Montage vidéo : les logiciels gratuits incontournables

Depuis l'explosion du marché des smartphones et la possibilité d'avoir un appareil photo à portée de main, il est probable que votre bibliothèque s'est remplie de vidéos d'anniversaire, de vos dernières vacances ou même du spectacle de fin d'année du petit dernier. Sauf qu'elles gisent là depuis, dans leur carcan numérique, et ne demandent qu'à être dépoussiérées et mises en valeur pour devenir des souvenirs dignes de ce nom. Même si l'offre payante des logiciels de montage vidéo vous fait assurément de l'œil, que dites-vous d'un panorama du pendant gratuit ?

Alors que les mastodontes du logiciel d'édition vidéo se livrent rude bataille, certains développeurs en profitent pour nous concocter des programmes gratuits, avec la prétention d'être aussi efficaces pour vous permettre d'éditer vos vidéos.

Cependant, l'offre gratuite est assez disparate, et on y voit se côtoyer des logiciels qui frôlent l'édition professionnelle, et d'autres, un peu plus humbles, qui s'attachent à répondre à vos besoins les plus basiques (découpe, capture, sous-titrages, etc.).

Ainsi, les éditeurs tendent à se positionner sur plusieurs segments de public, ceci permettant de contenter un large panel d'utilisateurs, allant du familial au professionnel, en passant par l'amateur.



Les incontournables


Cette sélection démarre avec le gratin des logiciels d'édition vidéo, ceux qu'on ne peut manquer de citer, qu'ils soient affiliés à un système d'exploitation comme Movie Maker ou iMovie, qu'ils soient devenus des programmes de référence tels que Lightworks ou encore parce qu'ils ont trouvé une formule qui marche comme VSDC Free Video Editor.

Montage vidéo : notre sélection de logiciels gratuits

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Movie Maker


Que les choses soient claires d'entrée de jeu, Movie Maker n'a nullement la prétention de s'affirmer comme le nouveau messie du montage vidéo, et s'adresse essentiellement à un public débutant, amateur ou familial.

Ce logiciel se présente comme tous les logiciels Microsoft, avec la fameuse barre d'onglets supérieure, même si l'on sent que l'interface commence à dater. Se rajoute en sus une timeline et moniteur de prévisualisation. La timeline ne supporte qu'une seule piste vidéo et audio (que ce soit de la musique, un son ou une « narration » enregistrée au microphone). Cependant, celle-ci s'avère réellement plaisante à manier, et les changements, faciles d'exécution. Notez aussi la possibilité d'ajouter du texte. En revanche, les options de montage restent assez basiques : déplacement, copie, découpage et suppression des séquences sont au programme. De même, les options de modifications vidéo et audio se limitent au strict minimum : rotation de 90°, stabilisation vidéo et luminosité réglable au moyen d'une barre de scroll, réglage du volume et insertion d'un fondu sonore.

L'attrait principal de Movie Maker réside dans sa dimension ludique. La carence en options de montage est contrebalancée par une surenchère des options de personnalisation/enrichissement vidéo. Ainsi, il est possible d'y intégrer des titres, des légendes, des génériques, des effets de mouvement, de zoom, etc. En ce qui concerne les effets visuels, le choix est très vaste, bien que ceux-ci ne soient que très peu, voire pas paramétrables : pixellisation, flou, miroir, filtres noir et blanc/sépia/colorisés, ondulation, etc.

Movie Maker peut se targuer de prendre en charge de nombreux formats en entrée : ASF, AVI, GIF, JPEG, MKV, MOV, MPEG, PNG, etc. Malheureusement, le bât blesse en sortie puisque seul le format MP4 est disponible. En outre, le logiciel se veut très simple et propose à l'utilisateur d'exporter son film soit directement sur une plateforme en ligne (OneDrive, Facebook, YouTube, Vimeo, etc.), soit sur un support (ordinateur, smartphones Apple/Android/Windows, tablette, etc.). Impossible donc de définir les codecs vidéo et audio, Movie Maker s'en charge à votre place. Noter par ailleurs la possibilité de graver un DVD.

