IE9 bêta : que vaut le nouveau navigateur de Microsoft ?

16 septembre 2010 à 09h26
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De mémoire de journaliste IT, on n'avait jamais vu une telle mobilisation pour le lancement de ce qui reste une simple préversion d'un navigateur. En conviant journalistes et partenaires à San Francisco, pour un événement également retransmis en direct dans diverses antennes nationales dont le siège parisien de Microsoft France, l'éditeur tient à ce que l'on sache qu'il est de retour dans la course au navigateur Web, incontournable porte d'entrée vers les contenus en ligne. La bêta d'IE9 vaut-elle qu'on lui consacre autant d'attention ? Comme vous allez le voir dans ce dossier, la réponse est oui, même si certaines choses devront encore être améliorées pour que la version finale tienne tête aux ténors du secteur.



Microsoft et les navigateurs, une histoire de je t'aime moi non plus

En matière de navigateurs Web, l'image de Microsoft est à refaire, même si l'éditeur détient toujours des parts de marché supérieures à 50% au niveau mondiale. Principale raison de la disgrâce : une absence totale d'intervention et d'innovation dans ce domaine entre 2001 et 2006, ère du tristement célèbre IE6, utilisé aujourd'hui encore dans de nombreuses entreprises restées à Windows XP.

2006 et 2009 verront la sortie des versions 7 et 8 d'Internet Explorer, qui témoignent d'un regain d'intérêt pour la question du navigateur mais ne parviennent pas à rattraper les logiciels alternatifs qui se sont entre temps imposé dans l'esprit de nombreux internautes : on pense bien sûr à Firefox, Safari, Opera et... Chrome. Dernier arrivé sur le marché, le navigateur de Google a rapidement séduit par sa rapidité, sa légèreté et son interface dépouillée.

Chez tous les éditeurs, les mises à jour se succèdent à des rythmes rapides, Google étant à ce petit jeu le plus « agile » puisqu'il ne s'écoule pas un mois sans qu'une nouvelle release soit publiée. Seul Microsoft fait exception : du fait de la très forte pénétration de ses logiciels en entreprise, l'éditeur doit adopter un rythme de mise à jour bien plus lent, de façon à ne motiver un déploiement que lorsqu'il est vraiment justifié.

Le corollaire de cette remarque, c'est que si les nouvelles versions s'enchainent à plusieurs années d'intervalle, chacune d'entre elles doit en théorie présenter des fondations suffisamment solides pour ne pas se voir distancée en quelques mois par la concurrence. IE9 se veut la parfaite incarnation de cette logique avec de nouveaux fondamentaux techniques, la prise en charge des standards et une interface repensée. Tour d'horizon.

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Une interface simplifiée et quelques nouveautés

Prise en charge des standards et performances seront sans doute les principaux centres d'intérêt des technophiles, mais il ne faut pas oublier qu'un navigateur, c'est avant tout une interface que l'on est amenée à côtoyer quotidiennement. Mieux vaut donc que celle-ci réponde parfaitement à nos besoins ! Avec IE9, Microsoft a fait le choix de la simplicité et de l'intégration au système. Cette bêta signe donc la disparition de certaines fonctionnalités (ou leur non activation par défaut), comme les Onglets rapides par exemple, mais ouvre aussi de nouvelles perspectives, notamment grâce à la possibilité de profiter, sous Windows 7, de menus de navigation propres à chaque site directement depuis la barre de lancement rapide.

Barre d'adresse et champ de recherche

Premier élément vers lequel tourner les yeux, après avoir procédé à l'installation - et redémarré Windows... : la barre de recherche, dont on découvre qu'elle n'est plus accompagnée du traditionnel champ de recherche. Comme Firefox ou Chrome, IE9 profite en effet d'une barre d'adresses dite « intelligente », au sein de laquelle on pourra aussi bien entrer une adresse de site qu'effectuer une recherche à l'aide de simples mots clés. Appelé One Box chez Microsoft, le moteur de suggestion saura alors retourner des résultats issus du moteur de recherche utilisé par défaut (Bing vous sera conseillé, mais il est possible d'opter pour le moteur de son choix), mais aussi piocher dans votre historique ou vos favoris pour retrouver une page déjà visitée.

