Huit bridges jettent les ponts

21 décembre 2005 à 13h40
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Sony CyberShot DSC-R1

Le CyberShot DSC-R1 est un appareil sur lequel il faut prendre ses marques, car son interface ne ressemble en rien ou presque à celles des autres bridges de ce comparatif, ni même plus généralement à une interface classique. Cette première partie est destinée à vous aider à trouver quelques repères.

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La poignée est inhabituellement profonde. Presque trop pour bien des mains. L'interrupteur est une commande cerclée de métal, située à son extrémité. Le réglage de la sensibilité bénéficie tout à côté d'une commande dédiée. La griffe du flash externe a été déportée vers la droite par rapport aux autres bridges. Ce changement est du à la présence de l'écran orientable, sur le capot de l'appareil. C'est en effet là une des (nombreuses) particularités du R1 : l'écran n'est pas sur la face arrière, mais bien sur le dessus. On peut le faire pivoter sur 180°, l'orienter vers soi ou contre l'appareil. C'est, ainsi qu'il est souvent signalé, pratique pour les autoportraits, et confortable pour les prises de vue hors norme (au-dessus d'une foule, au niveau du sol). Le flash est situé dans le prolongement. Dommage que la touche qui commande son extraction, sur le flanc gauche, soit tout sauf discrète. Si vous jouez les paparazzis par exemple, comptez sur elle pour être aussitôt repéré.

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L'absence d'écran sur la face arrière, un viseur très saillant, la molette de sélection des modes parachutée sur une extrémité, et que l'on actionne avec le pouce gauche... tout cela contribue à créer une interface plutôt inhabituelle. Les commandes sont pour la plupart regroupées sous le viseur. Celles de la rangée supérieure contrôlent l'affichage, l'une permettant notamment de faire basculer l'affichage du viseur et de l'écran. Le petit plus, vraiment extrêmement confortable, est la position auto qui permet à l'appareil de commuter automatiquement en fonction de l'emplacement de l'œil. Konica Minolta a équipé nombre de ses bridges de ce système, et nous avions été à chaque fois déçus de ne pas le retrouver sur les appareils des autres constructeurs. Suivent ensuite celles de mesure de lumière, de retardateur et de zoom numérique. La commande Lecture est presque celle que l'on cherchera la plus longtemps, et que l'on débusquera enfin, en bas à gauche du viseur.

Le boîtier comprend sur cette face encore deux commandes dédiées dont une pour le verrouillage de l'exposition. Elle est malheureusement un peu éloignée, et on aura du mal à l'atteindre en tenant l'appareil d'une seule main par exemple. En boîtier avancé qui se respecte, le R1 à deux molettes de sélection, mais l'emplacement de celle d'ouverture est inhabituel. Au lieu d'être à l'avant de la poignée, là où beaucoup iront la chercher avant d'avoir pris leurs nouveaux repères, on la trouve au milieu du boîtier, avec en son centre, une commande très confortable de type joystick pour la navigation et la validation. On trouve enfin sur cette face une commande donnant accès aux menus, et une dernière qui, sous la forme d'un curseur, permet de sélectionner le slot de carte, le R1 disposant en effet d'un double slot pour les formats Compact Flash et Memory Stick.

Les dernières commandes à passer en revue se trouvent sur le flanc gauche, à côté de celle du flash que nous avons déjà indiquée : WB pour le réglage de la Balance des blancs et Focus pour le choix du mode de mise au point (auto, macro ou manuel). Les connecteurs, tout à côté, sont protégés par un cache en caoutchouc.

La signalétique, vraiment explicite, s'appuie sur un code couleur blanc / mauve (prise de vue / lecture). Les commandes dédiées, très nombreuses, sont un vrai élément de confort. L'écran arrière ne manque pas du tout. Les seuls petits travers ergonomiques que l'on peut éventuellement signaler sont la molette de sélection des modes, un peu rigide et peu évidente à actionner avec le pouce. Et enfin, signaler que même si des dimensions imposantes sont généralement de bon goût pour assurer la tenue en main, le R1 va presque un peu loin, avec un poids et des dimensions dignes d'un reflex. Mais à ce capteur pas comme les autres qu'il abrite, le R1 se devait bien de donner un châssis en conséquence !

Naviguons dans les menus

Après une pression sur la touche Menu, on bifurque soit à gauche vers les réglages « de confort » avec accès rapide, soit vers la droite pour trouver les menus proprement dit. La présentation est très différente selon que l'on navigue dans les uns ou les autres. On accède aux premiers un à un en poussant le joystick vers la gauche, tandis que les options disponibles s'affichent à l'écran. Les seconds, très synthétiques, retrouvent une présentation plus classique sous forme d'onglets.
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Prendre à droite pour accéder aux réglages proprement dits.


