Sonic Adventure DX

le 17 février 2004
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Le hérisson bleu, célèbre mascotte de Sega, a eu son heure de gloire avec la console MegaDrive. Le PC avait droit à de régulières adaptations mais depuis quelques années, Sega ne semblait plus s'intéresser qu'aux consoles avec la Dreamcast et plus récemment le GameCube. Aujourd'hui toutefois, Sega a décidé de renouer avec le PC que le roi des excès de vitesse avait laissé de côté depuis 1999 et la sortie de Sonic R.

Sur PC, les jeux de plate-formes ne sont pas vraiment légions. Le genre n'a certes jamais été des plus abondant surtout en comparaison de ce que l'on a pu trouver sur console mais depuis quelques années, les amateurs de ce style font carrément grise mine. Pensez donc que depuis l'excellent Rayman 3, c'est tout simplement le vide absolu. Un vide que Sonic Adventure DX est évidemment là pour combler. Hélas, si l'attente était de taille pour une telle icône du jeu vidéo, on ne peut pas dire que le résultat soit à la hauteur de nos espérances... On est même très loin du compte !


"Wrong disc" ?!



En règle générale, la phase d'installation d'un jeu ne mérite pas que l'on s'y attarde plus que ça. Dans le cas de Sonic Adventure DX cependant, je vais faire une exception tant ce préalable indispensable est symptomatique du manque de soin apporté au jeu. Tout d'abord et c'est une première surprise, Sonic Adventure DX n'est pas un "petit" soft. L'installation ne réclame rien de moins que 700 Mo sur le disque dur (1400 Mo pour l'installation complète) pour copier les fichiers des deux galettes que contient la boîte... Plutôt conséquent. Le pire restait toutefois à venir puisque cette première étape passée, il ne m'a tout simplement pas été possible de lancer le jeu qui n'arrêtait pas de demander d'insérer le bon disque dans le lecteur ! Après de multiples essais sur différentes configurations et différents lecteurs, il fallait se rendre à l'évidence : Sonic Adventure DX a été programmé avec les pieds et il n'y a actuellement d'autres solutions pour le faire fonctionner que d'utiliser les fameux "NoCD" pourtant tout à fait illégaux ! Il semblerait que Sega soit au courant du problème et qu'un patch soit en préparation pour remédier à cela. Toujours est-il que le jeu est en magasin depuis maintenant une dizaine de jours et que l'utilisateur lambda ne sera même pas en mesure de faire fonctionner sa dernière acquisition : tout simplement inadmissible ! Face à un tel bug, il ne me restait que deux alternatives : ou bien je renonçais à ce test et je maudissais le développeur et son éditeur pour ce manque évident de professionnalisme, ou bien au contraire je faisais moi-même preuve d'une conscience professionnelle sans égal et me lançait tant bien que mal dans un test qui ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices. "A Nerces vaillant, rien d'impossible" : vous connaissez mon sens du dévouement, du sacrifice (NDLR : à ce propos, mes 500€ ? Comment ça, non ?) et c'est donc à deux mains que je pris le courage nécessaire pour découvrir les nouvelles aventures du hérisson.

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"Hot town summer in the city. Back of my neck getting dirt and gritty. Been down, isn't it a pity. Doesn't seem to be a shadow in the city..." (c) Lovin' Spoonful


La bande à Sonic



Mon opiniâtreté allait pourtant se heurter à l'évidente mauvaise foi des développeurs et après le démarrage plus que chaotique du jeu, il faut en effet supporter une introduction franchement pas terrible. Elle présente une ville moderne tout à fait classique au beau milieu de la journée. Tout est normal quand, soudainement, des trombes d'eau jaillissent des bouches d'égouts et font voler en éclats les fenêtres des buildings environnants. La population est paniquée, les routes se disloquent sous la pression et une créature étrange prend forme au sommet d'un bâtiment. Ce cataclysme est en fait l'œuvre du Docteur Robotnik, l'ennemi juré de Sonic, qui a trouvé un allié de poids pour ses terribles desseins de domination du monde. L'introduction se termine avec l'arrivé de Sonic et de toute sa clique, bien décidée à stopper une nouvelle fois le grand malade de service. Le scénario n'est pas bien original et la mise en scène de l'introduction est loin d'être réussie. La résolution n'est pas franchement mauvaise, mais les couleurs sont assez mal choisies, les animations tout justes passables et la bande son est affreuse. Cette entrée en matière plus que moyenne laisse toutefois la place à bien pire. Dès l'apparition des premiers menus, on se rend compte de l'étendue des dégâts : l'interface est une catastrophe qui ne permet pas l'usage de la souris et les contrôles ne sont pas modifiables même en accédant au menu option. On se rend toutefois dans ce dernier menu car, surprise, le jeu est pour le moment en anglais. Le menu "langages" permet de choisir entre anglais et japonais pour les voix et parmi cinq sous-titres différents : anglais, japonais, allemand, français et espagnol.

