Still Life

le 20 avril 2005 à 17h55
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Relativement discret tout au long de son développement, Still Life est l'occasion pour Microïds Canada de nous proposer une sorte de suite à Post Mortem sorti en fin d'année 2002, alors que le « point & click » connaissait un certain regain de vitalité. Pour se démarquer, les concepteurs avaient adopté un scénario résolument plus adulte sur fond de morts violentes. Avec Still Life, ils ont évidemment reconduit la même approche et si l'aventure se veut tout à la fois plus complète, plus riche et plus aboutie, c'est à une nouvelle série de meurtres inexpliqués que le joueur se trouve confronté... Et plutôt deux fois qu'une !

Dans la famille McPherson...



Décembre 2004 et alors que Chicago sous la neige se prépare à fêter Noël, un tueur en série en termine avec sa victime, une certaine Cynthia Woods. Dans le même temps, nous faisons la connaissance de Victoria McPherson alors qu'elle discute avec son petit ami dans une galerie d'art... dans sa galerie d'art. L'infortunée Cynthia est la cinquième cible du mystérieux tueur qui a reconduit son macabre rituel. Très joliment mise en scène, la séquence d'introduction qui nous plante ainsi le décor s'achève sur le départ de Victoria pour le lieu du crime. Nous sommes d'emblée plongés dans le vif du sujet, puisque l'aventure démarre tout de suite après, alors que Victoria descend de son 4x4 au pied d'un immeuble délabré de la ville. Un agent de police l'attend à l'entrée et après un bref échange de politesses, celui-ci lui indique où se trouvent ses collègues.

Still Life démarre ainsi au beau milieu d'une enquête policière qui piétine. Victoria McPherson n'est pas encore un agent très expérimenté et il semblerait pour ne rien arranger que son patron, Todd Browning, se réjouisse à l'idée de la voir se planter en beauté. Hélas pour ce dernier, Vic a l'investigation dans le sang au propre comme au figuré. Fille d'un célèbre avocat de Chicago, Victoria McPherson est aussi et surtout la petite-fille de Gustav McPherson, héros-détective de Post Mortem. Les développeurs ont d'ailleurs choisi de jouer sur ce lien de parenté pour nous proposer une double enquête. Alors que la trame générale du jeu se déroule à Chicago, nous aurons fréquemment l'occasion de retrouver Gustav lui aussi empêtré dans une histoire de meurtres en série, mais dans le Prague des années 20 cette fois.

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A Chicago comme à Prague, la mort fait bien plus que rôder dans Still Life !


Fantômes du passé ?



Durant toute la durée de l'aventure, le joueur passe ainsi plusieurs fois de l'un à l'autre, de Victoria à Gustav. En réalité, le scénario a été écrit de manière à ce que l'enquête menée à Chicago fasse écho à celle conduite à Prague. Rapidement, Victoria met à jour des textes laissés par son grand-père et les découvertes qu'elle fait sur son passé sont autant de « flash-back » qui nous renvoient dans la capitale tchèque. Gustav McPherson vit alors avec une ancienne prostituée qui lui demande d'enquêter sur le meurtre de plusieurs de ses amies alors que la police ne semble pas particulièrement intéressée. D'interrogatoires en découvertes d'indices, Gustav progresse rapidement et le développement de sa propre investigation éclaire d'un jour nouveau celle de Victoria qui, petit à petit, commence à comprendre le mode de fonctionnement de « son » tueur.

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Cette mise en perspective des deux affaires permet de donner un certain rythme et une ambiance très particulière à l'aventure. En effet et bien que très proches sur le fond, les deux enquêtes sont présentées de manière très différente. Ainsi, les tons presque sépia de Prague en plein jour, contrastent nettement avec les ténèbres de Chicago. Un contraste presque identique se retrouve d'ailleurs avec les personnages principaux et alors que Gustav, amoureux d'Ida, est passionné, Victoria paraît plus morose presque sur la défensive. Cette réelle profondeur des sentiments, bien que parfois un peu exagérée, donne au jeu un côté beaucoup plus humain et comme les personnages secondaires ne sont pas en reste, l'ensemble est tout de suite nettement plus intéressant, plus juste ou plus réaliste que de nombreux autres titres du genre.

Still Life : une nature morte bien vivante !



