Ikoula : portrait de l’hébergeur français qui « met l’humain au centre de l’équation »

le 05 avril 2019
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Jules-Henri Gavetti - Ikoula
Jules-Henri Gavetti, président d'Ikoula (Crédits : Alexandre Boero pour Clubic.com)

Le président d'Ikoula, Jules-Henri Gavetti, se livre sur une entreprise qui « fait de l'humain une priorité » et figure parmi les références en matière d'hébergement web en France.

Ikoula, l'un des leaders de l'hébergement en France, fait partie de la galaxie des hébergeurs avec le géant OVH, Amen.fr, Hostpapa, 1&1 ou Scaleway. Forte de sa solution de cloud computing, CloudIKOULAOne et d'un support disponible 24h/24 et 7/7, la société qui fête ses 21 ans d'existence avance doucement mais sûrement dans l'Hexagone. Son patron, Jules-Henri Gavetti, nous a accordé un long entretien lors du salon IT Partners des 13 et 14 mars 2019.


Lors de l'interview, le président d'Ikoula est revenu sur le parcours et l'actualité de sa société en évoquant notamment une activité porteuse pour cette dernière : celle de la blockchain et des cryptomonnaies. Mais nous avons également parlé cloud, relation client, écologie d'entreprise et data centers.


Interview de Jules-Henri Gavetti, président d'Ikoula


Clubic - Bonjour Jules-Henri Gavetti, merci de nous accorder cette interview. Parlons pour débuter, et avant de revenir sur les fondamentaux de votre entreprise, de la production de monnaies virtuelles. Vous avez vu la demande sur les problématiques de blockchain et de cryptomonnaies exploser en un an. Qu'est-ce qui explique cet engouement pour ces technologies ?

Jules-Henri Gavetti - Sur ce pan, nous avons commencé par la cryptomonnaie. Nous avons vu que les cours (aléatoires) avaient une influence sur la quantité de serveurs. Nous avons eu une mutation, puisqu'il y a eu beaucoup de volatilité et une diminution de la valeur, ce qui a permis de faire émerger d'autres usages, comme la blockchain. Car si la blockchain est la base de la cryptomonnaie, elle peut être utilisée pour d'autres choses. L'explosion de la demande que nous observons se fait sur d'autres usages de la blockchain que la cryptomonnaie. Ça peut aller de la validation de documents à la garantie de certaines transactions. Aujourd'hui, du moment qu'il doit y avoir la charge de la preuve, la blockchain prend sa place. Et les start-up françaises sont très imaginatives.


À ce sujet, ce sont avant tout des professionnels qui s'adressent à vous ?

Oui. Nous sommes la première brique d'un système qui va fournir des logiciels aux PME, aux TPE autour de la confiance.

« Les cryptomonnaies ne sont pas mortes »


Alors que beaucoup de cryptomonnaies s'effondrent ou stagnent au mieux, nombreux sont ceux qui pensent qu'elles sont quasiment mortes. Pourtant, des entreprises comme Facebook se lancent sur ce marché. Quel est votre avis là-dessus ?

Les cryptomonnaies ne sont pas mortes. Des banques vont s'en emparer comme outil de conversion interne. Cela permettrait d'éviter certains coûts de transferts, d'avoir une monnaie d'échange unique entre les États. Il y a un vraiment un fort intérêt à faire de la cryptomonnaie pour les États. Le problème du Bitcoin, c'était la contrepartie. À partir du moment où on a une organisation européenne, mondiale, ou une entreprise de taille certaine garantit cette cryptomonnaie et cette conversion, je pense que ça va exploser.

« nous avons le business et la survie de certaines entreprises dans nos mains »


Ikoula se prévaut d'un positionnement centré sur l'humain. Certains diront que c'est un peu général, qu'est-ce que ça signifie pour vous exactement ?

Ndlr : Jules-Henri Gavetti se tourne et nous montre l'inscription inscrite dans son dos : « I'm not a robot ».

Je pense qu'on vend un produit assez indigeste. Le cloud, l'infrastructure... ce n'est pas très sexy. L'idée est de se demander comment on peut rendre cette expérience utilisateur, qu'on ne peut pas toucher, plus simple à appréhender. On met l'humain au centre de l'équation. Nous voulons créer un contact humain avec un spécialiste qui va échanger en direct, être le contact unique du client pour le guider. Pour les gros volumes, nous avons une équipe support dédiée qui va s'occuper d'un client et apprendre à le connaître. On travaille énormément là-dessus.