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A la façon de ce que proposent des moteurs de recherche comme Bing ou Google, certains services pourront s'afficher dès la recherche. La requête « weather san francisco » retourne par exemple un condensé des informations climatiques du jour sans qu'il ait été nécessaire d'appuyer sur entrée. A l'extrémité de la One Box, on observe enfin un menu déroulant qui permettra de retrouver ses favoris ou les dernières pages consultées.

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A droite de cette barre de recherche dont la taille est fixe apparait la liste des onglets ouverts. Un choix contestable, puisque la place accordée est logiquement bien moins importante que dans une configuration où les onglets occupent toute la largeur de l'écran. Avec deux ou trois onglets ouverts, aucun problème, mais la donne est susceptible de se corser lorsqu'on atteint dix, vingt ou trente pages ouvertes simultanément, d'autant que le titre des pages n'est pas toujours correctement affiché au survol. Clairement pensée pour les écrans « larges » (16:10 ou 16:9), cette implémentation fera sans doute râler les irréductibles du 4:3, chez qui la place accordée aux onglets sera réduite à la portion congrue. Elle présente en revanche l'intérêt de réduire la hauteur générale de cette portion du navigateur, ce qui fait remonter d'autant le contenu de la page.

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Moins de menus, moins de boutons

Du côté des outils propres au logiciel, Microsoft a pris le parti de se faire le plus discret possible, voire de s'effacer pour laisser place aux contenus Web proprement dit - ce qui, on le verra, a fait partie des axes de développement revendiqués par l'éditeur. Exit donc le logo IE ou les barres de menu : l'interface d'IE9 se contente des fondamentaux : page suivante et précédente, rafraichissement, mode de compatibilité avec les versions précédentes si nécessaire, favoris, réglages, retour à l'accueil... et c'est tout. Un menu plus traditionnel pourra toutefois être affiché à l'aide de la touche Alt, selon le procédé déjà employé dans l'explorateur de Windows 7.

Les onglets compatibles Aero Snap

Introduite avec Windows 7, la fonction Aero Snap vise à faciliter le placement des fenêtres à l'écran. Elle propose par exemple l'ajustement automatique de la taille de ces dernières de façon à ce que deux pages soient affichées côte à côte sans se chevaucher. IE9 s'intègre à cette dynamique et l'on pourra ainsi très simplement extraire un onglet d'une instance du navigateur pour l'afficher en parallèle d'un autre, sans interruption du moteur de rendu (une vidéo en cours de lecture ne sera pas stoppée par exemple).

Des messages d'alerte moins intrusifs

Entre autres modifications, on apprécie de ne plus voir surgir une fenêtre interrompant la navigation dès qu'une action requiert une prise de décision ou dès qu'une alerte est déclenchée. IE9 introduit en effet un nouveau système de notifications qui prennent la forme d'un bandeau sur fond blanc, placé en bas de la fenêtre.

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Les sites que vous préférez

A l'ouverture d'un nouvel onglet, l'internaute se verra proposer une sélection de dix adresses, intitulée « Les sites que vous préférez », qui ne sont pas forcément les sites les plus fréquemment visités. Microsoft n'a pour l'instant pas expliqué comment était opérée cette sélection. C'est sur cette page que l'on retrouvera la possibilité de restaurer la dernière session de navigation effectuée sur la machine utilisée, ou un rappel automatique des derniers onglets fermés.

Intégration à Windows 7

Via un simple glisser déposer, on pourra en sélectionnant le favicon du site ouvert dans IE9 « épingler » ce dernier à la barre de lancement rapide, où il figurera alors aux côtés des logiciels disposant d'un raccourci. En cliquant sur ce raccourci, on obtiendra alors le lancement d'une nouvelle instance d'IE9 s'ouvrant directement sur le site concerné. Petit détail cosmétique : les boutons servant à la navigation (précédent / suivant) adoptent alors la couleur dominante du logo du site concerné - rouge par exemple dans le cas de Clubic.

