En marge de l'annonce de la nouvelle version de Copilot par Satya Nadella, un salarié de Microsoft a répondu à ceux qui doutent de son utilité. Selon Nicolas Bustamante, l'assistant est bel et bien largement utilisé dans les grandes entreprises, loin de l'image qu'on s'en fait sur les réseaux sociaux.
La pique est venue d'un ingénieur, lequel a interpellé le PDG de Microsoft Satya Nadella en lui demandant publiquement si réellement quelqu'un utilisait vraiment Copilot. Pour Bustamante la mauvaise image de Copilot vient surtout d'une bulle tech de la Silicon Valley.
La confidentialité, argument avancé par Microsoft
Arrivé chez Microsoft après le rachat de sa startup Fintool en avril 2026, Bustamante affirme qu'il y a plus de 30 millions de souscriptions payantes pour Microsoft 365 Copilot. Mais il reconnaît qu'avant de rejoindre l'entreprise, il ne connaissait qu'une poignée d'utilisateurs de Copilot, tous dans des startups de moins de 5 000 salariés. Selon lui, cela fausse la perception du produit sur les réseaux sociaux.
Il affirme que les grandes entreprises n'ont pas les mêmes attentes qu'un développeur de startup. Elles veulent une IA capable de s'appuyer sur leurs données existantes tout en respectant leurs règles de confidentialité et de conformité, parfois dans plusieurs pays à la fois. Cette contrainte est encore plus forte pour les administrations et les secteurs régulés. Concrètement, il s'agit de contrôler qui accède à quelles données et de cocher les bonnes cases réglementaires, plutôt que de se contenter de répondre à des questions comme un chatbot classique. Bustamante dit lui-même utiliser Copilot CLI pour coder, avec accès à des modèles de Gemini, OpenAI, xAI et Anthropic selon les droits de son organisation, et Copilot Cowork pour ses échanges courants.
Reste qu'un abonnement payant ne veut pas dire que l'outil est bien utilisé. Nous rapportions en avril un taux d'adoption de seulement 3,3% chez les abonnés Microsoft 365 payant pour Copilot. Windows Latest, qui a repris l'échange, rappelle avoir chiffré en juillet l'adoption de Microsoft 365 Copilot à moins de 4,5% après trois ans, avec seulement 1% d'utilisateurs actifs chaque semaine. Dans les réponses sous le message de Bustamante, plusieurs employés racontent payer pour une licence qu'ils n'ouvrent jamais, ou comparent Copilot à Teams, c'est-à-dire un outil imposé par les contrats d'entreprise plutôt que choisi par ses utilisateurs.
Il faut dire que l'image de Copilot n'aide pas non plus. Sa consommation de RAM est passée de moins de 100 Mo à 1 Go au repos depuis qu'une copie complète du navigateur Edge y a été ajoutée en avril. L'outil a été poussé (forcé ?) dans presque toutes les fonctions de Windows 11 en 2025, avant d'être retiré du Bloc-notes et de l'Outil Capture en 2026. La nouvelle version de Copilot, avec ses modules Home, Code et Autopilot et l'intégration de Word, Excel et PowerPoint, doit maintenant convaincre au-delà des grandes entreprises déjà acquises.