Site Ikoula
Capture écran du site ikoula.com (Crédits : Alexandre Boero pour Clubic.com)

Nous appartenons à un fonds français coté, Ardian (entré au capital d'Ikoula en 2014, ndlr), et notre chiffre d'affaires avoisine les 10 millions d'euros. Nous sommes en croissance, avec une volonté de rentabilité. Nous comptons 70 collaborateurs avec 13 langues parlées au sein d'Ikoula et nous vendons dans 63 pays.

Ikoula est une marque qui a fêté ses 21 ans et qui se construit doucement mais sûrement, en faisant en sorte de ne pas se noyer face à la concurrence. Comment appréhendez-vous votre croissance ?

Nous aimerions aller un tout petit plus vite parfois, mais on pense qu'il vaut mieux avancer avec un système de rentabilité dans la croissance plutôt que de la croissance à tout prix et de créer des accidents industriels. Dans le passé, nous avons été témoins de plusieurs accidents industriels d'entreprises qui avaient grossi trop vite et qui n'avaient pas pu maîtriser leur croissance. Nous avons conscience que nous avons le business la survie de certaines entreprises dans nos mains, donc pour nous c'est important de bien mettre un pied devant l'autre pour s'assurer que ça va continuer et durer dans le temps.

« Une vraie démarche autour de l'écoresponsabilité chez Ikoula »


Vous possédez deux data centers, l'un à Reims et l'autre à Laon. Est-ce que vous envisagez d'en ouvrir un troisième ?

Sur celui-ci de Laon, nous avons une grande superficie de terrain, donc ce sera plutôt des extensions. Nous disposons également d'espace à Reims. On peut construire mais sans ouvrir un nouvel espace géographique.

À l'heure où l'écologie est au centre des débats, que faites-vous concrètement pour réduire l'empreinte carbone d'Ikoula ?

Nous avons créé un label qui s'appelle « Mon site est vert ». Depuis que nous avons notre data center de Reims, on n'achète que de l'énergie verte, tout comme pour celui de Laon. Nous favorisons le recyclage des déchets plutôt que leur destruction, en faisant don de certains équipements à des associations ou en leur donnant une seconde vie. Il y a une vraie démarche autour de cette écoresponsabilité chez Ikoula. C'est la somme de petites choses, mais qui nous permettent d'avoir un impact un peu moins important sur l'environnement et sur la nature. Car nous avons un impact malgré tout ; un data center propre ça n'existe pas, malheureusement.

« Simplifier l'accès au cloud et la vie du client avec des solutions open source »


Il y a-t-il une famille de produits sur laquelle vous voudriez axer la priorité, comme les VPN, l'hébergement ou le cloud par exemple ?

Notre priorité actuelle est de simplifier l'accès au cloud. Le cloud est en effet soit très compliqué et ouvert, soit très simple et très fermé. Ou vous allez vers un fournisseur d'infrastructures qui va vous dire « Voilà les clés, débrouillez-vous », ou vers un fournisseur qui va vous fournir une solution complète mais qui va vous enfermer dans un environnement dont vous n'allez plus pouvoir sortir, et vous allez perdre de l'argent et de l'énergie à vouloir en ressortir. On voudrait créer un axe médian qui est de simplifier la vie du client avec des solutions open source, et on vous donne le code source pour que vous puissiez le rapatrier demain ailleurs si vous considérez qu'on ne fait plus l'affaire.

Logo Ikoula
Le logo d'Ikoula (Crédits : Alexandre Boero pour Clubic.com)

Combien de clients compte Ikoula aujourd'hui ? Sont-ce plutôt des professionnels ou des particuliers ?

Nous comptons 17 000 clients, principalement des professionnels, et une petite part de particuliers.

Envisagez-vous de vous orienter un peu plus vers les particuliers dans un avenir proche ?

Aujourd'hui, notre support s'attend davantage à recevoir des appels de gens qui savent bien ce qu'ils font, et c'est pour ça que nous arrivons à garantir cette qualité de service, car nos clients ont été identifiés comme étant capables de gérer leur propre infrastructure. Lorsqu'ils ne savent pas la gérer, on essaie de leur proposer des niveaux de service complémentaires. Autant être honnête : un particulier qui n'a pas de compétence technique sera malheureux chez nous.
Modifié le 09/04/2019 à 12h01
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