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Prolongement de la logique adoptée avec les « connecteurs » d'IE8, cette possibilité de placer un raccourci directement sur l'un des éléments constitutifs du système s'accompagne d'une fonctionnalité baptisée Jump List, qui permet aux éditeurs de sites Web de personnaliser le menu contextuel associé à leur site.

Avec Facebook, qui profite déjà de cette option, on obtient ainsi, lors d'un clic droit sur le raccourci, des liens proposant un accès direct aux principales fonctions du site. La fonction n'a pas encore été implémentée sur Clubic, mais ce menu pourrait par exemple nous permettre de proposer des liens vers l'Actu, les Dossiers, la Logithèque ou les forums de discussion, sans qu'il soit nécessaire de passer par la page d'accueil.

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A terme, cette fonctionnalité devrait permettre l'affichage d'informations « en temps réel » : comprendre ici sans rafraichissement manuel effectué par l'utilisateur. Le raccourci vers une boite de réception Windows Live (Hotmail) pourrait ainsi s'enrichir d'une petite bulle indiquant le nombre de messages non lus, ou l'arrivée d'une nouvelle demande de mise en relation. Un service de musique en ligne pourrait quant à lui fournir des contrôles rapides accessibles au survol. Aujourd'hui, Microsoft indique que plus de 70 sites parmi lesquels Facebook, Twitter et quelques grands médias américains ont adopté le procédé.

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Enfin, on notera la possibilité systématiquement offerte de démarrer cette instance du navigateur en mode « in private », ce qui signifie que l'historique, les cookies et les autres données liées au surf ne seront pas sauvegardés sur la machine, avant de conclure sur la totale impossibilité, au moins sur cette bêta, de personnaliser l'interface du logiciel.

Enfin un gestionnaire de téléchargements...

Si l'on avait voulu faire du mauvais esprit, on aurait dit qu'on ne l'attendait plus... et pourtant, IE9 se dote, enfin, d'un gestionnaire de téléchargements digne de ce nom. Accessible par le biais du menu réglages ou via le raccourci Ctrl + J (comme chez la concurrence), il affiche la liste des derniers fichiers récupérés, offre de les exécuter, indique où ils sont stockés, etc. En revanche, il ne prend pas en compte les fichiers image téléchargés via clic droit, « enregistrer l'image sous »

Les téléchargements pourront du reste être mis en pause, puis relancés ou annulés. On saura enfin effectuer une recherche dans la liste des téléchargements ou nettoyer cette dernière. Bref, un gestionnaire de téléchargement on ne peut plus classique, mais dont il faut bien admettre qu'il manquait cruellement. Au passage, il emploie le répertoire de destination déterminé comme tampon de stockage pour les fichiers en cours de transfert, ce qui évite le recours au fameux « Fichiers Internet temporaires », parfois cause de problème lorsque la partition système approche de la saturation.

Le filtre SmartScreen toujours d'actualité...

Dans sa communication, Microsoft n'oublie logiquement pas l'aspect sécurité. Au delà des options de type navigation privée, cette problématique est adressée au sein d'IE9 par la fonctionnalité dite SmartScreen, que l'on connait depuis IE8. Son fonctionnement n'a pas changé et repose toujours sur la combinaison de plusieurs éléments permettant d'évaluer la « réputation » d'une URL, afin de déterminer si celle-ci est susceptible de véhiculer une menace.

La nouveauté, c'est que le principe du filtre SmartScreen est étendu aux téléchargements. Si l'adresse du fichier est considérée comme fiable, on le récupèrera directement. En revanche, si sa réputation est mauvaise, l'utilisateur devra confirmer son action. L'intérêt, ici, est que Microsoft estime qu'il n'est plus nécessaire d'afficher systématiquement un message d'avertissement avant téléchargement. Réservée à de plus rares cas de figure, l'alerte a donc moins de chances d'être balayée par l'utilisateur.

