OVHcloud vient de décrocher la qualification SecNumCloud pour SNC Cloud Platform, sa nouvelle offre de cloud public. Une annonce qui intervient dix jours après l'entrée en vigueur d'un arrêté imposant ce cadre de sécurité pour les données sensibles de l'État.

Depuis le 22 août, la France a franchi un nouveau cap, bien qu'encore imparfait, sur la sécurité de ses données les plus sensibles, avec un arrêté signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a fait basculer le référentiel SecNumCloud de simple recommandation à obligation légale. Dix jours plus tard, OVHcloud annonce justement avoir obtenu cette précieuse qualification pour SNC Cloud Platform, sa toute nouvelle offre de cloud public facturée à l'usage. De quoi ajouter une corde bien sentie à l'arc du groupe roubaisien, déjà détenteur de deux autres sésames ANSSI.
SecNumCloud : une simple recommandation devenue loi, et encore un bon point pour OVH
Daté du 12 août, et publié au Journal officiel deux jours plus tard et en vigueur depuis le 22, l'arrêté signé sous l'autorité du Premier ministre Sébastien Lecornu s'appuie sur l'article 31 de la loi SREN de 2024 et sur un décret du 14 avril 2026 qui en précisait déjà les contours d'application. Ce qui relevait jusqu'ici de la bonne volonté administrative devient une obligation légale, opposable devant un tribunal en cas de manquement.
Concrètement, l'obligation vise l'État, ses opérateurs et les groupements d'intérêt public dès lors qu'ils confient à un prestataire privé des données jugées particulièrement sensibles, donc celles dont la compromission menacerait l'ordre public, la sécurité publique, la santé, la vie des personnes ou encore la propriété intellectuelle, sans entrer davantage dans les détails, pour éviter d'appâter les mauvais esprits. Pour héberger ce type d'informations dans le cloud, une qualification ANSSI ou une certification européenne équivalente n'est donc plus un simple gage de confiance : elle devient une condition légale à part entière.
Jusqu'alors, suivre SecNumCloud tenait de la bonne pratique recommandée. Le contenu technique du référentiel ne bouge pas d'un iota et reste celui publié en mars 2022, mais vous l'aurez compris, c'est son poids juridique qui se transforme, en passant du simple conseil à la contrainte assumée. Une bascule qui relance, en filigrane, le débat sur la dépendance technologique de l'État face aux géants étrangers du cloud, d'autant que le référentiel impose aussi de solides garanties contre les capitaux extra-européens, l'une des exigences, parmi d'autres, qui expliquent pourquoi si peu d'acteurs décrochent la certification. OVHcloud commence en tout cas à bien la maîtriser, cette qualification.

OVHcloud décroche sa troisième qualification SecNumCloud
Bien malin qui dira si c'est un hasard de calendrier ou un coup marketing bien senti, mais OVHcloud a choisi ce 1er septembre 2026 pour officialiser l'obtention de la qualification SecNumCloud pour SNC Cloud Platform. Il s'agit là de sa troisième certification du genre, après Bare Metal Pod et VMware on OVHcloud, cette fois appliquée à un cloud public facturé à l'usage. OVHcloud rappelle que l'exigence d'un cloud certifié gagne aussi du terrain dans des secteurs régulés comme la santé, la finance, l'industrie, l'énergie, ou chez les éditeurs qui travaillent avec l'administration.
Avec des API ouvertes et des standards puisés dans l'open source, SNC Cloud Platform mise sur l'interopérabilité et la réversibilité des données, c'est-à-dire la possibilité de rapatrier ses informations ou de changer de prestataire sans tout reconstruire, deux arguments très importants face à la concurrence américaine. OVHcloud marque encore des points en France, surtout quand on sait qu'à peine une grosse dizaine d'acteurs affichent aujourd'hui le précieux sésame ANSSI sur l'ensemble du marché français.
OVHcloud prévoit de généraliser SNC Cloud Platform à l'ensemble de ses régions Public Cloud en Europe, l'Italie, l'Allemagne et la Pologne figurant parmi les prochaines étapes, chaque déploiement devant se conformer au référentiel national en vigueur localement. Une ambition assumée par le fondateur Octave Klaba, qui voit dans la montée de l'intelligence artificielle un besoin croissant d'infrastructures de confiance maîtrisées depuis l'Europe. De quoi lire cette extension comme un jalon de plus dans la longue quête de souveraineté numérique du continent.
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