes. Mais, réciproquement, il va aussi falloir lire entre les lignes de la stratégie affichée en face afin de ne pas tomber bêtement dans un traquenard bien ficelé !

Ce qui fait la force de Ruse, c'est la schématisation des informations selon l'échelle. L'affichage global de toutes les données, de façon simple et claire. Peu importe le niveau de zoom, que l'on soit devant la carte générale dans le QG ou en pleine ville au cœur du conflit, tout ce qui s'avère utile pour mieux appréhender sa situation est compréhensible directement. Très pratique pour prendre des décisions très rapidement. Car le nerf de la guerre n'est pas que l'argent. Il y a aussi le facteur temps. Le jeu d'Eugen Systems est en outre très rythmé. Il faut prendre la bonne initiative au bon moment sans perdre une seule seconde, car choisir les bonnes options est une chose, les choisir dans des délais très courts en est une autre. Quand on se retrouve sous le feu de deux attaques simultanées, cela se complique vite.


Campagne de Tunisie : Partie 1


« Dans un premier temps, il faut déjouer les pièges basiques. »


Le niveau de démonstration qui nous a été donné d'essayer est la bataille de Kasserine. Sur les côtes nord-africaines, les Alliés tentent de repousser l'offensive allemande depuis la Sicile afin de garder un avant-poste aux portes de l'Europe. Dans la pratique, cette mission se déroule en trois temps : il faut prendre une petite ville aux forces nazies présentes, la défendre, et établir un peu plus loin une base afin de détruire le centre de commandement ennemi. Le point négatif de ces premiers instants de jeu réside dans le fait que le script de cette mission est trait pour trait celui de la démo présentée à l'E3. Seules les missions du début, façon tutoriel, devraient toutefois être aussi scriptées afin d'acclimater le joueur.

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Dans un premier temps, il faut déjouer les pièges basiques. Si détruire des ennemis au rapport de force inférieur paraît chose aisée, en ville, il n'en est plus de même. S'en prendre à un bataillon d'infanterie bien à couvert s'avère plutôt difficile. Mais à chaque unité ses forces et ses faiblesses. Ledit bataillon est invisible à nos yeux s'il ne tire pas, mais dès qu'il se manifeste, sa présence sera trahie. Employer quelques chars lance-flammes permet de s'en débarrasser de loin, sans s'exposer aux missiles anti-chars.

Ensuite, il faudra faire preuve de logique : lors de la première contre-offensive, votre avion éclaireur vous signalera des pièces d'artillerie lourde, bien escortées par des véhicules anti-aérien et des véhicules radars. Dans cette situation, sacrifier un bombardier pour détruire les véhicules radars s'avère être la meilleure solution. Les artilleurs n'ayant aucun champ de vision quand ils sont seuls, ils n'empêchent plus la progression de vos chars qui pourront, eux, s'en prendre à la DCA. Le temps que tout ce beau monde se replie en catastrophe, vos autres bombardiers font le nettoyage.


Campagne de Tunisie : Partie 2


Place à la ruse !


Il est temps de passer aux choses sérieuses, établir une base. Sans oublier vos atouts : les ruses ! Dans cette démonstration, cinq ruses sont disponibles. Le silence radio, le décodage des ordres ennemis, le camouflage des bâtiments, l'espionnage et l'attaque leurre. Il est également essentiel de trouver des ressources, donc de contrôler un maximum de dépôts d'hydrocarbures. Ensuite, mettre au point une stratégie d'attaque.

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Soit couper les vivres et essouffler les forces allemandes en s'en prenant à leurs ressources locales (en coupant les voies de ravitaillement), soit attaquer de front. Tout en prenant soin de bluffer. Camoufler les bâtiments, envoyer une attaque leurre sur le flanc gauche, tout miser sur le flanc droit en imposant un silence radio afin de rendre les unités indétectables, espionner la réaction ennemie et anticiper ses déplacements : voilà l'option choisie !

Une stratégie vouée à la victoire totale. Mais on ne peut utiliser que cinq ruses en même temps, sur des zones définies de la carte. En les gaspillant toutes, on s'expose a un risque de contre-offensive assez fort. Car l'I.A. peut tout aussi bien anticiper nos propres mouvements de base avec un simple plan d'espionnage. Le coup fourré que l'on prépare tombe à l'eau et prend un sévère revers. Nos bâtiments devenant dès lors les cibles de bombardements soutenus. Des scénarios alternatifs de renversement de situation, les ruses en apportent des dizaines par mission. Il faut donc savoir les utiliser à juste titre. Ce qui promet de belles confrontations en multijoueurs.


« La combinaison clavier/souris n'est pas essentielle, mais demeure préférable pour les habitués aux RTS »


Que l'on utilise le clavier ou la manette, Ruse est demeure très jouable. Le pad manque certes de précision dans le feu de l'action -devoir faire trois fois une manipulation pour sélectionner l'unité voulue, c'est du temps de perdu !-, toutefois, on navigue sur la carte avec une certaine aisance en choisissant la manette (l'avantage des deux joysticks). La combinaison clavier/souris n'est donc pas essentielle pour ce RTS, même si elle demeure préférable pour les habitués du genre, la manette sera l'ami idéal des novices.

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On a aussi pu s'essayer au jeu sur l'Intuiface, une table utilisant un écran tactile de 1920x1080 pixels présente avec Ruse à l'E3 (développée par Intuilab). Une technologie très chère à cette échelle (15 000 € !), mais qui donne un avant-goût de la jouabilité du titre d'Ubi avec les futurs écrans d'ordinateurs tactiles (entre 1000 € et 1500 €, ce qui n'est certes pas donné mais reste bien plus accessible) dont l'interface sera gérée par Windows Seven.

Quelques petites combinaisons de doigts suffisent à faire exactement comme avec la souris. Par contre, le joueur ne doit pas se tromper dans sa manipulation, car le moindre petit écart d'utilisation rend le jeu brouillon : un doigt posé trop tôt dans sa sélection d'unité et l'écran traduit ça comme une volonté de faire bouger la carte.


La table tactile en action avec R.U.S.E.



Un titre jouable sur une majorité de configurations


Au niveau de la technique, Ruse est un jeu qui promet d'exploiter pleinement la technologie des processeurs quatre cœurs. L'Iriszoom Engine (le moteur graphique d'Eugen Systems, similaire à un Google Earth en 3D) recalcule en temps réel l'affichage à l'écran, ce qui permet de profiter des milliards de polygones de chaque carte sans devoir les afficher simultanément ou les prendre en compte alors qu'ils ne figurent pas à l'affichage (ce qui serait diaboliquement lourd à calculer même pour le plus puissant des PC). Le jeu reste toutefois très jouable avec une configuration moyenne (sans pouvoir afficher tous les détails graphiques donc), sans grosse perte visuelle notable.

Le titre d'Ubisoft et Eugen Systems a de bonnes chances de faire grand bruit lors de sa sortie. Sa capacité à simplifier les données pour le joueur, sans pour autant simplifier le jeu lui-même, pourrait bien attirer les novices vers le genre RTS tout en proposant un nouveau challenge aux stratèges confirmés. Cependant, il manque encore encore un peu d'opposition libre, sans script, pour se faire une idée du comportement de l'I.A. en environnement complètement ouvert. À voir d'ici la sortie, Ruse étant prévu pour le premier trimestre 2010.

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Envie d'en savoir plus ? Consulter notre Preview du 25 juin ainsi que notre Preview du 17 mars.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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