Comparer des produits sur plusieurs sites, remplir des formulaires ou organiser ses recherches sans jongler entre les onglets… OpenAI donne de nouvelles capacités à son extension pour Chrome. Un gain de temps appréciable, à condition de bien surveiller les informations auxquelles l’IA peut accéder.

Dans Chrome, ChatGPT peut consulter vos onglets et agir à votre place, selon les autorisations que vous lui accordez. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Dans Chrome, ChatGPT peut consulter vos onglets et agir à votre place, selon les autorisations que vous lui accordez. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Passer d’un onglet à l’autre pour comparer des prix, récupérer des informations ou remplir un formulaire pourrait bientôt devenir une corvée du passé. OpenAI fait évoluer son extension pour Google Chrome afin de permettre à ChatGPT de travailler directement dans le navigateur. L’assistant peut désormais consulter plusieurs pages, recouper leurs contenus et effectuer certaines manipulations sans que vous ayez à intervenir à chaque étape.

Une évolution intéressante, mais qui suppose aussi de lui ouvrir les portes de votre navigateur, y compris celles des services auxquels vous êtes déjà connecté.

ChatGPT ne se contente plus de lire vos pages Web

Jusqu'ici, les assistants intégrés aux navigateurs servaient surtout à résumer des articles ou à répondre à des questions sur une page. Avec cette nouvelle version, OpenAI veut aller beaucoup plus loin.

Vous pouvez, par exemple, ouvrir trois fiches produits de PC portables chez différents marchands et demander à ChatGPT d’en comparer les caractéristiques dans un tableau. L’extension peut également remplir des formulaires, intervenir dans des documents en ligne ou réorganiser vos onglets.

Certaines opérations peuvent même se poursuivre en arrière-plan pendant que vous continuez à naviguer.

Extension Chrome

Sous Chrome, vous pouvez maintenant lâcher ChatGPT dans tous vos onglets personnels. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Pour en profiter, il suffit d’installer l’extension, puis de l’autoriser à accéder aux pages concernées. Depuis ChatGPT sur le Web, la mention @Chrome ou le bouton + permettent ensuite de sélectionner les onglets à utiliser. Pas besoin d’installer l’application de bureau et ça fonctionne parfaitement en France (cf. Captures d’écran ci-dessus).

  • Chat dans différentes langues, dont le français
  • Générer, traduire et obtenir un résumé de texte
  • Générer, optimiser et corriger du code
9 / 10

Des autorisations à ne pas accorder les yeux fermés

Cette autonomie a évidemment une contrepartie. Pour manipuler les pages, l’extension peut demander des autorisations étendues, notamment sur leur contenu, l’historique, les favoris ou certaines fonctions de débogage de Chrome.

OpenAI a toutefois prévu plusieurs garde-fous. Par défaut, ChatGPT réclame votre accord lorsqu’il doit accéder à un nouveau site. Vous pouvez lui ouvrir la porte pour une seule utilisation, pour un domaine entier ou pour tous les sites. Cette dernière possibilité est naturellement la moins prudente.

L'entreprise précise également ne pas conserver un historique exhaustif distinct de votre navigation. En revanche, les informations et captures récupérées dans les pages puis intégrées à une conversation restent soumises aux règles de confidentialité de ChatGPT.

Il faut aussi compter avec les injections de prompt, ces instructions malveillantes dissimulées dans une page Web pour tenter de détourner le comportement d’un assistant. Mieux vaut donc conserver les autorisations au cas par cas, particulièrement sur les sites contenant des données personnelles ou professionnelles.

  • Navigation rapide
  • Écosystème d'extensions très riche
  • Synchronisation multi-appareils fluide
7.8 / 10

Google, Anthropic et Mistral avancent aussi sur ce terrain

La bataille des assistants se joue désormais directement dans nos navigateurs. Google intègre Gemini à Chrome, avec la possibilité d’exploiter le contenu de l’onglet consulté. Cette fonction n’est toutefois pas encore disponible en France.

Anthropic propose de son côté une extension Claude réservée aux abonnés payants, capable de naviguer, cliquer et remplir des formulaires. Là encore, l’accès aux pages peut exposer des informations sensibles.

Mistral participe également à cette évolution en fournissant notamment son modèle Mistral Small 4 à Firefox Smart Window, dont la bêta est accessible en France. Mozilla indique que les conversations ne sont pas enregistrées sur ses serveurs par défaut et que les fournisseurs partenaires s’engagent à ne pas les conserver.

OpenAI rejoint donc une course déjà bien engagée, où les assistants ne veulent plus seulement répondre à nos questions, mais agir directement dans nos outils.

Sources : Chrome Web Store via Cybersecurity News