le mercredi 11 mai 2016

Les robots peuvent créer des emplois

Les robots creusent-ils le chômage ou sont au contraire des moyens de créer des nouveaux emplois ? La nouvelle série de Clubic Pro s'interroge sur ce mouvement de fond. Pendant un mois, la rédaction de Clubic enquête et vous livre chaque semaine une partie de la réponse. La problématique est importante et les réponses multiples. Si les robots peuvent apparaître comme un risque mortel pour l'emploi, les robots peuvent également créer de nouveaux postes.

Quand on pense robotisation d'une chaîne de production, on imagine que ce sont des emplois humains qui sont directement supprimés. C'est le cas des postes les moins qualifiés. L'équation est plus complexe qu'il n'y paraît puisque ce sont les pays les plus robotisés qui ont les taux de chômage les plus bas.

Face aux experts qui prophétisent cette fin du travail au profit des machines, les professionnels du secteur de la robotique tiennent un discours bien différent. « Moins d'automatisation ne signifie pas plus d'ouvriers dans les usines, mais moins d'industrie » martèle Serge Nadreau, président du groupe robotique au Symop (syndicat des machines et technologies de production) et directeur d'activité robotique d'ABB France.


« Avoir une industrie compétitive, c'est avoir une industrie automatisée dont les taux d'automatisation sont équivalents à ceux de nos voisins allemands. Le taux de robotique allemand est bien supérieur au notre, or, leur taux de chômage, bien inférieur. Il vaut mieux avoir une entreprise présente en France compétitive et équipée de robots que pas d'entreprise du tout. Il est important que l'on préserve des usines sur notre sol et même que l'on en recrée. »

Plus de robot = moins de chômage !


Ce discours fait écho à la position défendue par l'IFR (International Federation of Robotics). Les pays les plus robotisés, à savoir la Corée du Sud, le Japon et l'Allemagne comptent respectivement 478, 314 et 292 robots pour 10 000 employés. Ce sont aussi ceux qui affichent les plus faibles taux de chômage dans le monde.

IF densité de robots par pays
Si la Chine est aujourd'hui le plus gros acheteur de robots industriels, la Corée du Sud, Japon et Allemagne sont les pays où la densité de robots industriels est la plus élevée.


Pour pouvoir créer des emplois industriels, les entreprises doivent avant tout être compétitives au niveau international. Même la Chine, qui a longtemps misé sur sa main d'œuvre à faible coût, a changé son fusil d'épaule et parie désormais sur la robotique pour rester l'usine du monde. Les déclarations tonitruantes du patron de Foxconn, qui a annoncé en 2014 vouloir remplacer 1 million d'ouvriers par 1 million de robots, sont en train de se traduire dans les faits. Les entreprises chinoises sont devenues les plus grosses acheteuses de robots industriels au monde, loin devant les japonaises, les américaines ou coréennes. En 2015, elles ont acquis 66 000 robots industriels, un chiffre record alors que la production mondiale atteint 240 000 robots.

Dans le même temps, l'ensemble des pays européens achetaient 50 000 robots, les États-Unis, le Canada et le Mexique, 34 000 robots. Pour Jean Tournoux, délégué général du Symop, il est vain de vouloir rivaliser avec la Chine, même avec des robots : « La Chine achète aujourd'hui 20 fois plus de robots que nous. Leurs industriels sont dans une approche de production de masse. Ils robotisent leurs chaines d'assemblage de composants électronique, de smartphone. Nous, nous misons sur la robotique pour gagner en flexibilité, en efficacité et en ergonomie ».

Robot emploi travail
Modifié le 16/05/2016 à 10h37
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