American Conquest : Fight Back

Nerces
Spécialiste Hardware et Gaming
24 juillet 2003 à 17h00
0
00D2000000059333-photo-american-conquest-fight-back.jpg
Avec Cossacks, GSC Game World avait créé l'événement en développant un jeu de stratégie temps réel qui réussit à trouver sa place à côté des mastodontes du genre malgré une réalisation relativement quelconque. Il faut dire que le bougre avait pour lui un système de jeu redoutablement efficace mêlant action rapide, gestion simplifiée des ressources et armées en nombre. C'est à peu de choses près ce système que l'on a pu retrouver avec American Conquest sorti en novembre 2002 et qui transposait le concept de Cossacks au continent américain.

Aujourd'hui et comme pour rester fidèle à ses traditions, GSC Game World nous propose la première (et unique ?) extension pour American Conquest. Intitulée Fight Back, elle offre aux joueurs le même type d'améliorations que les deux extensions déjà disponibles pour Cossacks (The Art Of War et Back To War) : un cocktail très étudié de nouveaux peuples, nouvelles cartes, nouvelles unités, nouvelles missions et nouvelles campagnes. Autant de nouveautés ne semblent pouvoir conduire qu'à une nouvelle réussite, non ?


Pas une extension, un "standalone"

Remarque importante avant de commencer le test à proprement parler. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre du jeu, notre petite introduction et diverses références sur Internet, American Conquest : Fight Back ne nécessite PAS de posséder le jeu originel pour être installé et évidemment joué. C'est bien sûr conseillé dans la mesure où Fight Back apporte de nouvelles fonctionnalités à un jeu déjà très riche au départ, mais ce n'est toutefois pas indispensable. Dans le jargon du jeu vidéo, c'est ce que l'on appelle un "standalone" et nous ne pouvons bien sûr que saluer cette initiative dans la mesure où elle permet à tout un chacun de choisir selon son portefeuille : le jeu de base car il est un peu moins riche, l'extension seule car ben justement, elle est plus riche, ou bien encore un petit doublé "coupe / championnat" !


Bis Repetita Placent !

Fight Back est une extension, certes standalone, mais une extension malgré tout et en ce sens, elle offre un jeu pour ainsi dire identique à ce que proposait déjà American Conquest. Avant de détailler les apports de Fight Back, il convient donc de rappeler un peu de quoi il retourne dans American Conquest mais afin d'éviter les lourdeurs, ces rappels ne seront que succincts et je vous invite d'ores et déjà à relire notre test d'American Conquest (ici) : la gestion y est plus clairement exposée, les mécanismes sont mieux énoncés, en un mot ce sera évidemment plus clair pour les non-initiés !

00D2000000059340-photo-american-conquest-fight-back-sur-nos-collines-nous-ne-craignons-rien.jpg
00D2000000059339-photo-american-conquest-fight-back-une-petite-base-portugaise.jpg
00D2000000059338-photo-american-conquest-fight-back-l-ennemi-est-en-d-route-mais-attention-aux-revers.jpg

Malgré les nouveautés, le jeu reste très proche si l'on met de côté le mode "Champ de bataille"

American Conquest, en digne successeur de l'illustre Cossacks, est un jeu de stratégie temps réel qui fait la part belle aux combats de grande envergure et à la tactique militaire en laissant légèrement de côté l'aspect gestion / micro-management de nombreux autres titres. Les ressources, relativement nombreuses, ne manquent pas vraiment et les bâtiments restent assez classiques puisque tout est fait pour que rapidement vous puissiez être à la tête d'une confortable armée qu'il faudra gérer au cours de batailles souvent gigantesques. Même si l'on n'atteint pour ainsi dire jamais ce chiffre, le moteur de American Conquest est réputé car il permet un maximum de 16.000 unités simultanément !

La diversité du jeu était assurée par des campagnes solo radicalement différentes selon le peuple choisi et à ce titre, le choix de la colonisation du continent américain a permis aux développeurs ukrainiens de faire cohabiter des nations très variées. Bien sûr pas autant que dans un Stacraft (on reste entre humains !) mais certainement plus que dans Age Of Kings. American Conquest tirait enfin une grande partie de son originalité de deux aspects très importants. Tout d'abord l'absence totale de murailles (par rapport à Cossacks ou Age Of Kings) rendaient caduques les stratégies les plus défensives. Enfin, la production des armées reprenait le système de la "formation" des paysans. Produits par les habitations, ces derniers doivent en effet se rendre au fort pour devenir soldat. En substance, voilà donc tout ce qui a permis à American Conquest de connaître le succès malgré la rude concurrence qui existe sur PC.


00D2000000059334-photo-american-conquest-fight-back-les-petits-encarts-culturels-sont-toujours-l.jpg

Et les nouveautés dans tout ça ?

Les nouveautés ? Nous y arrivons. Fight Back, au même titre qu'une extension comme The Frozen Throne pour WarCraft 3, se propose simplement d'ajouter toujours plus d'éléments au canevas qui a su convaincre des milliers de joueurs. Alors qu'American Conquest proposait un nombre déjà conséquent de missions (42 en simple joueur), Fight Back en remet une couche et GSC Game World ne propose pas moins de 25 nouvelles missions solo réparties en 8 campagnes de jeu bien distinctes. Ces campagnes, intéressantes et bien construites, sont bien sûr enrichies par la présence des 5 nouvelles nations suivantes (pour un total de 17) : Allemagne, Haida (Alaska), Hollande, Portugal et Russie. Il est possible de faire leur découverte au travers des campagnes solos (l'une d'entre elles est par exemple intégralement consacrée aux Haidas) ou bien des missions simples. GSC Game World aurait d'ailleurs peut-être pu offrir un peu plus de ces missions simples car on en a finalement assez vite fait le tour même si les défis qu'elles proposent sont assez sympathiques et changent pas mal des campagnes. Vous pourrez par exemple y mener une attaque Allemande contre les Américains ou bien vous aventurer en terre d'Alaska.

