Rainbow Six : Raven Shield

Par
Le 27 mars 2003
 0
00d2000000057286-photo-raven-shield-ecran-d-acceuil.jpg
Red Storm continue de "surfer" sur la vague des Tom Clancy... : après le très bon Ghost Recon et son extension un peu légère Desert Siege, le développeur nous propose une suite à la longue, très longue série des Rainbow Six. Le dernier épisode en date, Rogue Spear : Black Thorn, étant une vraie déception, techniquement dépassé et ne proposant rien de nouveau, l'équipe de développement se devait de mettre, cette fois-ci, le paquet.

Pour ceux à qui Rainbow Six ne dit vraiment rien, nous allons voir ce qui fait la spécificité de la série. Assez éloigné des FPS bourrins qui seraient presque notre lot commun mensuel, Raven Shield nous propose, à la manière des précédents opus, de prendre le contrôle d'une escouade anti-terroriste composée de une à trois équipes, chacune comprenant un à trois agents.


Sélection... Planification... Action !!!


La prise en main d'une mission se déroule selon trois phases. Tout débute par le choix des membres de l'équipe d'intervention. Chacun d'eux possède ses spécificités, cela va du sniper expert en dessoudage à distance au pro de la démolition, en passant par le spécialiste du camouflage et de la reconnaissance pour finir sur le "vulgaire" homme d'assaut (un peu le bon à tout faire). Libre au joueur de ne se constituer qu'une seule équipe de tueurs ou bien de répartir ses effectifs en fonction des spécialités afin d'opérer sur plusieurs fronts simultanément comme nous le verrons par la suite. Les hommes sortis vivants d'une mission acquiert des points d'expérience et peuvent être enrôlés de nouveau pour la suivante.

00d2000000057287-photo-raven-shield-briefing.jpg
00d2000000057288-photo-raven-shield-planification.jpg
00d2000000057289-photo-raven-shield-s-curisation.jpg

Du briefing à l'action en passant par la planification

La seconde phase sert à planifier l'évolution de l'équipe d'intervention sur le théâtre d'opération. Pour cela, on dispose d'une carte en deux dimensions sur laquelle on place les points de passage pour chaque équipe (rouge, verte et or). Les maps n'étant pas forcément sur un seul niveau, il faudra bénéficier d'une bonne vision dans l'espace pour établir un plan de déplacement qui tienne la route. Les trois équipes peuvent être "synchronisées" par l'intermédiaire de codes de pour entrer simultanément dans une pièce par exemple. Lorsque l'une d'elle arrive à un checkpoint, elle attendra patiemment que les suivantes rejoignent le leur avant de poursuivre toute évolution.
Les joueurs les plus portés sur l'action pourront "zapper" ces deux phases en chargeant l'un des deux "plans types" proposés. L'un orienté purement action avec en général une équipe d'intervention unique, l'autre plus orienté "coordination" qui exploitera au maximum les synchronisations et soutiens entre équipes.

La dernière phase concerne bien entendu l'action proprement dite dans laquelle on se retrouve dans un décor en 3D comme dans tout bon shoot qui se respecte. Les équipes sont lancées sur le terrain et vous prenez le contrôle d'un des hommes avec la possibilité à tout moment d'en changer. Comme la belle théorie de la phase de planification ne se déroule généralement pas comme prévu, il sera possible de stopper la progression ou bien de modifier le cheminement de l'équipe dans laquelle vous vous trouvez. Pour cela, les développeurs ont mis en oeuvre un système assez bien pensé puisqu'il suffit de pointer un endroit de la vue 3D avec votre viseur, pour inviter vos coéquipiers à exécuter un ordre (se déplacer, ouvrir un porte et le cas échéant lancer une grenade ou la sécuriser, prendre en charge un otage...). Il est par contre difficile, voire impossible, comme on pouvait le faire dans un Ghost Recon de séparer les hommes d'une même équipe et d'avancer chacun d'eux petit à petit, ceux-ci seront toujours plus ou moins groupés, se protégeant les uns les autres.

00d2000000057290-photo-raven-shield-entr-e-dans-l-entrep-t.jpg
Les développeurs, soucieux de s'adapter à tous types de joueurs, ont inclu la possibilité d'utiliser à tout moment une visée automatique dont la précision est réglable sur quatre niveaux. Les joueurs les plus réfractaires à l'action choisiront la puissance maximale dans laquelle il suffira de cliquer à n'importe quel endroit de l'écran pour faire un "headshot" sur un terroriste. Que les "pro-action" se rassurent, l'inverse existe également avec la désactivation complète de l'assistance. Si on ajoute à cela les trois niveaux de difficulté proposés par le jeu, on obtient une vaste plage de joueurs potentiels.