... tout comme les addons

A ce stade, rien de bien neuf à première vue : IE9 conserve le système d'extensions inauguré par son prédécesseur, sans vraiment l'améliorer. Contrairement à Safari, IE ne propose par exemple toujours pas de bibliothèque des extensions qui faciliterait leur découverte.

Il est d'ailleurs intéressant de constater que Microsoft n'a absolument pas évoqué les extensions réservées à IE8 tout au long de l'événement associé au lancement de cette bêta, ce qui laisserait penser que cet axe de développement n'est plus vraiment une priorité. Rien ne dit toutefois que ces extensions ne seront pas bien plus largement mises en avant à l'occasion d'une bêta ultérieure, d'autant qu'une fonctionnalité bienvenue les concernant fait son apparition.

IE9, qui crée au sein du système un processus par onglet ouvert afin que l'arrêt de l'un ne provoque pas la fermeture inopinée des autres, se dote en effet d'un module de surveillance des extensions qui saura signaler à l'utilisateur que l'affichage d'une page Web est ralenti par l'une d'entre elles et non par un problème de rendu général. De façon plus général, il indiquera le temps mis par chaque extension à accomplir son devoir, ce qui n'est pas inintéressant lorsqu'on cherche par exemple à analyser la rapidité d'affichage d'une page Web faisant appel à des éléments tiers.

F12 : un vrai module pour les développeurs Web

Dans sa version 9, le navigateur de Microsoft se dote d'un mode « développeur », accessible par l'intermédiaire de la touche F12. Entre autres fonctionnalités, on y retrouve un affichage hierarchisé du code source de la page affichée : HTML d'un côté, scipts et feuilles de style de l'autre. Pour les CSS, on pourra manuellement désactiver tel ou tel attribut afin de juger, sans rechargement de la page, de son impact sur le rendu final.

Equipé d'un débogueur, ce mode développeur emprunte également certaines de ses fonctions à des outils tels que Firebug puisque l'on pourra notamment analyser le temps de chargement de chacun des éléments qui constituent la page. Voilà une fonctionnalité qui ne présente aucun intérêt pour le grand public mais qui réconciliera peut-être les développeurs Web avec Internet Explorer, d'autant que l'outil se révèle plutôt riche.

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Enfin un navigateur respectueux des standards ?

HTML5, CSS3, SVG : Microsoft se dit maintenant engagé dans une démarche de respect des standards, dont l'absence a longtemps valu à ses navigateurs l'opprobre d'une bonne partie de la communauté des professionnels du Web. L'éditeur a même fait de cette prise en compte des standards un véritable cheval de bataille en termes de communication même s'il ne se montre pas aussi pointilleux en la matière que le sont certains de ses concurrents.

Au royaume des geeks amateurs de standard, le test roi en matière de prise en charge des standards est le fameux Acid3, sur lequel la première bêta d'IE9 obtient un score de 95/100. Honorable, surtout lorsqu'on sait d'où vient Internet Explorer (la version 8 ne passait pas le quart des tests effectués), mais toujours en deçà des scores obtenus par certains concurrents qui touchent au 100% de réussite (voir résultats ci-dessous).

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« L'Acid3 n'est pas une fin en soi pour nous », expliquait mercredi un Microsoftee entre deux démos. « Ce qui compte, c'est d'assurer la prise en charge des standards qui sont réellement employés sur le Web de la vie de tous les jours. A ce stade, on ne souhaite clairement pas consacrer des ressources à l'implémentation de fonctions qui, au final, ne servent que pour ce genre de tests ».

Dans la pratique, les développeurs Web confirment qu'obtenir une validation à 100% de son site auprès des outils du W3C n'est effectivement pas une fin en soi. L'important, c'est de répondre aux exigences du Web et tout particulièrement d'assurer qu'un site s'affiche correctement dans toutes les circonstances, quel que soit le navigateur.

