802.11n, adaptateurs 200 Mbps... Wifi ou CPL ?

20 juillet 2006 à 12h30
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Performances : débits et portée

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Autant prévenir tout de suite : la dénomination commerciale des produits ne reflète aucune réalité tangible. Ce constat peut être généralisé à l'ensemble des constructeurs, que l'on s'intéresse au Wifi ou que l'on soit attiré par le CPL, puisque les produits proposés dans le commerce ne permettent jamais d'atteindre les débits théoriques inscrits sur l'emballage. Ainsi, un routeur Wifi 300 Mbps devrait nous permettre d'atteindre 37,5 mégaoctets par seconde, alors que deux adaptateurs CPL 200 Mbps devraient nous propulser à 25 mégaoctets par seconde ! La pratique révèle des chiffres bien moins élevés, mais les débits constatés sont cependant largement suffisants pour envisager sereinement une utilisation domestique ou professionnelle. Les solutions examinées dans le cadre de cet article nous ont par exemple toutes permis de regarder en streaming une vidéo d'un poste à l'autre tout en effectuant un transfert de fichiers.

Conditions de test

Afin d'évaluer les performances de nos différentes solutions réseau, nous nous sommes placés dans les conditions d'utilisation courantes permises par le matériel qui a été mis à notre disposition. La base est un PC de bureau, relié au routeur ou à l'adaptateur testé au moyen d'un câble RJ45 classique (Ethernet). Vient ensuite un ordinateur portable, articulé autour d'un circuit Centrino, dont la puce Wifi Intel Pro Wireless 2200 nous a servi de référence pour les performances du Wifi 802.11g 54 Mbps. Nous avons employé, pour le seul routeur autorisant cette connexion, une carte Ethernet compatible gigabit.

La batterie de tests comprend le transfert de différents fichiers : une archive de 42 Mo composée de 435 fichiers, une archive de 100 Mo faite de fichiers MP3 et un fichier vidéo de 700 Mo, chaque transfert ayant été effectué au moins trois fois dans le but de minimiser les incertitudes dues au hasard des manipulations ou aux interférences. Des transferts ont été lancés depuis un PC fixe vers le portable, alors qu'un autre PC fixe était utilisé pour diffuser en streaming un flux vidéo, ceci afin de juger de la stabilité et de la gestion de tâches multiples. Nous avons également vérifié la tenue du signal via un certain nombre d'utilitaires de surveillance du réseau, dont ceux fournis par avec ses cartes Wifi PCMCIA. Précisons enfin que les tests ont été menés sur des réseaux ouverts, sans qu'aucun chiffrage ne soit activé.

Nous avons tout d'abord testé les débits descendants (du PC fixe, relié au routeur en Ethernet, au PC portable, connecté en Wifi via la carte PCMCIA adéquate), les deux machines étant séparées d'une distance d'environ trois mètres, afin de constater les débits maximum possibles dans notre environnement de test. Nous avons ensuite mesuré les débits ascendants, du PC portable relié en Wifi vers le routeur, puis vers le PC connecté en Ethernet. Enfin, nous avons voulu connaître les débits réels obtenus lorsque environ 25 mètres, plusieurs cloisons épaisses (dont des murs porteurs) et un étage séparent nos appareils. Cette dernière configuration permet d'envisager les débits obtenus en pratique lors de l'équipement d'une maison de taille moyenne.

Débits descendants, distance de cinq mètres

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Débits descendants, en Mo/s, pour une distance de cinq mètres


Première constatation : aucun de nos produits n'est capable de dépasser les débits autorisés par cette bonne vieille liaison Ethernet sur un unique transfert de fichiers. C'est le routeur WNR854, avec ses 300 Mbps théoriques, qui tire le mieux son épingle du jeu, avec des pointes allant jusqu'à 6,9 Mo/s. Vient ensuite le WPNT834 (240 Mbps), qui fait mieux que son homologue annoncé à 270 Mbps. L'avantage du WPNT834 peut lui venir de son jeu de composants MIMO Airgo, peut-être plus performant à l'heure actuelle que la puce Intensifi de Broadcom. Côté CPL, les adaptateurs XE104 se révèlent décevants, avec des débits inférieurs à ceux obtenus en Wifi 802.11g. Un couple de XE104 permet sans difficulté de diffuser en streaming une vidéo encodée en DivX d'un ordinateur à l'autre, mais les contenus haute définition, amenés à se répandre, risquent de poser problème. La solution 200 Mbps s'en sort mieux, avec des débits réels de l'ordre de 40 Mbps.

