Mozilla lance aujourd'hui Firefox Enterprise, une version de son navigateur pensée pour les organisations, avec une console de gestion qu'elles hébergent elles-mêmes. Et puisqu'il s'agit d'apporter un peu de souveraineté, le déploiement démarre en Europe.

Firefox Enterprise

Dans une entreprise, le navigateur sert à tout : applications métier, connexion aux comptes, fichiers, outils d'IA. Mozilla estime que cette couche reste mal contrôlée et veut redonner la main aux équipes informatiques pour limiter leur dépendance à un seul fournisseur.

Console sur site, moteur Gecko : ce que change Firefox Enterprise

Firefox Enterprise s'accompagne d'une console de gestion que l'organisation installe sur sa propre infrastructure ("on-premise", en jargon). Les équipes informatiques y fixent les règles d'accès et encadrent les données qui transitent par le navigateur. Mozilla cite notamment une protection contre les fuites de données (DLP), laquelle avertit ou bloque certaines actions selon le site visité. Notons aussi un contrôle des connexions externes et de la télémétrie, une gestion des extensions et un "Lockdown Mode" pour durcir la navigation sensible. Les salariés, les prestataires et les appareils personnels accèdent aux applications internes via leur identité, sans infrastructure d'accès à distance classique.

Bien évidemment, l'IA dispose, elle aussi, de réglages. L'administrateur peut autoriser, limiter ou désactiver les outils. Lors de la sortie de Firefox 148, nous rapportions que la version grand public avait reçu un interrupteur pour couper d'un coup les chatbots de la barre latérale, la traduction, les aperçus de liens par IA et les suggestions de groupes d'onglets. Dans la version entreprise, cette décision revient à l'administrateur.

Mozilla Firefox
  • 100 % développé en interne
  • Fiable, efficace et stable
  • Fonctionnalités d'optimisation de l'interface et de l'expérience utilisateur
8.7 / 10

Firefox repose sur Gecko, son propre moteur de rendu, le composant qui lit le code d'une page pour l'afficher. À ce jour, c'est le seul moteur majeur développé en dehors de Google et d'Apple. Pour Mozilla, si tout un parc informatique s'appuie sur la même technologie, une panne ou un changement de cap du fournisseur touche tout le monde. Pour Anthony Enzor-DeMeo, PDG de Mozilla, le choix "n'est qu'une illusion" quand toutes les options reposent sur la même base, et le contrôle aussi.

L'outil doit s'intégrer à l'existant. Le fournisseur d'identité, le SIEM (qui centralise les journaux de sécurité) et le MDM (la gestion des appareils) restent en place, et le navigateur envoie ses événements et ses journaux d'audit au SIEM. Le support professionnel est inclus, avec un triage privé et des délais de réponse définis. Mozilla vise d'abord la France, l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse, d'autres marchés suivront ensuite. Firefox revendique environ 200 millions d'utilisateurs par mois et un déploiement dans des milliers d'organisations. Thunderbird Enterprise, en développement, appliquera la même approche à la messagerie, à l'agenda et aux contacts.

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