Autrement dit, adopter une démarche plus pragmatique qu'idéaliste et ne pas risquer de compromettre un comportement répandu sur le Web au motif que l'on souhaite absolument coller aux dernières spécifications en cours de validation auprès du W3C. C'est ainsi, par exemple, qu'on justifie du côté de Redmond le score très moyen obtenu au HTML5test, avec 96 points sur 300 quand un Chrome 6 se permet d'atteindre les 230.

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Indépendamment des considérations liées à l'exhaustivité, la bêta d'IE9 inaugure la prise en charge des éléments les plus « visibles » des derniers standards du Web. Le navigateur gère ainsi les balises audio et video, ainsi que les images scalaires au format SVG, les images bitmap faisant appel à la balise Canvas. La plupart des éléments constitutifs du langage CSS3 correctement interprétés, tout comme le format de police WOFF (Web Open Font Format).

Au delà des derniers standards en date, IE9 se révèle globalement capable d'afficher sans encombre la plupart des pages Web même si parfois, il faudra opter pour l'un des modes de compatibilité proposé (IE7, IE8) pour corriger certaines erreurs de rendu. L'interface d'administration qui nous permet de publier nos articles sur Clubic ne s'affiche par exemple pas sans erreur sous IE9 bêta, en raison de modifications qui, à l'époque, avaient été effectuées pour assurer le rendu sous IE8...

IE9 ouvre son Chakra au JavaScript

Ces derniers mois, on a lu sur les forums de Clubic de nombreux témoignages de lecteurs qui disaient abandonner Firefox au profit de Chrome au motif que le navigateur de Google était plus « léger » et plus rapide. Un point que la fondation Mozilla a d'ailleurs parfaitement intégré dans ses développement autour de Firefox 4 ! A l'heure de l'Ajax et des Rich Internet Applications les performances du navigateur sont un élément déterminant dans le choix de l'internaute. Parmi les éléments prépondérants en termes de performance, on trouve notamment l'exécution du JavaScript. Avec IE9, Microsoft inaugure un nouveau moteur dédié à ce langage, baptisé Chakra.

Comme le V8 de Chrome, Chakra sait compiler le JavaScript en un code x86 susceptible d'être nativement interprété par le processeur, de façon à ce qu'aucune couche d'intermédiation ne vienne grever les performances. Sur ce point, Microsoft va même plus loin que son concurrent puisque Chakra est censé savoir tirer parti des processeurs multicoeurs, désormais largement répandus.

Sur une configuration à deux coeurs, le moteur sait en effet lancer deux fils d'exécution parallèles. Le premier est une interprétation directe du JavaScript, sans compilation préalable, tandis que le second se charge d'effectuer cette compilation. Dès que le processus de compilation est achevé, c'est ce code qui est interprété. Ainsi, on profite des avantages de cette compilation, sans que le rendu ait été ralenti par le temps nécessaire à sa réalisation.

Conscient que le traitement du JavaScript n'est qu'une étape parmi d'autres dans le rendu d'une page Web, Microsoft explique également avoir travaillé sur les autres maillons de la chaine, en rappelant que l'étape la plus longue n'est pas toujours celle que l'on croit. S'il est vrai que la rapidité d'exécution du Javascript telle que la mesurent certains outils de benchmark bien connus n'est pas seule garante de l'efficacité d'un navigateur, ces tests permettent tout de même de voir comment se positionne Chakra par rapport à la concurrence. C'est ce que nous avons voulu mesurer ici.

Notez que nous nous sommes contentés de mener nos tests sur les navigateurs suivants : Firefox 3.6.9, Firefox 4 bêta 6, Chrome 6.0 (dernière version stable en date), IE8 et et IE9 bêta 1. L'absence de Safari ou d'Opera n'est due qu'au manque de temps nécessaire à la réalisation de plus amples mesures, mais il va de soi que la version finale d'IE9 leur sera comparée le moment venu.

