Samsung Heavy Industries a dévoilé une barge conçue pour héberger un centre de données en pleine mer. Le chantier naval sud-coréen développe ce projet avec l’armateur grec Capital et le classificateur britannique Lloyd’s Register, car les data centers terrestres manquent de terrains et d’électricité disponibles dans plusieurs pays.

Samsung Heavy Industries prévoit d'achever ce projet en deux ans, avant de le commercialiser d'ici au deuxième trimestre 2028 - ©Piotr Swat / Shutterstock
Samsung Heavy Industries prévoit d'achever ce projet en deux ans, avant de le commercialiser d'ici au deuxième trimestre 2028 - ©Piotr Swat / Shutterstock

La salle de serveurs occupera l’intérieur de la coque, aux côtés des équipements électriques et mécaniques, selon les plans décrits par Samsung Heavy Industries. Le bâtiment fonctionnera grâce à un générateur embarqué et des cuves de gaz naturel liquéfié, car la barge devra produire une partie de son énergie à bord. Samsung Heavy Industries a toutefois choisi un modèle dit nearshore plutôt qu’un modèle offshore autonome. La structure sera amarrée près du littoral et puisera, de ce fait, son électricité dans le réseau terrestre existant. Samsung Heavy Industries prévoit d’achever ce projet en deux ans, avant de le commercialiser d’ici au deuxième trimestre 2028.

Lloyd’s Register certifiera la coque et l’alimentation électrique de la barge

En Grèce, Samsung Heavy Industries a signé un protocole d’accord avec l’armateur grec Capital et le classificateur britannique Lloyd’s Register. Le chantier naval prendra en charge le développement technique et la construction, pendant que Capital recherchera des projets et apportera les financements. Lloyd's Register accompagnera, pour sa part, la mise en place de règles et de normes propres aux data centers flottants, une première pour le classificateur.

Sur la partie technique, Samsung devra résoudre le problème de la corrosion des métaux par le sel marin qui corrode les métaux et de l'humidité qui menace les composants électroniques. Il devra également tenir compte des mouvements de marée pour le calcul de stabilité de la structure. Enfin, pour alimenter un tel équipement, les premières esquisses du projet avaient envisagé des piles à combustible alimentées au gaz naturel liquéfié, ou des panneaux solaires et des éoliennes embarqués, pour une production d’énergie totalement autonome. Samsung Heavy Industries a finalement écarté cette option au profit du raccordement au réseau terrestre.

Selon le cabinet Moody's les investissement mondiaux qui seront consacrés aux infrastructures de data centers liés à l'IA, celle-ci comprise, s'élèvent à près de 2 630 milliards d'euros, d'ici 2030 - ©SHI
Selon le cabinet Moody's les investissement mondiaux qui seront consacrés aux infrastructures de data centers liés à l'IA, celle-ci comprise, s'élèvent à près de 2 630 milliards d'euros, d'ici 2030 - ©SHI

En Corée, construire un data center terrestre coûte déjà cher

Yoo Jae-sun, chercheur chez Hana Securities, a chiffré le coût de construction d’un data center terrestre en Corée à entre 4,6 et 5,8 millions d’euros par mégawatt. L’analyste anticipe des commandes en série pour Samsung Heavy Industries, car la rentabilité par navire pourrait dépasser celle des cargos marchands classiques. Selon le cabinet Moody's, les investissements mondiaux qui seront consacrés aux infrastructures de data centers liés à l’IA, celle-ci comprise, s’élèvent à près de 2 630 milliards d’euros, d’ici 2030.

À Goyang, près de Séoul, des banques sud-coréennes, dont la Korea Development Bank et Woori Bank, ont apporté plus de 630 millions d'euros de financement à un data center terrestre. Naver Cloud loue déjà cet espace pour dix ans, par l’intermédiaire de LG CNS.

Par ailleurs, d’autres groupes tentent une résolution différente du même problème. Panthalassa, une start-up soutenue par l’investisseur Peter Thiel, développe des nœuds flottants alimentés par les vagues au large des côtes américaines, sans aucun raccordement à un réseau terrestre. Microsoft avait tenté, avant eux, un module immergé et scellé, sans accès direct à la maintenance humaine. Le groupe a abandonné les développements commerciaux de ce programme, baptisé Natick, après des essais menés en Écosse et en Californie.

Source : TechRadar