À court d'argent, les développeurs de Pegasus auraient voulu vendre leur logiciel espion

Mathieu Grumiaux
Par Mathieu Grumiaux, Expert maison connectée.
Publié le 02 juin 2022 à 15h25
Pegasus

Confronté à des dettes importantes, le dirigeant de NSO Group aurait souhaité vendre Pegasus à des sociétés classées « à risque ».

Le logiciel Pegasus a fait la une de l'actualité ces derniers mois, suite à l'espionnage des communications de nombreuses personnalités politiques.

Le programme espion Pegasus proposé à des États et des entreprises aux intentions douteuses

Ce programme, développé par la société israélienne NSO Group, est utilisé par quarante États dans le monde. L'entreprise indique que Pegasus ne sert qu'à la surveillance d'individus suspectés d'activité terroriste mais de nombreux scandales ont éclaté ces derniers mois et ont montré que le logiciel avait servi à espionner des femmes et hommes politiques mais aussi des journalistes. Près de 50 000 numéros de téléphone et autant d'individus seraient concernés.

Pas plus tard qu'en mai 2022, on apprenait d'ailleurs que Pegasus avait été utilisé pour infiltrer le smartphone du premier ministre espagnol Pedro Sanchez au printemps 2021. Les services secrets espagnols se sont également servis du logiciel pour surveiller des indépendantistes catalans.

Un nouveau rapport indique aujourd'hui que Shalev Hulio, le P.-D.G. de NSO Group, a lui aussi flirté avec la ligne jaune en proposant de vendre Pegasus à n'importe quelle entreprise, même considérée à risque par ses services, peu importe les conséquences.

NSO Group traverse d'importantes difficultés financières et cherche à poursuivre ses activités

En 2021, NSO Group s'est retrouvée en difficulté financière et a été confrontée au remboursement d'une importante dette mais aussi au paiement des salaires de ses employés. C'est dans ce contexte que Shalev Hulio a émis l'hypothèse de passer outre sa liste de clients à risque pour faire entrer rapidement des liquidités dans les comptes de ses sociétés.

La société indépendante Berkeley Research Group, qui représentait une partie des investisseurs de NSO Group, a finalement mis son veto devant une telle idée et a débloqué un nouveau prêt de 10 millions de dollars pour la poursuite de l'activité de l'entreprise.

Les difficultés sont pourtant réelles pour la société, notamment avec le procès intenté par Apple en novembre 2021. NSO Group a failli mettre fin au logiciel Pegasus mais réfléchit aujourd'hui à un nouveau plan d'action, qui consisterait à séparer l'entreprise en deux entités distinctes, une pour le développement de Pegasus qui regrouperait les ingénieurs de la société, et l'autre destinée à sa commercialisation.

NSO Groupe tente également de sortir de la liste noire américaine, qui lui interdit de vendre Pegasus à des entreprises établies sur le sol américain.

Source : Apple Insider

Mathieu Grumiaux
Par Mathieu Grumiaux
Expert maison connectée

Grand maître des aspirateurs robots et de la domotique qui vit dans une "maison du futur". J'aime aussi parler films et séries sur les internets. Éternel padawan, curieux de tout ce qui concerne les nouvelles technologies.

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Commentaires (5)
Bombing_Basta

Je suis sûr que le nouveau cambridge analytica (Emerdata Limited) serait intéressé…


[semi]Blague à part il serait urgent d’agir contre Israël, car il ne fait aucun doute que l’état de ce pays, d’une autoritarité débordante (exemple parmi tant d’autres), est partie prenante dans cette boite qui vend des armes numériques.

Le même traitement que pour la Russie…

clubic_er

Que veux-tu faire concrètement pour « d’agir contre Israël » niveau moyen d’action tu es assez limité et sur le fond je pense que c’est l’arbre qui cache la forêt
Même si différent pays utilisent cette solution, rien ne dit que ce n’est pas de l’intelligence économique, et que des pays du G20 ne disposent pas d’outils similaires voir bien plus problématique sans que se soit connu du grand public.
Le monde est complexe et le combattre est illusoire, il convient sans doute d’essayer de s’y adapter au mieux.

Bombing_Basta

Agir sur le plan économique, simplement.

Mais bon, vu qu’on est pas foutus de le faire avec la Chine, à commencer par arrêter de les engraisser avec nos industries délocalisées, je ne me fais pas d’illusion en ce qui concerne un pays « amis »…

Et pour aller dans ton sens, je suis tout aussi critique avec le fait que la France a vendu une arme numérique à des dictatures (Lybie de Kadafi, juste avant de le tuer… Ou Egypte de Sisi), via une entreprise similaire (amesys).

M’enfin la France n’est pas (plus) au même niveau qu’Israel en ce qui concerne la colonisation forcée, l’appropriation illégale de terres, et la ségrégation raciale…

Belgarath

Nso Group, ils bougent encore ceux-là ? Ils ne sont pas encore en taule ? :grin:

pecore

C’est reculer pour mieux sauter, à la prochaine difficulté la question se reposera et cette fois si il n’y aura peut être personne pour mettre un veto. Mieux encore, si la société se retrouve acculée à la faillite, certains décideurs pourraient vouloir faire un gros coup en vendant à tous les clients blacklistés avant de se barrer avec la caisse.