Cloud Gaming : l'avenir du jeu vidéo ?

19 juillet 2012 à 18h29
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Souvent associée au stockage en ligne ou aux usages les plus sérieux, la tendance du Cloud Computing touche également les jeux vidéo. De manière marginale ? Pour le moment oui, mais cela ne devrait pas durer. Des acteurs majeurs de l'industrie sont en train de placer leurs pions, voire d'en piquer aux autres, afin de ne pas louper ce virage important. L'avenir du jeu vidéo pourrait bien se dérouler dans les nuages.

Le concept



Il en va du cloud gaming comme du cloud computing en général : le principe de base consiste à déporter les calculs sur des serveurs distants et à ne laisser dans les mains du joueur qu'un terminal relativement passif qui, évidemment, nécessite tout de même la présence d'une connexion Internet à haut débit. Les ordres donnés via le contrôleur (clavier, souris, gamepad...) sont alors envoyés jusqu'aux serveurs sur lesquels tournent les jeux.

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Ces ordinateurs surpuissants sont également chargés d'encoder à la volée les images qu'ils génèrent, en un flux vidéo qui est en permanence renvoyé à l'utilisateur. D'un point de vue théorique, si chaque maillon de la chaîne fait parfaitement son travail, le processus est totalement transparent pour le joueur. En pratique, cette nouvelle manière de concevoir le jeu vidéo possède tout de même son lot d'avantages et d'inconvénients bien spécifiques.

Des avantages multiples...


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En premier lieu, le jeu à la demande possède toutes les qualités du jeu dématérialisé en général. Pas besoin de se déplacer pour acheter le dernier titre du moment, pas de problème de stocks ni d'invendus, suppression d'un maximum d'intermédiaires, pas de support optique rayé ou perdu... les adeptes de Steam ou du Xbox LIVE Arcade connaissent bien la chanson.

Mais de manière nettement plus singulière, le cloud gaming permet de s'affranchir de tout matériel évolué. Autrement dit : plus besoin d'acheter de carte graphique surpuissante ni de mettre à jour son PC, plus besoin de racheter une nouvelle console à chaque génération, plus aucune incompatibilité matérielle avec tel ou tel jeu... N'importe quel écran muni d'un processeur et connecté à Internet est susceptible de faire tourner les jeux les plus exigeants. Tablettes, smartphones, ordinateurs portables ou de bureau sont ainsi destinés à devenir les meilleurs compagnons du gamer compulsif, de manière égalitaire. Même les télévisions sont concernées, que ce soit à travers les box des fournisseurs d'accès Internet ou en tant que Smart TV.

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Grâce au cloud gaming, le même jeu peut être lancé indifféremment sur l'un ou l'autre de vos appareils high-tech.


Cet œcuménisme en matière de supports va de pair avec une uniformisation de l'expérience de jeu. Terminée la jungle des versions PC potentiellement sublimes mais variables du tout au tout selon la configuration, des versions Mac ou Linux inexistantes, des versions Xbox qui imposent des changements de DVD ou des versions PS3 pleines d'aliasing. Sans même parler des déclinaisons de jeux AAA pour smartphones et tablettes, qui tiennent généralement plus du produit dérivé que de la véritable conversion.

Avec le cloud gaming, tout le monde joue à la "superior version", toutes options graphiques poussées à fond. Le tout sans téléchargement ni même installation - ce qui supprime également les problèmes de place sur le disque dur - avec un jeu et des serveurs mis à jour en permanence de manière transparente. Sans oublier la possibilité de continuer une même partie sur des machines différentes, puisque les sauvegardes sont bien évidemment gérées elles aussi en cloud. Oh, et un dernier petit avantage du point de vue des éditeurs : la suppression quasi-assurée du piratage !

...et des inconvénients bien réels


C'est d'ailleurs ce contrôle total de la part des éditeurs qui posera des problèmes à certains joueurs ; et nous ne pensons pas seulement aux flibustiers. Avec le jeu à la demande, les amateurs de mods, les bidouilleurs de fichiers de configuration, les développeurs de patchs non officiels en sont pour leurs frais. Ceux qui apprécient les jeux datés risquent également des mauvaises surprises le jour où il sera décidé que tel ou tel titre devra être supprimé des serveurs (pour des raisons techniques, légales ou de rentabilité). Et il ne faut pas oublier le scénario du pire : le jour où le service ferme définitivement ses portes, les jeux achetés s'envolent à tout jamais. On pourra également regretter l'absence de boîte ou de manuel, ou encore la nécessite d'être connecté en permanence à Internet. Les joueurs de Diablo 3 peuvent témoigner qu'il s'agit d'une réelle contrainte...