Au royaume des benchmarks pour navigateur, Sunspider est un incontournable, même si les 26 jeux de tests qu'il comprend ne sont pas forcément représentatifs d'usages démocratisés. Toujours très favorable à Webkit, Sunspider confirme les progrès effectués en la matière avec la bêta d'IE9 puisque cette dernière dame le pion à Firefox 3.6.9 pour aller talonner Chrome 6.0 et Opera 10.62. Elle dépasse également la dernière bêta en date de Firefox 4 et relègue IE8 au rang d'antiquité.

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SunSpider mesure un temps d'exécution. Le plus court est donc le meilleur


Dans la mesure où il vient tout juste d'être publié par la fondation Mozilla, le benchmark Kraken figure ici à titre de curiosité. Le moteur Webkit semble avoir ses faveurs, contrairement à celui utilisé au sein d'IE9.

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Kraken mesure un temps d'exécution. Le plus court est donc le meilleur


Cap sur l'accélération matérielle

Lorsqu'on parle de performances, l'amélioration dont Microsoft parle avec le plus de fierté est sans conteste la capacité de son nouveau navigateur à tirer profit de l'accélération matérielle, c'est à dire la possibilité de déporter certains des calculs nécessaires au rendu d'une page Web ou d'éléments multimédia vers un composant particulier de l'ordinateur. Ici, c'est la carte graphique qui est mise à contribution. Du fait de sa construction massivement parallèle, le GPU se prête en effet très bien au traitement des calculs qu'impliquent la construction et le rendu d'une page Web ou d'une vidéo.

Avec IE9, l'accélération matérielle passe principalement par l'exploitation de deux des interfaces de programmation associées à Windows, à commencer par Direct2D, pour tout ce qui touche à l'affichage proprement dit. Basée sur Direct3D, elle permet en effet d'accélérer l'ensemble des opérations de rendu et se voit gérée de façon native par le système (par opposition aux options de type WPF). La seconde, c'est DirectWrite, API dédiée au rendu des polices, qui permet par exemple d'opérer le lissage de ces dernières en mettant à profit la puissance de calcul de la carte graphique. Sur la première bêta d'IE9, on constate d'ailleurs à ce niveau un comportement parfois erratique avec des polices lissées jusqu'à en devenir floues, mais à ce stade, l'implémentation promet un gain substantiel de performances. Et dans les faits, l'impact est sensible : IE9 va vraiment vite.

Tout à la joie d'avoir mis à contribution des nouveautés introduites avec Windows 7, Microsoft a multiplié les démonstrations technologiques qui témoignent de la supériorité d'IE9 sur la concurrence dès que l'on touche à l'accélération matérielle. Celle-ci pourrait toutefois n'être que de courte durée : la fondation Mozilla s'est par exemple empressée de rappeler que son Firefox 4 allait exploiter les mêmes API qu'IE9 et devrait donc offrir des performances similaires sur ce terrain. Sur certains tests, c'est effectivement bien le cas, dès la bêta 6, comme en témoigne la comparaison ci-dessous, effectuée à l'aide du module « Canvas Zoom ». Plafonnant tous deux à la fréquence de rafraichissement de l'écran, Firefox 4 et IE9 affichent des performances nettement supérieures à celles de leur prédécesseur ou à celles de Chrome, qui fait appel à des implémentations différentes de l'accélération matérielle.

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Canvas Zoom mesure une vitesse d'affichage, en images par seconde. Le plus grand est donc le meilleur


Au delà des benchmarks, c'est dans les applications Internet riches (ou enrichies, selon la façon dont on traduira l'expression anglo-saxonne Rich Internet Applications) qu'un navigateur doit faire la preuve de ses performances. A San Francisco, Microsoft avait faisait intervenir mercredi plusieurs agences de création Web qu'il avait mandatées pour mettre au point des services exploitant les avancées du HTML5, illustrant les performances d'IE9 en la matière. Dans le lot, on pourra par exemple jouer quelques minutes avec le Floweroscope conçu par les parisiens de La-Surprise.com, qui offre une démonstration empreinte de poésie de ce qu'il est possible de faire en HTML5. Le rendu est-il vraiment meilleur sous IE9 qu'avec un produit concurrent ? Difficile à dire, mais il semble acquis qu'en la matière, IE n'a plus à rougir de la comparaison.

