Ricoh WG-4 GPS : le plus racé des compacts étanches

Aurélien Audy
10 juin 2014 à 17h54
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Ricoh WG-4 GPS : le plus racé des compacts étanches

Devenue Ricoh depuis le 1er août 2013, après le rachat de Pentax en 2011, la gamme de compacts étanches conserve tous les traits de sa famille d'origine. Design racé pour les sports de préférence extrêmes, forme allongée, et batterie complète d'instruments de mesures géo et barométriques, le WG-4 GPS dissimule mal ses aspirations. De quoi inquiéter la concurrence ?

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Le Ricoh WG-4 GPS

Prise en mains et ergonomie

Le WG-4 GPS s'inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Un peu trop même, puisqu'il est strictement identique au WG-3 GPS, sorti en 2013, juste avant la décision actée par le groupe de faire passer tous les compacts Pentax sous le pavillon Ricoh. Eh oui, entre les deux, seule la marque change ! L'appareil est celui qui ressemble le plus à quelque chose d'indestructible : très dense, moulé dans un plastique ultra rigide avec texture martelée, et doté de multiples aspérités qui procurent une bonne prise en main. Petit détail intéressant : Ricoh a positionné quatre picots qui dépassent l'écran et lui évitent donc d'être en contact direct avec la surface sur laquelle on pose l'appareil. Côté commandes, c'est assez chargé, mais elles sont suffisamment grosses et espacées. Et on pardonne le nombre quand on réalise que la touche verte, héritage de Pentax (tout automatique en un clic), peut être personnalisée pour paramétrer des raccourcis utiles.

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Ricoh a conservé le système de fermeture maison avec deux loquets perpendiculaires, l'un pour le verrouillage, l'autre pour l'ouverture. Le joint est épais, c'est rassurant. Le WG-4 GPS résiste à une immersion à 14 m. Notez en revanche le positionnement totalement excentré de la fixation trépied : une erreur grossière puisqu'une fois l'attache serrée, l'appareil s'incline. Et le niveau électronique s'affole...

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Trappe étanche


L'écran est assez similaire à celui de l'Olympus TG-850 iHS : 3 pouces, 460 000 pixels au ratio 16/9. Ce décalage entre le capteur 4/3 et l'écran produit le même inconfort. Sauf que là, il y a en plus des reflets d'écran qui viennent gâcher la visibilité en plein soleil, en dépit d'une bonne luminosité. Ricoh se rattrape avec son petit afficheur à quartz en façade, qui donne l'heure et indique la pression ou la profondeur : pratique quand on plonge. Car le WG-4 GPS dispose de la panoplie complète du baroudeur, comprenant GPS, altimètre, baromètre, boussole et profondimètre. Pas de Wi-Fi, mais l'appareil est compatible avec les cartes Eye-Fi. Un petit carton rouge au crédit de l'autonomie : avec 240 vues, le WG-4 finit bon dernier !

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Caractéristiques techniques

Quid des menus ?

Essayer de se rappeler de quand date l'interface de Pentax, toujours en vigueur aujourd'hui, tient un peu de l'archéologie. Le WG-4 décroche sans difficulté la palme du vieillot dans ce domaine. Est-ce tout de même praticable ? Oui, même si l'agencement des entrées laisse parfois à désirer. Dans le menu principal, Ricoh mélange pêle-mêle les réglages d'image (ton, résolution, qualité, balance, mode AF et expo, sensibilité, etc.) avec les paramétrages de l'appareil (affichage des photos, personnalisation du bouton vert, imprimer la date) et certaines fonctionnalités (éclairage macro, niveaux électronique). Bref, on en perd un peu son latin. Et la nécessité de devoir valider ses choix avec la touche OK ou de sortir avec la touche Menu n'est pas des plus commodes. Après, on s'habitue à tout et l'essentiel, c'est que cette interface reste bien réactive.

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Performances : réactivité, objectif et ISO

Le WG-4 GPS n'est pas lent dans l'absolu, mais il faut admettre qu'il est moins rapide que ses rivaux. Près de deux secondes à l'allumage, plus d'une seconde entre deux vues, un autofocus un peu à la traîne au télé et une latence supérieure à la moyenne. Sans oublier la rafale à 2 im/s. Amateurs de nervosité, il y a mieux sur le marché.

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Réactivité du WG-4

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Ricoh a récupéré le zoom du WG-3, et il a bien eu raison. Plus court que les autres (4X), il ouvre en revanche à f:2,0 au grand-angle de 25 mm (f:4,9 au télé, 100 mm). C'est un atout de taille pour éviter d'avoir à trop monter en sensibilité dans les fonds marins. Il livre un beau piqué au centre de l'image au grand-angle, qui se dégrade sans surprise sur les bords. Au télé, l'optique s'homogénéise bien, avec toutefois un piqué moindre au centre. Les aberrations chromatiques sont bien contenues même si jamais totalement absentes. Bref, le seul hic c'est l'absence d'une stabilisation optique, que celle mécanique (+ électronique) ne comble pas avec autant de brio. Et d'ailleurs, cette optique est en tout état de cause la même que celle qui équipe le TG-3 d'Olympus. Ou alors c'est une énorme coïncidence.

