Google a confirmé l'arrivée de Chrome sur les machines Linux équipées de processeurs ARM64. Cette édition est prévue pour le deuxième trimestre 2026.

Oui, Chrome est disponible sur Linux depuis des années. Oui, Chrome est disponible sur les architectures ARM. Et pourtant, le navigateur de Google n'a jamais été officiellement proposé pour les machines Linux équipées d'une puce ARM. Les utilisateurs étaient jusqu'ici cantonnés à Chromium, la version open source du navigateur, laquelle fait l'impasse sur l'ensemble des fonctionnalités propriétaires de Google.
Chrome finalise sa migration sur ARM
Chromium, le socle open source sur lequel Google a construit Chrome, ne comprend pas les composants propriétaires de l'entreprise. D'ailleurs, la synchronisation des comptes Google a été retirée dès 2021. Avec une version native de Chrome pour ARM64 Linux, les utilisateurs accéderont à Google Pay, aux protections renforcées du Safe Browsing et aux intégrations d'intelligence artificielle via Gemini.
L'absence de Chrome sur cette architecture est d'autant plus frappante que le navigateur tourne sans problème sur les Chromebooks ARM depuis des années. Cependant, ces machines fonctionnent sous ChromeOS, le système maison de Google, optimisé nativement pour ses propres puces. Les distributions Linux classiques comme Ubuntu ou Fedora, elles, n'ont jamais bénéficié du même traitement.
Ce portage vient donc s'ajouter aux précédents efforts de Google sur les puces ARM. Chrome a d'abord été adapté pour macOS Apple Silicon en novembre 2020, lors du lancement de la puce M1. Le support de Windows on ARM a suivi en 2024. Sur Linux, les utilisateurs pourront télécharger Chrome depuis le site officiel sous forme de paquets DEB (distributions basées sur Debian, dont Ubuntu) ou RPM (distributions basées sur Red Hat, comme Fedora).
Bientôt l'arrivée de Widevine ?
Au-delà des fonctionnalités Google, l'arrivée de Chrome devrait apporter avec elle le support de Widevine - le module de gestion des DRM utilisé par Netflix, Spotify ou Amazon Prime Video pour protéger leurs contenus. Ce module est un composant propriétaire de Google, distribué exclusivement avec Chrome. Et jusqu'ici aucun binaire natif ARM64 pour Linux n'existait. Résultat : un utilisateur sous Ubuntu ou Fedora sur puce ARM ne pouvait tout simplement pas regarder Netflix dans son navigateur, faute de DRM fonctionnel.
Firefox est bien disponible nativement sur ARM64 Linux, mais faire fonctionner Widevine relevait du bricolage : il faut extraire manuellement le module depuis une image ChromeOS et le forcer dans le répertoire du navigateur. Pour l'ergonomie, on repassera. Brave et Vivaldi, tous deux basés sur Chromium, étaient également présents sur cette architecture, mais se heurtaient au même problème : sans binaire ARM64 officiel de Widevine fourni par Google, le streaming DRM restait au mieux laborieux à activer, au pire inaccessible.
Les machines compatibles incluent notamment les Raspberry Pi et les laptops équipés de puces Snapdragon X Elite. Google annonce par ailleurs un partenariat avec NVIDIA autour du DGX Spark, un poste de travail compact dédié à l'intelligence artificielle. La machine tourne sous DGX OS, une version d'Ubuntu personnalisée par NVIDIA. Chrome pourra y être installé directement depuis le gestionnaire de paquets du fabricant.

- Vitesse de navigation imbattable
- Écosystème d'extensions très riche
- Synchronisation multi-appareils fluide