Conclusion

Impossible, à ce stade, de préjuger des qualités de la version finale du navigateur IE9 puisque celle-ci ne verra pas le jour avant plusieurs mois. Cette première bêta se révèle toutefois riche d'enseignements. Au premier plan, on retiendra bien sûr les choix techniques opérés par Microsoft, qui fait d'IE9 le chantre des performances et un navigateur respectueux des standards. Lorsqu'on sait qu'Internet Explorer totalise toujours plus de 50% des parts de marché des navigateurs au niveau mondial, les orientations stratégiques prises par l'éditeur n'ont rien d'anecdotique. Si tous les PC équipés d'IE 6, 7 ou 8 ne migreront pas systématiquement vers IE9 dès sa sortie, le nouveau venu devrait très rapidement se démocratiser.

Si l'on envisage les principaux représentants de l'offre en matière de navigateurs pour ordinateurs (Firefox, Opera, Safari, Chrome), tous ont déjà pris l'orientation du HTML5 et des nouveaux standards associés (CSS3). L'adoption de ces derniers est en bonne voie, comme en témoigne par exemple la multiplication des lecteurs vidéos en HTML5, mais elle ne peut qu'aller croissant à partir du moment où le leader emboite le pas au mouvement.

Le constat est le même du côté des performances et des possibilités d'enrichissement autorisées par des logiciels qui savent exploiter l'accélération matérielle. Dès lors que tous les navigateurs du marché savent en tirer parti, les éditeurs de sites n'ont plus qu'à laisser libre cours à leur imagination pour mettre au point des interfaces et des services toujours plus évolués. Également présent à San Francisco, Dailymotion en fait une jolie démonstration avec un nouveau lecteur vidéo HTML5 doté d'effets visuels inattendus.

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Beaucoup estiment, à juste titre, que la fondation Mozilla a motivé, avec le succès de son Firefox, à la relance de la course à l'innovation dans le domaine de la navigation Web. Avec IE9, Microsoft semble en bonne voie pour rattraper les participants de cette course. Qu'il arrive en tête ou dans le peloton n'a finalement que peu d'importance. Ce qui compte, c'est qu'en mettant son poids dans la balance, il favorise l'adoption des technologies associées à cette innovation et, partant, le développement de sites et services plus riches, plus beaux ou plus agréables qui seront d'autant mieux mis en avant que le navigateur a appris à se faire discret pour laisser la place principale aux contenus du Web. Il aura fallu plusieurs années, mais les coups d'aiguillons assénés par la concurrence ont peut-être finalement porté leurs fruits.

Du point de vue de l'utilisateur final, cette bêta mérite-t-elle qu'on lui prête attention ? Très certainement, ne serait-ce que pour réaliser le virage à 180 degrés opéré par Microsoft. Bien sûr, tout n'est pas parfait : la position des onglets par exemple risque de rapidement agacer ceux qui, comme nous, ont tendance à dépasser la vingtaine de pages ouvertes en simultané. L'interface révèle en outre quelques lacunes ou quelques bizarreries et le logiciel n'est pas à l'abri de plantages inopinés. Gardons toutefois à l'esprit qu'il ne s'agit que d'une bêta. Dans la mesure où Microsoft semble avoir pris le parti d'écouter les demandes des utilisateurs, il y a donc fort à parier que ce test à grande échelle permette à ses ingénieurs de récolter suffisamment d'avis pertinents pour corriger les tirs maladroits.

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- Télécharger IE9 bêta 1 pour Vista et Windows 7
Modifié le 15/07/2019 à 09h44
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