Fight Back rompt d'ailleurs un peu avec la relative exactitude historique dont faisait preuve American Conquest. Si les écrans de présentation des missions restent intéressants de ce point de vue, il faut bien avouer que retrouver les Allemands sur le continent nord-américain aura de quoi surprendre. Ce n'est toutefois pas très important et en définitive c'est surtout le faible intérêt de ces nouveaux peuples que l'on regrettera : ils restent un peu trop proches de certains déjà existants. Un nouveau mode de jeu fait également son apparition, il s'agit du mode Champs de Bataille. Ici, pas question de gestion des ressources et le micro-management de la "base" est réduit au maximum. Quelques bâtiments qu'il faut protéger de l'armée adverse qui en même temps doit elle-aussi défendre son fort des assauts du joueur humain. Le résultat est parfois un peu déconcertant et dans certains cas, les objectifs permettront à une pauvre unité de cavalerie de mettre, seule, fin à la partie si elle parvient à s'extirper de la masse de vos défenseurs. Mais aussi surprenants que soient certains épilogues, ce mode devrait avoir ses amateurs en particulier grâce la rapidité de l'action qu'il génère.

Il faudra toutefois que les joueurs fassent abstraction de la réalisation graphique, réduite à sa plus simple expression (le décor est pratiquement inexistant) pour une plus grande lisibilité. Il faut d'ailleurs bien reconnaître qu'un aspect du jeu n'a lui absolument pas changé : la réalisation technique. Certes American Conquest n'est pas très ancien, mais le graphisme n'était déjà pas sa première qualité et certains joueurs déploreront sans doute qu'aucun effort n'aient été fait de ce côté là. Ce n'est toutefois pas plus catastrophique qu'en décembre dernier et le jeu reste relativement clair malgré la masse d'unités en présence. Les exigences matérielles sont, comme pour American Conquest, hélas nettement plus élevées qu'avec Cossacks et même le 700 MHz que nous conseillions en décembre dernier nous semble finalement un petit peu juste pour gérer les plus grands affrontements. Envisagez donc plutôt le gigahertz en sus de 256 Mo de mémoire pour être plus tranquilles !

Une dernière toute petite remarque et je ne vous embête plus... Le niveau de difficulté me semble un peu plus élevé que sur Amercain Conquest et si la présence de cinq niveaux sélectionnables devrait permettre à chacun de trouver chaussure à son pied, un peu de prudence en début de partie sera sans doute préférable pour les joueurs les moins expérimentés.

00D2000000059335-photo-american-conquest-fight-back-l-indispensable-fort-de-d-part.jpg
00D2000000059336-photo-american-conquest-fight-back-plan-large-pour-le-placement-de-la-forteresse.jpg
00D2000000059337-photo-american-conquest-fight-back-un-joli-petit-h-tel-de-ville.jpg

Allemande ou pas, une base d'American Conquest reste une base d'American Conquest !


Conclusion

Après les excellents The Art Of War et Back To War pour Cossacks, les développeurs de GSC Game World démontrent, s'il en était encore besoin, qu'ils maîtrisaient à merveille le concept de l'extension. De très nombreuses nouveautés permettent de redonner du plaisir à ceux qui auraient pu se lasser et vient apporter encore plus de bonheur aux autres. Les nouveaux peuples sont peu originaux mais offrent tout de même de quoi varier les parties alors que les nouvelles unités sont là pour introduire de nouvelles stratégies de combat. Ces nouvelles stratégies sont bien réelles mais, et c'est là que l'on voit le savoir-faire des grands développeurs comme Blizzard ou feu Westwood Studios, il ne faut pas que le jeu en soit dénaturé pour autant.

GSC Game World a très bien mené sa barque et Fight Back s'inscrit parfaitement dans la lignée de American Conquest. Ce faisant il ne risque pas d'intéresser ceux que le jeu originel ou même ce bon vieux Cossacks laissaient froids, mais il fera le bonheur de tous les autres et ils sont nombreux. Enfin, je ne saurais trop conseiller à tous les joueurs curieux qui n'ont jamais eu l'occasion de tester l'un de ces titres, de jeter un oeil à American Conquest : Fight Back. Pour moins de 35 € voilà un bon moment de stratégie temps réel sur ordinateur.


American Conquest : Fight Back

4

Les plus

  • Batailles toujours aussi impressionnantes
  • Contenu très riche
  • Relativement peu gourmand
  • Cartes énormes

Les moins

  • Aucune amélioration technique
  • Parfois un peu confus
  • Gestion des progrès scientifiques délicate

Note globale7

Réalisation6

Prise en main8

Durée de vie8

Modifié le 20/09/2018 à 15h35
Soyez toujours courtois dans vos commentaires.
Respectez le réglement de la communauté.
0
0

Actualités du moment

American Conquest : Fight Back en test sur Clubic
Fabrice Fries part en mission dans l'univers du jeu vidéo
Sagem prevoit de lancer un Smartphone en 2004
SFR et PlayStation font la tournée des plages
Le Siemens ST 55 N'EST PAS un Smartphone Microsoft
Bientôt du neuf chez NVIDIA... Enfin peut être !
Hercules lance la 3D Prophet 9200 SE
Nouvelle version de DirectX disponible
Building Microsoft ASP.NET applications for mobile devices - 2nd edition
VUP et Lagardère : L'UE rejette la demande de renvoi du dossier vers Paris
Haut de page