Unravel : un vent de nostalgie positive chez Electronic Arts

17 février 2016 à 16h17
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Sorti le 9 février dernier uniquement en dématérialisé sur PC, PS4 et Xbox One, Unravel est assurément la bonne pioche indé d'Electronic Arts. Développé par les Suédois de Coldwood Interactive, ce jeu de plateforme est une ode au souvenir et à la nature.

Je me rappelle de mon premier contact avec Unravel, lors de l'E3 2015. Et surtout de ma rencontre avec Martin Sahlin, développeur humble et réservé, ne quittant pas sa figurine en laine du héros de son jeu, Yarny. Au détour d'une conversation, il m'avait expliqué que c'est durant une balade dans la campagne suédoise qu'il avait eu l'idée initiale d'Unravel, jeu de plateforme et de réflexion dans lequel un petit bonhomme en laine brave les dangers de la nature, en quête des souvenirs lointains d'une vieille dame.

L'objectif d'Unravel est plutôt simple : Yarny cherche à atteindre des objets en laine représentant des souvenirs à travers des niveaux aux décors quasiment photoréalistes. La petite taille du personnage, ainsi que sa constitution, le fragilisent à travers un environnement où la moindre flaque d'eau devient un danger. A cela s'ajoute le fait que le corps de Yarny s'effiloche au fur et à mesure qu'il avance : il faut alors constamment chercher des rallonges de laine, au risque de se retrouver bloqué.

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Mélancolie quand tu nous tiens

Mais au-delà de son gameplay, dont la base originale entraîne finalement des puzzles qui le sont plus ou moins, c'est surtout l'ambiance générale du titre qui interpelle. Unravel fait partie de ces jeux apaisants, dont l'environnement réaliste n'est pas seulement une manière de montrer à quel point le jeu vidéo actuel peut donner dans le détail le plus proche de la réalité. L'immersion se fait avant tout par l'émotion, et le jeu n'hésite pas à miser sur de cours instants contemplatifs pour souligner son message : il faut prendre le temps. Le temps de se souvenir, de vivre, et le temps de jouer : rien ne presse vraiment dans Unravel. On comprend d'ailleurs bien vite que pour éviter d'emmêler la laine dans tous les sens, mieux vaut se poser quelques questions.

Néanmoins, au fil les niveaux, on finit par prendre le pli et on saisit les mécaniques de jeu. Les pièges en sont de moins en moins, et même s'il arrive de se retrouver bloquer à certains moments durant quelques minutes, les puzzles s'avèrent finalement assez répétitifs. Ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose puisque cette mécanique permet de ne pas réduire le jeu à ses puzzles, et de profiter pleinement de ce qu'Unravel a à offrir, au-delà de son gameplay.

Un jeu écolo

Ce qui frappe également, c'est la dimension naturaliste d'Unravel. Clairement, le jeu s'inspire des traditions et des paysages finlandais. Martin Sahlin ne s'en est d'ailleurs jamais caché : l'idée de base du jeu lui est venue durant une randonnée, et c'est en observant les paysages qu'il a conçu une poupée de laine de Yarny, avec les moyens du bord - une poupée que tout un chacun peut d'ailleurs fabriquer à sa guise.

Musique douce, ambiance scandinave qui mêle bords de mer, forêts accueillantes ou marécages remplis de moustiques, le tout est d'un réalisme étonnant. C'est aussi l'une des forces d'Unravel, encore une fois bien au-delà de son gameplay : parvenir à transformer un petit être que n'importe qui peut fabriquer avec de la laine et du fil de fer, en héros d'une aventure qui semble prendre place dans des paysages du quotidien. Paysages qui prennent une signification assurément différente quand on mesure 15 centimètres de haut.

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Un pari réussi d'EA

Unravel détonne clairement dans le catalogue d'Electronic Arts, qui a davantage habitué les joueurs à des titres comme Battlefield ou Mass Effect. En misant sur la création de Coldwood, l'éditeur fait mouche. D'abord parce qu'il s'ouvre à un nouveau type de jeu que l'on peut aisément qualifier d'indépendant. Ensuite parce qu'il touche un autre public, potentiellement plus jeune, mais surtout plus « zen ». Unravel est un jeu pacifiste, poétique, calme. Un jeu auquel les parents n'hésiteront pas à jouer avec leurs enfants. Ils se créeront alors des souvenirs, et perpétueront ainsi le message porté tout au long du jeu.

Proposé au prix abordable de 20 euros, Unravel vaut largement son prix. La promesse de base est assurément tenue, en partie parce qu'elle était simple et modeste, sans recherche de grandiloquence. On prend la manette avec plaisir et même si certains puzzles demandent de longues minutes de réflexion on n'est jamais frustrés. Quant à ceux qui s'interrogeront sur la durée de vie, sachez que le jeu comporte 12 niveaux qui se bouclent en 20 à 30 minutes chacun environ, mais qui offrent un défi supplémentaire si l'on cherche à collecter tous les objets cachés. Comptez donc entre cinq et sept heures pour en faire le tour, ce qui est plutôt honnête vu le prix auquel il est proposé.

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Unravel aurait même mérité une sortie en boîte à petit prix. On peut presque parier sans crainte qu'Electronic Arts passera ce cap si le titre s'avère être un succès en vente dématérialisée, comme ont pu le faire d'autres éditeurs dernièrement, à l'image de Square Enix avec Life is Strange. Il y a assurément un créneau à prendre avec ces jeux qui dévient des standards que l'on voit trop souvent. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles il faut clairement encourager les grands éditeurs à miser plus souvent sur des titres comme Unravel.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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