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L'interface est claire et les réglages dans leur majorité explicites. On regrettera néanmoins que la navigation ne se fasse que dans un sens. Parvenus à 3 200 Iso par exemple, il faut « redescendre » pour revenir à 160, alors que nous aurions gagné du temps si toutes ces valeurs avaient fonctionné « en boucle ».

En mode prise de vue
La majeure partie des indications est placée en périphérie de l'image. Elles gagnent ainsi en lisibilité, de même que l'image qui reste presque intacte.

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On choisit ou non d'afficher les réglages à l'écran. La grille de composition est fine et utile.


Le R1 se fait remarquer par deux indications, peu courantes, mais vraiment précieuses : l'autonomie de la batterie exprimée en minutes, et une icône signalant la capacité restante de la carte.

En mode lecture
Ici, les menus se présentent sous une forme similaire à celle du mode prise de vue. En revanche, les options varient.

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En mode lecture, on peut redimensionner les images en 10, 7, 5, 3 ou 1 millions de pixels

Il y a dans ce mode également plusieurs types d'écran. L'un se fait particulièrement remarquer en présentant des histogrammes séparés pour chacun des trois canaux de couleurs.

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Il est plutôt agréable de découvrir cet histogramme des trois canaux couleurs


Du côté des modes

Le R1 propose les principaux modes dont les incontournables modes manuel et priorité, mais il se fait singulièrement remarquer par l'absence de mode vidéo et par des modes résultat vraiment concis.

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La molette de sélection des modes se "cache" à gauche sous le viseur


Les modes manuel et priorité
Pour un meilleur confort de mise au point manuelle, le R1 agrandit automatiquement la zone centrale tout en affichant la distance au sujet. Une demie pression sur le déclencheur permet ensuite de revenir en plein écran.
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L'image est automatiquement agrandie pour aider à la mise au point manuelle.

L'ouverture varie de f/2,8 à f/16 et la vitesse de 1/2 000 à 30 secondes. En mode priorité, la sélection de l'une ou l'autre se fait au moyen de la molette arrière. En mode manuel, la molette arrière se trouve être dédiée au choix de la vitesse, tandis que l'ouverture varie alors au moyen de la molette crantée centrale, qui sert en d'autres modes à corriger l'exposition.

Les modes programme et auto
Le mode programme est sans surprise. Il donne un accès complet aux réglages et menus, et permet de faire varier au choix vitesse ou ouverture. En mode automatique, le choix des réglages se limite à la taille de l'image et au mode (Normal / Raw). Les menus proprement dits restent en revanche complets.

Les programmes résultat
Sony a ici fait preuve d'un redoutable esprit de synthèse. Les quatre modes qu'il propose (Portrait / Paysage / Portrait de nuit / Nuit) couvrent l'essentiel des besoins, et sont là pour assister le débutant lors de prises de vue qui demandent à sortir du tout auto. Néanmoins, ces mêmes débutants trouveront peut-être qu'il manque un mode « Sport » pour les prises de vue de sujets en mouvement.

Quid des performances ?

L'écran a beau être petit, sa précision est remarquable. Il permet notamment de très bien ressentir la profondeur de champ. Le viseur est également détaillé et très lumineux. On l'utilisera d'autant plus spontanément que l'écran LCD se cache. L'extraire, l'orienter... c'est peu de chose, mais tout le monde ne fera pas systématiquement l'effort. Donc écran ou viseur, peu importe, car la qualité est dans les deux cas au rendez-vous. C'est en revanche un peu moins vrai lorsque l'on aborde la question du confort d'utilisation : l'œilleton du viseur est trop rigide, et l'écran manque d'une position orientation latérale. Ce dernier souffre également d'un léger retard d'affichage : l'image s'affiche en deux temps bien distincts lorsqu'on la visionne en mode lecture, laissant croire dans un premier temps qu'elle est floue. En plus de l'histogramme, le R1 dispose d'une intéressante fonction « Zébré » qui signale les parties trop exposées. On peut choisir de ne pas l'activer, mais c'est certainement se passer d'une aide précieuse.

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La fonction « Zébré » signale les hautes lumières


Au chapitre de la mise au point, signalons les trois types de collimateurs AF que propose le R1, accessibles au moyen d'une simple pression sur le joystick. L'un de ces modes notamment permet de déplacer le collimateur dans une large partie de l'écran. Ce sera particulièrement utile pour des prises de vue macro, où la mise au point doit se faire de façon très précise, ou lorsque le sujet est décentré.

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Ce dernier mode permet de décentrer facilement le collimateur : c'est si utile pour faire une mise au point précise !


