Telegram a déposé une demande auprès de l'ICANN pour obtenir la gestion de l'extension de premier niveau ".gram". Si elle aboutit, les utilisateurs pourraient disposer d'une adresse personnalisée en "www.identifiant.gram", en plus des liens actuels en "t.me".

©Alex Photo Stock / Shutterstock
©Alex Photo Stock / Shutterstock

Pavel Durov, fondateur de Telegram, a récemment annoncé sur X que son entreprise avait déposé une demande auprès de l'ICANN, l'organisme qui attribue les extensions Internet, pour obtenir la gestion du domaine ".gram". Le dossier de l'entreprise sera donc passé au crible. Il n'est cependant pas certain que l'ICANN donne une suite favorable.

S'affranchir d'un registre externe après l'interruption de juillet

Un domaine de premier niveau, ou TLD ("top-level domain"), correspond à l'extension (.com, .net, .fr) qui suit le nom de domaine. Chaque extension est administrée par un registre distinct, validé par l'ICANN après un examen technique et financier. La demande passe ensuite par une période durant laquelle des tiers peuvent formuler des objections. Meta, par exemple, pourrait s'opposer au projet en affirmant que ce TLD peut potentiellement porter atteinte à l'image de son service Instagram. Si Telegram obtient la gestion du ".gram", l'entreprise deviendrait elle-même ce registre, avec la possibilité de distribuer des adresses en "www.username.gram" à son milliard d'utilisateurs.

La procédure va donc bien au-delà du classique rachat de nom de domaine. Telegram ne serait plus client d'un registre, mais l'opérateur de l'ensemble de la zone .gram. Pavel Durov évoque aussi la possibilité de créer, à partir de ces adresses, des sites web interactifs hébergés directement par Telegram, et générés à partir d'une seule instruction textuelle, sans outil de développement externe.

telegram

Vers davantage d'autonomie

Cette demande intervient après un épisode qui a perturbé le fonctionnement du service. En juillet, les liens courts en "t.me" ont cessé de fonctionner pendant près d'une journée, le registre GoDaddy gérant l'extension ".me" ayant temporairement désactivé le domaine de Telegram. Telegram reste donc exposé à une décision prise en dehors de son organisation.

En début d'année, les liens en "t.me" ont par ailleurs déjà fait l'objet d'un signalement. Nous rapportions en janvier 2026 qu'une variante de ces adresses, du type "t.me/proxy", pouvait être détournée pour exposer l'adresse IP réelle d'un utilisateur à son insu.

Obtenir son propre domaine de premier niveau donnerait donc à Telegram un contrôle direct sur l'infrastructure de nommage associée à ses liens, sans intermédiaire capable de la suspendre.

Reste que Telegram et son fondateur Pavel Durov sont scrutés par la justice dans plusieurs pays. En France, la justice lui reproche de ne pas avoir agi contre la diffusion de contenus criminels sur sa messagerie. le mois dernier, la Russie a annoncé avoir émis un avis de recherche international contre l'homme, l'accusant de complicité de terrorisme. Reste à savoir si l'ICANN acceptera le dossier et si Telegram a d'ores et déjà les outils nécessaires pour faire ménage dans les domaines et sous domaine rattachés à cette TLD.

  • Fonctions sociales
  • Nombreuses options de personnalisation
  • Les appels vidéo à 30 intervenants
8 / 10