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Dématérialisé à l'extrême, le jeu vidéo version cloud ne laisse plus grand chose entre les mains du joueur.


Cependant, le véritable frein à l'essor du jeu à la demande est pour l'heure d'ordre qualitatif. Pousser les options graphiques à fond sur les serveurs, c'est très bien, mais il ne faut pas oublier que le résultat retourné au joueur prend la forme d'un flux vidéo compressé. Résolution effective limitée par la bande passante de la connexion Internet (il faut se contenter le plus souvent du 720p) et artefacts visuels de compression sont donc à prévoir ! Dans ces conditions, il n'est vraiment pas garanti que les effets DirectX 11 les plus subtils (ombres auto-projetées grâce au SSAO, tessellation pour arrondir les angles...) soient véritablement visibles, ni que les scènes particulièrement riches et mouvementées apparaissent sous leur meilleur jour...

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Mauvaise connexion Internet + mouvements rapides = bouillie de pixels assurée.


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L'autre problème majeur du cloud gaming provient de la latence supplémentaire générée par le système. Aux inévitables millisecondes nécessaires pour interpréter les commandes et générer les graphismes, il faut rajouter le trajet aller (client -> serveur), le temps d'encodage des images, le trajet retour (serveur -> client) et le temps de décodage du flux vidéo. Du coup on peut aisément atteindre les 200 ou 300 millisecondes, une valeur suffisante pour ressentir un petit décalage dans l'action. Si pour certains genres ce n'est pas vraiment un problème (les jeux d'aventure en point & click par exemple), pour d'autres le sujet est plus délicat (les jeux de combat notamment). Dans le meilleur des cas on peux espérer descendre jusqu'à 100 millisecondes, alors qu'en local la latence se situe entre 75 et 90 millisecondes.

Déjà une réalité, bientôt la normalité ?


Avec l'avènement de plateformes telles que Steam ou des différents services de téléchargement sur consoles, le jeu vidéo dématérialisé est bel et bien entré dans les mœurs. Le cloud gaming, lui, a encore beaucoup de chemin à faire. Mais nous allons voir qu'il est en train d'avancer à grands pas.. Dans les pages suivantes, nous vous proposons une présentation des quatre acteurs majeurs de l'industrie du cloud gaming, et vous constaterez qu'à chaque fois, même les petits français que nous sommes peuvent d'ores et déjà profiter de leurs services d'une manière ou d'une autre. De plus, différentes annonces concernant ces marques (rachat, partenariats...) se sont succédé ces derniers mois.

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Le 15 mai dernier, NVIDIA a ainsi annoncé le lancement de GeForce GRID, une plateforme dédiée au cloud gaming et aussitôt adoptée par Gaikai. Concrètement, cette nouveauté regroupe des GPU basés sur l'architecture Kepler et des logiciels dédiés au streaming. Gravés en 28 nm et conçus pour la virtualisation, les premiers réduisent la consommation électrique nécessaire pour faire tourner chaque jeu. Les seconds, épaulés par l'encodeur hardware intégré aux GPU, permettent de capturer et d'encoder le flux vidéo en 10 millisecondes, afin de réduire au maximum la latence côté serveur.

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L'engagement de NVIDIA dans la bataille est une preuve supplémentaire, s'il en fallait une, que le cloud gaming est une affaire sérieuse et que ses perspectives d'avenir sont grandes. D'ailleurs, l'arrivée du codec H.265 début 2013 pourrait bien résoudre une bonne partie des soucis de compression vidéo, tandis que le déploiement de la fibre optique minimisera à terme les problèmes de bande passante et de latence. Si la sauce prend auprès des joueurs, la multiplication de serveurs sur le territoire achèvera alors de rendre cette technologie accessible à tous. Tous les analystes s'accordent d'ailleurs pour dire que la "prochaine prochaine" génération de consoles (n+2) ne verra pas le jour sous forme de produits physiques. Quelles que soient les suppositions auxquelles on s'adonne, une chose est sûre : le ciel n'a jamais été aussi dégagé pour le cloud gaming.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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