IE9 bêta : que vaut le nouveau navigateur de Microsoft ?

16 septembre 2010 à 09h26
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IE9 ouvre son Chakra au JavaScript

Ces derniers mois, on a lu sur les forums de Clubic de nombreux témoignages de lecteurs qui disaient abandonner Firefox au profit de Chrome au motif que le navigateur de Google était plus « léger » et plus rapide. Un point que la fondation Mozilla a d'ailleurs parfaitement intégré dans ses développement autour de Firefox 4 ! A l'heure de l'Ajax et des Rich Internet Applications les performances du navigateur sont un élément déterminant dans le choix de l'internaute. Parmi les éléments prépondérants en termes de performance, on trouve notamment l'exécution du JavaScript. Avec IE9, Microsoft inaugure un nouveau moteur dédié à ce langage, baptisé Chakra.

Comme le V8 de Chrome, Chakra sait compiler le JavaScript en un code x86 susceptible d'être nativement interprété par le processeur, de façon à ce qu'aucune couche d'intermédiation ne vienne grever les performances. Sur ce point, Microsoft va même plus loin que son concurrent puisque Chakra est censé savoir tirer parti des processeurs multicoeurs, désormais largement répandus.

Sur une configuration à deux coeurs, le moteur sait en effet lancer deux fils d'exécution parallèles. Le premier est une interprétation directe du JavaScript, sans compilation préalable, tandis que le second se charge d'effectuer cette compilation. Dès que le processus de compilation est achevé, c'est ce code qui est interprété. Ainsi, on profite des avantages de cette compilation, sans que le rendu ait été ralenti par le temps nécessaire à sa réalisation.

Conscient que le traitement du JavaScript n'est qu'une étape parmi d'autres dans le rendu d'une page Web, Microsoft explique également avoir travaillé sur les autres maillons de la chaine, en rappelant que l'étape la plus longue n'est pas toujours celle que l'on croit. S'il est vrai que la rapidité d'exécution du Javascript telle que la mesurent certains outils de benchmark bien connus n'est pas seule garante de l'efficacité d'un navigateur, ces tests permettent tout de même de voir comment se positionne Chakra par rapport à la concurrence. C'est ce que nous avons voulu mesurer ici.

Notez que nous nous sommes contentés de mener nos tests sur les navigateurs suivants : Firefox 3.6.9, Firefox 4 bêta 6, Chrome 6.0 (dernière version stable en date), IE8 et et IE9 bêta 1. L'absence de Safari ou d'Opera n'est due qu'au manque de temps nécessaire à la réalisation de plus amples mesures, mais il va de soi que la version finale d'IE9 leur sera comparée le moment venu.

Au royaume des benchmarks pour navigateur, Sunspider est un incontournable, même si les 26 jeux de tests qu'il comprend ne sont pas forcément représentatifs d'usages démocratisés. Toujours très favorable à Webkit, Sunspider confirme les progrès effectués en la matière avec la bêta d'IE9 puisque cette dernière dame le pion à Firefox 3.6.9 pour aller talonner Chrome 6.0 et Opera 10.62. Elle dépasse également la dernière bêta en date de Firefox 4 et relègue IE8 au rang d'antiquité.

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SunSpider mesure un temps d'exécution. Le plus court est donc le meilleur


Dans la mesure où il vient tout juste d'être publié par la fondation Mozilla, le benchmark Kraken figure ici à titre de curiosité. Le moteur Webkit semble avoir ses faveurs, contrairement à celui utilisé au sein d'IE9.

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Kraken mesure un temps d'exécution. Le plus court est donc le meilleur


Cap sur l'accélération matérielle

Lorsqu'on parle de performances, l'amélioration dont Microsoft parle avec le plus de fierté est sans conteste la capacité de son nouveau navigateur à tirer profit de l'accélération matérielle, c'est à dire la possibilité de déporter certains des calculs nécessaires au rendu d'une page Web ou d'éléments multimédia vers un composant particulier de l'ordinateur. Ici, c'est la carte graphique qui est mise à contribution. Du fait de sa construction massivement parallèle, le GPU se prête en effet très bien au traitement des calculs qu'impliquent la construction et le rendu d'une page Web ou d'une vidéo.

Avec IE9, l'accélération matérielle passe principalement par l'exploitation de deux des interfaces de programmation associées à Windows, à commencer par Direct2D, pour tout ce qui touche à l'affichage proprement dit. Basée sur Direct3D, elle permet en effet d'accélérer l'ensemble des opérations de rendu et se voit gérée de façon native par le système (par opposition aux options de type WPF). La seconde, c'est DirectWrite, API dédiée au rendu des polices, qui permet par exemple d'opérer le lissage de ces dernières en mettant à profit la puissance de calcul de la carte graphique. Sur la première bêta d'IE9, on constate d'ailleurs à ce niveau un comportement parfois erratique avec des polices lissées jusqu'à en devenir floues, mais à ce stade, l'implémentation promet un gain substantiel de performances. Et dans les faits, l'impact est sensible : IE9 va vraiment vite.

Tout à la joie d'avoir mis à contribution des nouveautés introduites avec Windows 7, Microsoft a multiplié les démonstrations technologiques qui témoignent de la supériorité d'IE9 sur la concurrence dès que l'on touche à l'accélération matérielle. Celle-ci pourrait toutefois n'être que de courte durée : la fondation Mozilla s'est par exemple empressée de rappeler que son Firefox 4 allait exploiter les mêmes API qu'IE9 et devrait donc offrir des performances similaires sur ce terrain. Sur certains tests, c'est effectivement bien le cas, dès la bêta 6, comme en témoigne la comparaison ci-dessous, effectuée à l'aide du module « Canvas Zoom ». Plafonnant tous deux à la fréquence de rafraichissement de l'écran, Firefox 4 et IE9 affichent des performances nettement supérieures à celles de leur prédécesseur ou à celles de Chrome, qui fait appel à des implémentations différentes de l'accélération matérielle.

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Canvas Zoom mesure une vitesse d'affichage, en images par seconde. Le plus grand est donc le meilleur


Au delà des benchmarks, c'est dans les applications Internet riches (ou enrichies, selon la façon dont on traduira l'expression anglo-saxonne Rich Internet Applications) qu'un navigateur doit faire la preuve de ses performances. A San Francisco, Microsoft avait faisait intervenir mercredi plusieurs agences de création Web qu'il avait mandatées pour mettre au point des services exploitant les avancées du HTML5, illustrant les performances d'IE9 en la matière. Dans le lot, on pourra par exemple jouer quelques minutes avec le Floweroscope conçu par les parisiens de La-Surprise.com, qui offre une démonstration empreinte de poésie de ce qu'il est possible de faire en HTML5. Le rendu est-il vraiment meilleur sous IE9 qu'avec un produit concurrent ? Difficile à dire, mais il semble acquis qu'en la matière, IE n'a plus à rougir de la comparaison.
Modifié le 15/07/2019 à 09h44
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