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Comme beaucoup de ses concurrents, le Ricoh WG-4 GPS utilise un capteur CMOS rétro-exposé de 16 mégapixels. Mais comme peu de ses concurrents, il le gère plutôt bien. Le WG-4 se situe plus ou moins à mi-chemin entre le traitement à la Nikon (images lissées sans trop de bruit, prêtes à l'emploi mais pas idéales en retouche) et le traitement à la Panasonic (bonne préservation des détails fins, mieux pour scruter ses images à la loupe et retoucher). On note un premier petit palier de dégradation à 800 ISO, mais c'est surtout à 1600 ISO que le bruit prend le dessus sur le détail. De 125 à 400 ISO, l'appareil donne des photos suffisamment propres et fines. Une assez bonne surprise !

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Pentax est l'autre expert en macro avec Olympus. Avantage du WG-4 GPS : il incruste son anneau de LED autour de l'optique à même l'appareil. Inconvénient : la lumière est moins diffuse et puissante qu'avec l'accessoire du TG-3 d'Olympus. Mais surtout, le WG-4 propose une mesure d'exposition un peu capricieuse, sans afficher le rendu exact à l'écran en prévisualisation : parfois on est surexposé sans savoir pourquoi, parfois c'est l'inverse. Et la mise au point, quand on passe en mode microscope (1 cm du sujet avec vrai zoom optique 4X) n'est pas aussi fiable que chez Olympus. Mais le grossissement est identique, puisque les deux optiques sont identiques.

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Macro normale, trop sombre. Vue microscopique sur un paquet de feuilles à rouler d'une célèbre marque à trois lettres

Fonctionnalités et vidéo

Une partie de ce Ricoh reste, à l'image de Pentax, plutôt fidèle aux traditions. Exit la panoramique à la volée ou les filtres artistiques, mais place aux modes priorité vitesse (rare ce type d'appareil), « User » personnalisable ou encore, intervallomètre. Maintenant, le WG-4 GPS introduit tout de même quelques modes dans l'air du temps, comme le time lapse, la photo nocturne par assemblage de vues, le slow motion, la vidéo accélérée (25 minutes, en 640 x 360 pixels), la vidéo macro ou la HDR. Combinez à cela le GPS (géomarquage des photos uniquement), le profondimètre/altimètre ou le baromètre (c'est l'un ou l'autre, à paramétrer dans le menu « réglages ») et la boussole, et vous obtenez finalement un appareil assez complet.



Pour ce qui est de la vidéo, ce n'est pas avec le WG-4 que Ricoh sortira la réputation quelconque de Pentax de l'orée. Rien de catastrophique, rien de mirobolant non plus. Le flux vidéo en 1080p à 30 images par seconde est encodé en H.264 à 15 Mbps, donc assez compressé. Mais surtout, la stabilisation montre ses limites, notamment quand on zoome un peu. Et l'autofocus... il est désactivé par défaut (tout comme le zoom optique pendant les vidéos) et on comprend assez vite pourquoi. Bref, il reste une bonne marge de progression à Ricoh dans ce domaine.

Conclusion

Ricoh a la main un peu lourde sur le prix de son appareil : 300 € ! Il a certes des atouts intéressants, comme sa finition de vrai baroudeur, son capteur barométrique avec écran de contrôle en façade, son optique lumineuse (au grand angle), son mode macro microscope ou encore quelques fonctionnalités bien senties (vidéo accélérée, time lapse, vidéo macro). La qualité d'image est honorable, quand l'appareil expose correctement. Seulement le WG-4 pèche sur d'autres aspects tout aussi importants, comme la réactivité (pas catastrophique mais inférieure aux autres), la fiabilité de l'autofocus, la stabilisation (moyennement efficace), le mode vidéo ou encore l'ergonomie de ses menus. Et si le FT5 de Panasonic lui est en presque tout point préférable, le WG-4 GPS trouve en sa propre famille un traître : le WG-3 GPS, identique mais vendu à 230 € sous la marque Pentax... Ce dernier mérite à ce prix un « bon ».

Ricoh WG-4 GPS

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Les plus

  • Grand-angle lumineux / homogénéité
  • Qualité d'image OK / ISO
  • Bouton vert personnalisable / finition
  • Ecran contrôle / macro

Les moins

  • Zoom court / stab mécanique
  • Réactivité à améliorer / AF
  • Reflets sur l'écran / vidéo
  • Rien de neuf / fixation trépied

Qualité d'image8

Robustesse9

Zoom8

Fonctionnalités7

Réactivité6



Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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