Charles est une extension pour navigateur Chrome qui détecte, en temps réel, l'utilisation de services numériques américains et propose immédiatement des équivalents hébergés en Europe.

Disponible sur le Chrome Web Store, l'outil a été conçu pour aider particuliers et organisations à réduire leur dépendance aux plateformes technologiques américaines, dans le respect du RGPD. Son fonctionnement repose sur quatre niveaux d'intervention paramétrables, allant de la simple observation à un blocage total des services ciblés.
Quand votre navigateur devient un guide vers le numérique européen
L'extension propose une approche à plusieurs niveaux, que chaque utilisateur peut adapter selon ses besoins. Le niveau "Observer" se contente d'enregistrer les habitudes de navigation sans intervenir. Le niveau "Doux" génère des notifications discrètes accompagnées de suggestions d'alternatives. Le niveau "Fort" interpose une page d'avertissement avec un délai avant d'autoriser l'accès au service concerné. En gros, vous vous prenez un sermon. Enfin, le niveau "Total" bloque entièrement l'accès, sans possibilité de contournement. À noter qu'il est possible de personnaliser le niveau par catégories de service Web (recherche, stockage, productivité, communication...).
L'objectif de cette extension est donc de proposer diverses alternatives. Si vous tentez de vous rendre sur Dropbox, on vous suggérera donc NextCloud, kDrive ou Tresorit. De la même manière, Slack peut céder la place à Element, un service de messagerie open source ; Zoom à Jitsi, une solution de visioconférence libre ; GitHub à GitLab, pour la gestion de code ; et ChatGPT à Mistral AI. Ces alternatives s'affichent directement dans l'interface, au moment précis où l'utilisateur tente d'accéder au service américain concerné.
Évidemment, pour être cohérent dans la démarche, Charles est conçu pour ne transmettre aucune donnée à des serveurs externes. Les statistiques d'utilisation (nombre de blocages, habitudes de navigation, progression) sont uniquement conservées en local sur l'appareil de l'utilisateur. Concrètement, cela signifie que l'extension ne "sait" rien de vous en dehors de votre propre machine.
Pour maintenir l'engagement sur la durée, l'extension intègre un système de progression gamifiée : des points sont attribués à chaque blocage effectué, des badges peuvent être débloqués et une série de jours consécutifs est comptabilisée.
Alors bien sûr, les lecteurs de Clubic ont déjà une bonne idée des alternatives souveraines, tant française qu'européenne, mais l'extension Charles mérite peut-être le détour pour sensibiliser les internautes moins technophiles sur le long terme.
Et oui, on notera l'ironie de devoir installer une extension sur un navigateur articulé autour d'une plateforme américaine…
