Amazon Web Services (AWS), la branche cloud d’Amazon, confirme la perte irrémédiable de données clients stockées dans ses data centers visés par des frappes iraniennes. Une première mondiale : jamais un conflit armé n’avait détruit aussi durablement des données hébergées dans le cloud.

Le logo d'Amazon Web Services (AWS). ©Samuel Boivin / Shutterstock
Le logo d'Amazon Web Services (AWS). ©Samuel Boivin / Shutterstock

En représailles aux frappes américano-israéliennes visant l’Iran en février, Téhéran a spécifiquement visé des infrastructures numériques américaines implantées dans le Golfe. Une situation inédite, puisque les data centers se sont mués en cibles militaires à part entière. Deux sites AWS, aux Émirats arabes unis et au Bahreïn, ont été touchés. Si l’ampleur des dégâts ne semblait que temporaire, le géant de la tech vient de confirmer qu’ils ont causé des pertes irréversibles. 

Une escalade en trois temps

Le 1er mars 2026, dans la foulée de la première frappe iranienne, Amazon a recommandé à ses clients de migrer leurs données vers d’autres régions du monde. Un choix qui s’est avéré décisif puisque d’autres bombardements ont détruit ses infrastructures par la suite. 

Et ce 15 septembre, AWS a enfin reconnu que les données non sauvegardées ailleurs à temps sont perdues, et le resteront. L’entreprise a déjà suspendu la facturation dans les régions concernées et versé 150 millions de dollars de crédits à ses clients affectés.

«  Nous travaillons actuellement au remplacement de l'infrastructure concernée et nous vous tiendrons informés de l'avancement de la remise en service de nos services au cours des prochains mois. Nous avons averti les autorités compétentes et continuons à collaborer avec elles dans ce but », assure la société.

Des serveurs dans un data center. ©IM Imagery / Shutterstock

Un tournant

C’est un signal fort pour toute l’industrie : les centres de données, installations hautement stratégiques, peuvent devenir des cibles de choix en cas de conflit. Un épisode qui relance évidemment le débat sur la concentration des infrastructures IA dans des zones à risque géopolitique. Désormais, leur résilience est aussi un facteur à prendre en compte.

D’ailleurs, nous apprenions, il y a quelques jours, que les Émirats modifient la conception d’un méga data centers IA justement pour éviter qu’un tel épisode ne se produise. Considérées comme une vraie base militaire, les installations les plus sensibles devraient être enfouies sous terre.