Ce réalisme se retrouve en fait à tous les niveaux, ou presque, de Still Life (présentation des différents meurtres, déroulement de l'enquête, réactions des personnages... ) et permet d'impliquer chaque fois un petit peu plus le joueur. Les dialogues jouent à ce titre parfaitement bien leur rôle. Ils sont bien sûr un petit peu stéréotypés et on notera de-ci, de-là quelques erreurs de traduction, mais dans l'ensemble ils sont bien rédigés et la localisation est de très bon niveau. Tout cela permet comme nous le disions précédemment, de donner un peu plus d'ampleur aux personnages, même les plus secondaires, et contribue grandement à l'immersion du joueur. Évidemment, tout ceci ne constitue que l'enveloppe, certes réussie, d'un jeu qui au final reste un « point & click » comme le furent Post Mortem ou Syberia du même éditeur.

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Tantôt simples, tantôt particulièrement complexes, les énigmes ne sont heureusement pas trop nombreuses !

La progression est de la même manière principalement conditionnée par les discussions avec différentes personnes ou la découverte de nouveaux objets. Utilisés judicieusement, ces derniers permettent de débloquer les situations et souvent d'accéder à de nouveaux lieux qui feront une nouvelle fois avancer les choses. Comme de coutume également, l'aventure est entrecoupée d'énigmes plus ou moins retorses qui s'intègrent heureusement assez bien à l'histoire. On ne peut cependant s'empêcher de trouver la séquence de confection de biscuits complètement hors de propos (un assassin court toujours à ce moment-là !). On ne peut également faire abstraction de quelques petits soucis de script par exemple lorsque Gustav se fait tirer dessus ou que Victoria se promène aux quatre coins de la ville sans que le temps semble s'écouler.

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Ces petits défauts ne sont pas les seules critiques que l'on peut formuler à l'encontre de Still Life qui m'a plus particulièrement déçu au niveau de la réalisation graphique. En effet et alors que certaines séquences sont vraiment très belles et que les nombreuses cinématiques sont souvent très bien mises en scène, on regrettera la qualité moyenne des modèles de personnages. Réalisés en trois dimensions et intégrés à de très belles planches 2D, ils jurent parfois vraiment et ne sont, de temps à autre, même pas raccords avec les éléments du paysage. Dans le même ordre d'idée et alors que les voix sont dans l'ensemble très efficaces, on ne peut s'empêcher de remarquer de fréquents décalages avec le mouvement des lèvres... Gênant lors des gros plans ! Alors bien sûr, ces limitations techniques sont autant de points qui permettent de faire tourner Still Life sur des configurations modestes (Pentium 3 800 MHz / 128 Mo), mais quand tant d'efforts sont faits sur le fond, il est vraiment dommage de voir quelques lacunes dans la forme.

Conclusion



Les remarques que je viens de formuler me semblent parfaitement légitimes et, à mon sens, certaines scènes perdent de leur efficacité à cause de ces quelques défauts. Il serait malgré tout dommage de passer à côté de Still Life qui reste l'une des meilleures enquêtes disponibles à l'heure actuelle sur PC. Les développeurs sont parvenus à recréer un univers intéressant et l'atmosphère particulièrement lourde de cette histoire de meurtres en série devrait convaincre nombre de joueurs. La progression des deux enquêtes en parallèle permet de varier considérablement les situations comme les ambiances et on ne s'est pour ainsi dire jamais sentis aussi proches des personnages principaux.

Hélas, Still Life ne résistera pas bien longtemps aux investigations des joueurs. Si l'on met de côté le temps passé à résoudre les puzzles parfois assez complexes, il ne faut pas compter sur beaucoup plus d'une dizaine d'heures de jeu. Les différentes énigmes permettent évidemment de rallonger la sauce, mais en définitive cette histoire de double enquête ne permet pas de dépasser la durée de vie de la précédente aventure de Gustav McPherson (15 à 20 heures). Au final, Still Life est une aventure intéressante au scénario bien construit, l'aspect technique pêche sur certains points (modèles 3D), mais se rattrape sur d'autres (voix, localisation) et chaque minute du jeu donne envie d'aller plus toujours loin pour que la vérité éclate... C'est bien là l'essentiel, non ?

Still Life

Les plus
+ Superbe jeu d'ambiance Chicago/Prague
+ Deux enquêtes en une
+ Thème « adulte » intelligement traité
+ Personnages intéressants
Les moins
- Un petit peu court
- Quelques erreurs de script
- Réalisation graphique inégale
Réalisation
Prise en main
Durée de vie
3

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Modifié le 20/09/2018 à 15h35
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