Au chapitre des idées sympathiques, on notera la possibilité d'ouvrir progressivement une porte avec la molette de la souris, il ne me semble pas avoir vu cela ailleurs. Nos petits soldats disposent bien entendu d'un équipement qui n'a rien à envier à celui de l'armée américaine (lunettes infrarouge, grenades fumigènes, explosives ou à gaz) complété par la panoplie de fusils nécessaires à ce type d'intervention. Les premiers temps ne sont pas franchement évidents et il faudra se faire aux nombreuses touches qui permettent le contrôle du joueur et des équipes (une quinzaine au total). Un tutorial est heureusement là pour prendre le joueur par la main dans une dizaine d'exercices.


Un multijoueur qui vient taquiner le grand Counter-Strike


Bien qu'une inscription préalable sur le site Ubi.com soit indispensable pour jouer en ligne, le développeur a pris le soin d'inclure dans le jeu lui-même un outil d'accès direct aux serveurs Raven Shield. L'interface est assez classique et on apprécie les possibilités de filtrage importantes : suppression des serveurs pleins ou vides, affichage des serveurs disposant d'un ping maximum, serveur dédiés ou non protégés... Ne manque que la possibilité de filtrer suivant la langue pour parfaire le tout.

00d2000000057291-photo-raven-shield-browser-int-gr.jpg
00d2000000057292-photo-raven-shield-en-multi-le-soutien-est-obligatoire.jpg
00d2000000057293-photo-raven-shield-une-embuscade-en-multi.jpg

Un multijoueur clairement orienté sur le teamplay

Le gameplay se rapproche bien entendu d'un Counter-Strike, les thèmes étant similaires, à ceci prêt que la tactique et le soutien sont ici beaucoup plus importants. Dans Raven Shield, une simple balle, pas forcément en pleine tête, peut suffire à donner la mort. Les bourrins adeptes du rush en solo risquent d'être rapidement remis à leur place. Les map, peu nombreuses (on en compte six livrées avec le jeu) mais très différentes aussi bien dans leur conception que dans leurs textures, peuvent être jouées en mode affrontement ou collaboratif.

Les types de jeux "chasse aux terroristes", "survie" et "survie par équipe", ne sont pas sans rappeler les classiques "assault", "deathmatch" et "team deathmatch" présents dans les jeux du genre. Par contre, l'éditeur a eu la facheuse idée d'imposer un CD du jeu par joueur lorsque l'on s'adonne au jeu en réseau local. Le simple fait d'éjecter le CD éjecte du même coup le joueur du jeu. Méthode trop souvent employée par les éditeurs et tout à fait regrettable !


Conclusion


00d2000000057294-photo-raven-shield-sauvegarde-des-otages.jpg
S'appuyant fortement sur le moteur de jeu de Ghost Recon (la ressemblance est assez frappante et plusieurs principes lui sont repris), Red Storm redonne un sérieux coup de jeune à la série des Rainbow Six. On apprécie particulièrement le travail de l'éditeur pour s'adapter à une vaste communauté de joueurs : du fanatique de l'action pure au joueur plus porté sur la planification et la simulation. Les sensations sont belles et bien présentes et il faut avoir refait plusieurs fois une mission suite à un échec pour comprendre que les dernières secondes voient se succéder poussées d'adrénaline, battements de coeur et joie intense... ou rancoeur (selon le dénouement).

Le choix de l'éditeur de ne pas permettre la sauvegarde en cours de mission est à ce titre et à notre avis excellent. Côté technique, Raven Shield ne s'élève pas au niveau d'un Unreal 2, porté en référence dans le domaine, mais surpasse largement le vieillissant Counter-Strike. Les designers n'ont pas chômés non plus et les maps solo et multijoueurs sont aussi diversifiées sur la forme (les textures) que sur le fond (les lieux).

Quelques points négatifs viennent toutefois entacher ce beau portrait : le pathfinding est parfois défaillant et le jeu en réseau est pénalisé par un netcode trop dépendant du ping (à plus de 150 de ping, le jeu en devient presque injouable). Les adeptes de Ghost Recon et plus généralement des jeux du genre vont adorer, les Counter-strikers ferraient bien de se pencher sur ce nouveau challenger à leur bébé.


Rainbow Six : Raven Shield

Les plus
+ Un gameplay qui tient bien la route
+ Jeu adapté à un grand nombre de joueurs
+ Décors et missions variées
+ Durée de vie importante
Les moins
- Pathfinding des coéquipiers parfois léger
- Une licence obligatoire par joueur en LAN
Note globale
Réalisation
Prise en main
Durée de vie
3
Modifié le 19/09/2018 à 16h43

Les dernières actualités

scroll top