Je sélectionne évidemment le français et, re-surprise, les textes restent en anglais ?! En réalité, ce changement de langue n'est opérationnel que pendant le jeu mais comme je suis magnanime, je vais mettre ce bug sur le dos du "NoCD" que j'ai utilisé. Revenons maintenant au jeu à proprement parler pour discuter des trois modes auxquels il est possible d'accéder : "adventure", "trial" et "mission". Sonic Adventure DX se base comme son nom l'indique sur le premier mode, le mode "adventure". En début de partie, il est le seul accessible et pourrait être comparé au mode "campagne" d'un jeu de stratégie temps réel par exemple. C'est ce mode qui nous permet de découvrir la suite de l'histoire et accessoirement de débloquer les "trial" et "mission" qui agissent donc comme des bonus destinés à prolonger la durée de vie. Le mode "adventure" reprend à l'identique le scénario déjà proposé il y a quatre ans avec la version Dreamcast. On y incarne tout d'abord ce bon vieux Sonic qui, au fur et à mesure de sa progression, débloque ses différents compagnons : Tails qui peut s'envoler grâce à ses deux queues (NDLR : de renard voyons, de renard), Knuckles et sa faculté de s'accrocher aux murs pour les escalader, Amy la fiancée autoproclamée de Sonic équipée de son marteau ainsi que Big, le gros des troupes avec sa canne à pêche, et E-102, un robot équipé de puissantes armes. Ces six personnages ont évidemment des attributs radicalement différents et, avec eux, les joueurs doivent apprendre de nouvelles façons de jouer. Il faut en outre savoir que selon le niveau on peut considérer que certains personnages sont plus adaptés que d'autres.

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Certains passages sont plus réussis que d'autres mais, dans l'ensemble, la réalisation est mauvaise


Bouh... Qu'il est laid !



Sonic Adventure DX est un jeu de plate-formes mais les développeurs ont visiblement tenu à le démarquer de la concurrence en lui ajoutant un petit côté "aventure" (NDLR : d'où le titre). Hélas c'est justement cet aspect supplémentaire qui plombe complètement un titre déjà pas forcément passionnant. La partie "aventure" se présente en effet sous la forme de trois grandes zones que l'on peut qualifier de "promenade" par opposition aux niveaux plus "action". Dans ces parties promenades, le joueur doit découvrir différents objets et les utiliser à bon escient pour ouvrir une porte ou accéder à un niveau particulier. Ces zones renferment également l'accès aux différents niveaux "action" et il faut donc systématiquement passer plusieurs dizaines de minutes dans ces zones avant de découvrir une nouvelle séquence "action". Le principe est à la base parfaitement stupide mais en plus il se trouve particulièrement énervant car cela oblige le joueur à des allers-retours perpétuels alors qu'il n'a qu'une envie : faire courir le petit Sonic ! Dernière chose tout de même à propos de ces promenades : c'est à partir de là que l'on accède aux Jardins de Chao. Ces niveaux spéciaux contiennent une sorte de tamagochi où il faut élever de petites bestioles. Ce concept n'est franchement pas à mon goût mais je ne doute pas qu'il trouvera son public. Bien que facultatif, ce tamagochi est tout de même l'occasion de récupérer des points destinés ensuite à débloquer certains bonus.