Le R1 ne se démarque pas uniquement par son capteur de reflex, le même que celui du Nikon D2X. Sa plage focale, un « simple » zoom x 5, le fait aller à contre-courant de la tendance bridge (appareil avancé avec importante plage focale). C'est certes un petit zoom, surtout comparé aux 15 x du Pro 815, mais ce choix se défend. Le R1 couvre les plages focales les plus utilisées, et cela suffit pour lui permettre de remplir sa mission de bridge. Il est à la fois grand-angle et téléobjectif, et seuls les Fujifilm FinePix S9500 (28-300 mm) et Samsung Pro 815 (28-420 mm) peuvent en dire autant. Les habitués de la retouche savent également la chose suivante : on peut tirer parti d'une haute résolution en « zoomant » dans l'image de façon logicielle. Et les dix millions de pixels du R1 permettent une très importante marge de manœuvre. On peut aussi préférer optimiser son appareil au moyen de convertisseurs télé (1,7 x) ou grand-angle (0,8 x).

Le R1 surprend au tout début de son utilisation par sa rapidité de mise au point. La simple demie pression habituelle pour faire la mise au point est au début trop forte, et on déclenche sans même s'en être rendu compte ! Il faut apprendre à retrouver le contrôle de cette commande très réactive. À noter que la mise au point en haute lumière est en effet quasi-immédiate, ce qui est beaucoup moins vrai dès que la lumière baisse. Le R1 est livré avec le logiciel Image Data Converter SR pour le traitement des Raw.

Conclusion

D'apparence, le CyberShot DSC-R1 se rapproche du Fuji 9500, avec une corpulence et une finition presque semblables. Mais l'interface de cet appareil diffère totalement. Pourtant à première vue un tantinet complexe, on s'étonne après un tout premier passage en revue de trouver l'appareil si « simple ». Les menus ne sont pas déroutants, ils ne recèlent pas comme trop souvent des réglages complexes, dont on apprend à se passer à force de ne pas les comprendre. L'ergonomie est même excellente, notamment grâce aux nombreuses touches avec accès direct (ISO, WB, réglages du flash). La perte de repères la plus significative viendra de l'absence de molette avant. Mais à nouveau, il s'agit d'un changement auquel on se fait très vite. Une interface et une ergonomie vraiment bien pensées : quoi d'autre ?

La liste des bons points est si longue qu'elle nous oblige, non pas à être sélectifs, mais à opter pour une présentation synthétique et à se limiter aux domaines d'excellence, parmi lesquels figure par exemple la visée. Même s'il est petit et presque dissimulé sur le capot, l'écran LCD du R1 est remarquable par sa précision et sa finesse qui permettent notamment de ressentir parfaitement la profondeur de champ. Et le viseur n'a pas à rougir de la comparaison. L'autre vrai point fort est la qualité d'image : les clichés sont presque dépourvus de tout bruit jusqu'à 800 Iso, du jamais vu sur cette catégorie d'appareils. Enfin, parlons de l'objectif. Avec son 24-200 mm, le R1 est le plus grand-angle de tous les appareils de notre comparatif. Il permet un recul bien supérieur à celui des autres appareils, et cela sans avoir à « investir » dans un convertisseur grand-angle. C'est vraiment appréciable.



Restent à signaler, en vrac, l'affichage de l'autonomie en minutes (tellement plus parlant qu'une « barre » qui se vide progressivement par petits carrés !), un double slot CF/ MS qui permet de doubler la capacité de l'appareil, un mode Raw + Jpeg idéal pour de disposer à la fois de clichés de qualité et de clichés disponibles de suite, etc. Le R1 n'est pour autant pas un bridge parfait, mais peu s'en faut. Ses dimensions en feront reculer plus d'un, sa vélocité à la mise au point et au déclenchement deviennent un lointain souvenir dès que la luminosité baisse, le mode vidéo (Mode accessoire, certes, mais qui rend à l'occasion de grands services) brille par son absence, il n'offre pas de rotation automatique des images, etc.

Aux yeux des plus exigeants, le R1 risque de passer pour trop simpliste, car on peut juger qu'il manque à cet appareil certains réglages avancés (balance des blancs en Kelvin, rafales illimitées, poses B et T, prise pour déclencheur souple...). Rien de tel, effectivement, sur le R1, dont le parti pris est de ne couvrir que les besoins les plus courants. Il emprunte aux appareils avancés le meilleur en abandonnant les fonctions qui apparaîtront comme superflues au plus grand nombre. C'est un choix un peu atypique, qui lui permet de se positionner en bridge avancé capable de s'adresser à tous. Sony est sorti des sentiers battus pour proposer, avec le R1, un bridge vraiment à contre-courant, mais excellent.

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Sony Cybershot DSC-R1

8

Les plus

  • L'affichage commute automatiquement
  • Écran et viseur précis / Menus explicites
  • À la fois grand-angle et télé
  • Sensibilité jusqu'à 3 200 ISO

Les moins

  • Pas de mode vidéo (ça peut servir !)
  • Œilleton du viseur inconfortable
  • Mise au point difficile en basse lumière
  • Macro trop distante

0

Ergonomie9

Fonctions8

Qualité d'image9



Galerie


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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