Dossier : les kits watercooling

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Le 05 mars 2004
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Autrefois réservés aux systèmes informatiques imposant placés en milieu industriel, la technologie de refroidissement à eau, plus communément appelée watercooling est débarquée dans le monde des PC de bureau il y a quelques années déjà. Cette technologie était alors dédiée aux utilisateurs très exigeants qui expérimentaient « l'overclocking extrême ». L'emploi d'un système watercooling demandait en effet une excellente connaissance du milieu puisque les éléments nécessaires pour mettre au point un tel système étaient vendus séparément et n'étaient pas forcément compatibles / adaptés les uns avec les autres. De plus, ces différentes pièces étaient vendues à des prix particulièrement élevés.

Aujourd'hui la situation a changé et le watercooling tend désormais à se tourner vers le grand public avec l'arrivée de kits « tout compris et prêt à l'emploi » proposés par des fabricants connus comme GlobalWin, Thermaltake, Evercool ou Corsair. Nous avons donc profité de l'arrivée de ces nouveaux kits pour vous proposer ce dossier complet dédié au watercooling. Dossier dans lequel nous allons dans un premier temps exposer le principe et les objectifs de cette technologie, avant de passer au crible quelqu'uns des kits les plus représentatifs.


Des Processeurs de plus en plus puissants, mais qui chauffent de plus en plus ...


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Depuis l'avènement de l'informatique, le processeur, toujours considéré comme la pièce maîtresse de nos chères machines, a beaucoup évolué. Les modèles et architectures se sont succédés en respectant la fameuse loi de Moore. Enoncée par le cofondateur d'Intel, elle stipule que le nombre de transistors contenus dans les processeurs double tous les 18 - 24 mois. La loi édictée par Gordon Moore suffit à elle seule à comprendre les problèmes « de chauffe » auxquels se heurtent actuellement les fabricants de processeurs. En effet, à l'époque que certains qualifient de « préhistoire de l'informatique » des processeurs à l'architecture simple tels que les 8088, 80286 ou encore les 80386 ne nécessitaient aucun système de refroidissement, la température de l'air ambiant suffisait à leur faire garder une température de fonctionnement correcte.

Le problème s'est toutefois complexifié avec l'arrivée de processeurs de plus en plus riches et de plus en plus puissants. C'est ainsi que les processeurs 80486 et autres Pentium ont été obligatoirement associés à des radiateurs. Ces blocs d'aluminium qui sont en contact direct avec le processeur permettent principalement de répartir la chaleur dégagée par les 80486 / Pentium sur une plus grande surface. Ces solutions de refroidissement passives et complètement silencieuses ont été rapidement agrémentées d'un ventilateur afin de dégager plus rapidement la chaleur emmagasinée dans le radiateur. Le lancement des processeurs récents, Athlon, Pentium 3, Pentium 4, a souvent été accompagné d'une modernisation du couple « radiateur / ventilateur ». Parmi ces évolutions on peut citer l'arrivée des inserts en cuivre dans les radiateurs pour améliorer la conductivité, la multiplication des ailettes du radiateur ou encore l'augmentation pure et simple de la vitesse de rotation des ventilateurs.

Ces innovations ont été nécessaires et sont vite devenues indispensables pour la bonne et raison que, contrairement à ce que peuvent faire croire certaines idées reçues, les nouvelles générations de processeurs chauffent davantage. Malgré une finesse de gravure toujours plus évoluée, l'intégration de fonctions de plus en plus complexes implique la multiplication des transistors. Ajoutons à cela une augmentation de la fréquence de fonctionnement de ces petites bêtes et vous comprendrez rapidement que les processeurs dissipent de plus en plus de chaleur. L'arrivée du nouveau processeur d'Intel connu sous le nom de code « Prescott » (ou Pentium 4E) en est un excellent exemple.

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Le Prescott n'est qu'un Pentium 4 amélioré. Gravé en 0.09 micron, il dégage pourtant plus de chaleur que les Pentium 4 tels que nous les connaissons aujourd'hui et cela pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce qu'Intel a profité de la sortie de ce nouveau processeur pour intégrer une série de nouvelles instructions. En outre, le fondeur va très rapidement atteindre avec le Prescott des fréquences de fonctionnement bien supérieures à celles des autres Pentium 4 (2.8, 3.0 et 3.2 GHz dans un premier temps, mais très vite 3.4 GHz et jusqu'à 4.0 GHz). Enfin, le Prescott intègre une mémoire cache deux fois plus importante que celle des « anciens » Pentium 4 (1024 Ko contre 512 Ko). Dès lors la température interne du Prescott est telle qu'Intel a dû mettre au point une nouvelle génération de ventilateur / radiateur très imposant (voir photo) pour garantir le bon fonctionnement de son nouveau processeur.

Face à cet exemple concret, on comprend facilement pourquoi les systèmes watercooling sont loin d'être des solutions de refroidissement farfelues pour les PC d'aujourd'hui et ceux de demain. Mais à propos de waterCooling, quels sont les avantages de ces systèmes et en quoi sont-ils plus efficaces que le classique couple radiateur / ventilateur ? C'est justement la question à laquelle nous allons répondre dans la prochaine partie de notre dossier !
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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