Débits ascendants, distance de cinq mètres

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Débits ascendants, en Mo/s, pour une distance de cinq mètres


Les résultats mesurés en upload confirment le classement obtenu plus haut. Le routeur WNR854 et sa carte WN511T caracolent en tête avec un taux de transfert mesuré de l'ordre de 8,4 Mo/s. Le WPNT834 se place, comme dans le classement des débits descendants, devant le WNR834B qui atteint un taux de transfert de 5,8 Mo/s. Pour le CPL, nous avons logiquement obtenu des résultats similaires à ceux délivrés par les tests de débit descendant.

Débits descendants, distance de vingt mètres

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Débits ascendants, en Mo/s, pour une distance de vingt mètres


Une fois placé à une vingtaine de mètres de notre routeur, séparés de lui par un étage et plusieurs cloisons, les débits ont tendance à chuter, mais restent suffisamment élevés pour que l'on puisse envisager une utilisation de type multimédia. Avec un taux de transfert de 5,2 Mo/s, c'est le WNR854 qui remporte la palme, tandis qu'une fois de plus, le modèle 240 Mbps se place devant le routeur 270 Mbps. Le Wifi 802.11g montre logiquement ici ses limites, avec seulement 1,4 Mo/s. Du côté du CPL, on remarque que les adaptateurs XE104, loin d'être des foudres de guerre, parviennent tout de même à maintenir un débit minimum avec la distance. Le débit constaté avec les modèles HDX101 tombe assez rapidement aux alentours de 2,4 Mo/s, mais ce taux de transfert peut être maintenu sur des distances supérieures à nos 20 mètres. Pour la quasi-totalité des périphériques testés ici, les taux de transfert sont d'une stabilité remarquable. La diffusion d'une vidéo en streaming, doublée d'un transfert de fichiers, se déroule sans problème, preuve de l'efficacité des technologies dites de « Qualité de service » employées par Netgear. Notons toutefois que le routeur WNR834B 270 Mbps a parfois adopté, lors de nos tests, un comportement erratique et vu son débit osciller dangereusement.

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Les deux captures d'écran ci-dessus montrent les statistiques d'un transfert effectué à l'aide d'une carte WN511T, à gauche, et d'une carte WN511B, à droite, depuis un PC connecté au routeur qui leur correspond. Les transferts ont été effectués à plusieurs reprises, dans des conditions identiques, à quelques minutes d'intervalle. En présence d'autres réseaux sans fil, le routeur a tendance à choisir des canaux plus exotiques, qui n'assurent pas les performances maximales. En forçant l'utilisation du canal 6 sur notre WNR834B, nous sommes parvenus à stabiliser quelque peu les débits, tout en les améliorant, mais il faudra attendre un nouveau firmware pour que cet inconvénient disparaisse.

Pour les joueurs, un rapide mot du ping : celui-ci ne dépasse jamais deux millisecondes, d'un poste à l'autre, sur le réseau. La différence, pour un ping effectué sur Internet, entre le PC connecté au routeur en Ehternet et celui connecté en Wifi est de l'ordre de une à quatre millisecondes.

Wifi/CPL : la portée

Difficile de tester le CPL sur des distances importantes. Il nous a été possible de maintenir un débit minimum de 1 Mo/s d'une extrémité à l'autre d'une maison de campagne de belles dimensions à l'aide d'un couple d'adaptateurs XE104. Avec les HDX101 200 Mbps, le débit minimum était aux environs de 2 Mo/s. Ce débit minimum peut être maintenu sur des distances relativement importantes, de l'ordre de plusieurs dizaines de mètres. Toutefois, il est atteint très rapidement, dès que quinze mètres ou plus séparent les deux adaptateurs.

Côté Wifi, force est de constater que le MIMO fait des merveilles. En terrain dégagé, il est possible de se connecter à son réseau à plus de cinquante mètres de distance et d'effectuer un transfert à près de 1 Mo/s pour les Routeurs WPNT834 et WNR854. Mais encore une fois, le WNR834B déçoit : s'il est bien possible de se connecter à plusieurs dizaines de mètres de distance, les débits constatés chutent très vite en dessous de 200 ko/s. A près d'une centaine de mètres, les réseaux sont perceptibles mais aucun de nos trois routeurs ne permet plus de s'y connecter. En ville, les portées sont moins élevées mais restent largement supérieures à celles du Wifi g. Il est par exemple possible de se connecter sans difficulté de la rue à un routeur situé au troisième étage, à plusieurs mètres de la fenêtre, alors qu'un routeur 802.11g classique est à peine détecté. Mais certains obstacles sont rédhibitoires : n'espérez pas vous connecter derrière une porte blindée, ne pensez pas trouver de la rue le réseau qui alimente votre cour intérieure. Ce qui finalement, vaut peut-être mieux pour sa sécurité ?
Modifié le 18/09/2018 à 14h06
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