Chrome : les éditeurs d'adblockers critiquent la politique de sécurité de Google

10 décembre 2020 à 12h27
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La prochaine version de Google Chrome va introduire un changement pour les développeurs d'extensions. Le nombre de règles pouvant être appliquées pour modifier une page Web va être plafonné, ce qui inquiètent les éditeurs d'adblockers.

Une extension Chrome est composée d'un répertoire de fichiers, dont l'un est baptisé Manifest. Google explique que ce dernier s'apprête à passer en version 3 au sein de Google Chrome 88, dans le but d'apporter davantage de sécurité. La version 2 restera fonctionnelle encore un an.

L'ajout d'une limite

Entre autres dispositifs de sécurité, Manifest V3 limitera le nombre de règles applicables sur une page à son chargement. Google explique en effet que si ce mécanisme de règles n'est pas contrôlé, certains développeurs pourraient l'exploiter et en abuser.

Concrètement, ces fameuses règles sont mises en pratique de différentes manières. Certaines extensions, comme Stylish ou TamperMonkey, passent au crible le code de la page à la recherche d'éléments pour appliquer des modifications de style. Certains développeurs s'amusent à repérer automatiquement les spoilers de films pour les masquer. D'autres encore permettent de repérer certaines langues pour les traduire à la volée.

Et évidemment, ces règles servent aussi aux extensions repérant les publicités chargées de sources externes afin de les bloquer, les fameux adblockers ou bloqueurs de publicités.

La craintes des bloqueurs de publicité

Sur un forum de discussions, les éditeurs d'adblockers ont partagé leurs craintes quant à la mise en place d'une limite pour ces règles. Cnet US rapporte les propos d'Andrey Meshkov, co-fondateur et directeur technique d'Adguard , qui explique :

« L'innovation est la principale victime de Manifest V3. Avant, les développeurs d'adblocker exploraient certaines idées comme l'usage de l'intelligence artificielle pour améliorer leur produit. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Désormais, Chrome, Safari et Edge dictent ce que nous pouvons bloquer ou non et comment nous devons le faire ».

Chez Ghostery , les développeurs mettent à jour leur extension pour se conformer au Manifest V3 mais le président de la société Jeremy Tillman explique qu'il préférerait travailler sur de « réelles innovations en termes de vie privée ».

Google lâche un peu de lest

Initialement, Manifest V3 autorisait la mise en place de 35 000 règles toutes extensions confondues. Suite aux discussions avec les éditeurs de bloqueurs de publicités, Google a augmenté ce plafond à 150 000 règles.

Cependant, pour certains, cela n'est toujours pas suffisant. Les éditeurs soulignent notamment le fait qu'ils ne pourront pas générer des règles dynamiques de blocage de publicités issue des listes de filtres populaires comme EasyList ou EasyPrivacy.

Source : Cnet US

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