Après quelques minutes d'errance, le joueur finit tout de même par découvrir un niveau "action" et se dit alors qu'enfin le véritable jeu peut commencer. C'est patiellement vrai puisque la partie prend alors une dimension bien différente mais ce n'est tout de même pas le "panard". Il faut en effet savoir que l'intérêt des Sonic repose principalement sur la vitesse de l'action. Il s'agit bien sûr d'un jeu de plate-formes mais où tout va très, très vite : Sonic est une véritable bombe qui fonce dans tous les sens et à toute allure. Le problème qui se pose avec Sonic Adventure DX c'est que la réalisation technique ne se prête pas du tout à ce rythme effréné. Modernité oblige, les développeurs ont fait le choix de la 3D et c'est bien dommage car la caméra pose alors un problème réellement pénible. Elle a la fâcheuse habitude de tourner dans tous les sens et le joueur doit faire d'énormes efforts pour ne pas perdre le fil du jeu. Efforts qui ne sont pas simplifiés par des contrôles vraiment très limites : abandonnez l'idée de jouer au clavier ou à la souris (oui les développeurs ont prévu cette option !), ce n'est qu'avec un joypad que vous pourrez vraiment faire quelque chose... et encore !

Le pire est toutefois à venir puisque la réalisation graphique semble tout bonnement d'un autre temps. On reste évidemment loin de l'horreur d'un Rugby 2004 par exemple, mais les développeurs n'ont tout de même pas de quoi être fiers. La finesse du trait n'est pas le point le plus critiquable mais les textures ne profitent absolument pas des capacités de nos PC. On sent qu'il s'agit d'un bête portage d'une version déjà bien ancienne et aux décors pour le moins dépouillés succèdent des modélisations plus qu'approximatives (les passants dans la ville sont affreux). Alors que le monde de Sonic nous a habitué à des couleurs vives, chatoyantes, ici c'est surtout l'aspect criard de celles-ci qui saute au yeux. Le plus étonnant est que malgré cette simplicité graphique, le jeu n'est pas exempt de reproches au niveau de l'animation ou bien qu'un fort clipping est visible dans les niveaux les plus aériens. Pour ne rien arranger, la bande son est une calamité. Les bruitages semblent tout droits sortis de la console MegaDrive, les musiques sont abrutissantes et les voix anglaises passent complètement à côté de leur sujet. Le doublage japonais est un peu plus réussi mais il est de toute façon massacré par une localisation française pitoyable. Les fautes d'orthographe sont nombreuses mais, plus gênant, les fautes de style rendent les dialogues absolument ridicules !

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Les sous-titres vont de "maladroit" à "carrément indigne" avec des tournures que l'on jurerait issues d'un traducteur automatique


Conclusion



La célèbre mascotte de Sega est revenue sur PC et une chose est sure, on ne va pas en entendre parler bien longtemps. Alors qu'il aurait pu constituer un excellent divertissement dans un genre trop souvent délaissé par les développeurs, ce Sonic Adventure DX est un ratage presque complet. Les parties "aventure" n'apportent strictement rien au jeu et ne viennent que faire retomber un rythme que les phases "action" ont déjà du mal à mettre en place du fait d'une gestion plus que douteuse des caméras. La réalisation technique est à ce titre catastrophique. Les développeurs n'ont pas pris le temps d'exploiter la puissance des PC et on reste évidemment très loin d'un Rayman 3 par exemple. Ce n'est de toute façon par surprenant lorsque l'on regarde le soin apporté à ce Sonic Adventure DX. Qu'il s'agisse de l'énorme bug de reconnaissance CD ou bien de la localisation scandaleuse, il apparaît très clairement que le titre a été édité sans aucun professionnalisme.

Alors il est vrai que les aficionados de Sonic en manque de jeux pourraient trouver un certain intérêt à ce titre. Il est également vrai que les contrôles bien assimilés et avec un peu d'habitude on peut trouver un certain plaisir avec les phases "action", mais il faut être honnête, le public potentiel reste très restreint... Allez donc acheter Rayman 3 ou découvrez un genre pas si éloigné avec Beyond Good & Evil : c'est quand même autre chose !


Sonic Adventure DX

Les plus
+ C'est Sonic !
+ Vitesse et rythme des phases action
Les moins
- Enorme bug de reconnaissance des CD
- Graphisme plus que moyen
- Gestion douteuse des caméras, du clavier
- Localisation pitoyable
Note globale
Réalisation
Prise en main
Durée de vie
1


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Modifié le 20/09/2018 à 15h35
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