Les possesseurs de Windows 8 peuvent bénéficier d'options supplémentaires, comme un stabilisateur, un mode collage photo automatique et une meilleure incrustation de sous-titres.

Il est à noter cependant que Movie Maker semble laisser à l'abandon par Microsoft, l'éditeur ne l'incluant même plus de base dans Windows 10 (et la dernière version de Movie Maker date de 2012 !).

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+ Les plus


- Interface claire et intuitive
- Idéal pour les débutants
- Dimension ludique des filtres et animations


- Les moins


- Très peu paramétrable
- Export trop balisé
- Pas d'améliorations depuis 2012.






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iMovie


Le logiciel de montage vidéo d'Apple se veut lui aussi ludique et facile à prendre en main.

Ludique puisqu'il met à disposition une quinzaine de modèles d'animation pour votre vidéo, la plupart reprenant l'imagerie des albums de photos de famille ou des souvenirs de voyage. iMovie vous permet également de créer votre propre bande-annonce, à partir de 30 styles de films. À vous de définir les titres, les noms figurant au générique ou encore le logo du studio. Chaque style suit un chemin de fer précis, constitué de storyboards au plan et à la durée définis, qu'il vous faudra remplacer par vos propres séquences vidéo pour réaliser votre bande-annonce.

Le programme vous permet également d'insérer des transitions stylisées et d'incruster des titres simples ou en mouvement (façon Star Wars par exemple) entre, ou à l'intérieur de vos séquences. Vous pouvez ajouter un fond d'écran ou piocher parmi votre bibliothèque iTunes ou une banque de sons. iMovie dispose de nombreux filtres vidéo (négatif, effet rêve, noir et blanc, sépia, rétro, etc.) et audio (feutré, radio, écho, cathédrale, téléphone, etc.).

Le montage à proprement parler est relativement aisé. Un clic simple permet de sélectionner une image de la timeline, un clic double, l'ensemble d'une séquence, et un clic maintenu permet de déplacer les vidéos ou de les réduire par l'avant ou par l'arrière. Quant au clic-droit, son menu contextuel permet de scinder une séquence, d'insérer un arrêt sur image ou un fondu enchaîné ou encore de séparer l'audio de la vidéo.

Du côté des options, une simple pipette ou des barres de scroll sont là pour régler la balance et l'étalonnage des couleurs. Vous pourrez également modifier le recadrage, le stabilisateur, le volume, les bruits de fond ou encore l'égaliseur audio.

À l'importation, AVCHD, H.264, iFrame, MJPEG, MPEG 2 et 4, MOV et DV sont de la partie. À l'exportation, après avoir défini framerate, résolution, letterbox, qualité et débit binaire, vous pourrez opter pour le H.264, 3GP, MPEG 4 ou le DV. Un outil de partage est prévu pour simplifier vos exportations sur Youtube, Facebook ou Vimeo.

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+ Les plus


- Simplicité d'utilisation
- Aspect ludique
- Outil bande-annonce bien pensé


- Les moins


- Piste vidéo unique







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Lightworks


Plus méconnu que les logiciels cités précédemment, Lightworks demeure pourtant une référence dans le domaine de l'édition vidéo. Prisé par les monteurs professionnels des années 90, il a permis notamment la production de Pulp Fiction et de Braveheart. Depuis 2010, l'éditeur propose une version numérique simplifiée, gratuite et en anglais de son célèbre programme.

Son interface plein écran peut dérouter au premier abord, tant par son aspect austère que par le peu d'éléments affichés. Sur Lightworks, chacun compose son propre espace de travail, en appelant, depuis une barre d'outil (modulable également), des fenêtres indépendantes que l'on peut déplacer, verrouiller, masquer ou réduire. Ces fenêtres peuvent être les fichiers vidéo, audio ou image importés ; mais aussi le lecteur vidéo, la table de montage ou la timeline qui leur sont propres ; ou encore l'outil de capture de flux vidéo et audio, ou les outils d'importation et d'exportation. L'écran se remplit donc vite de fenêtres et l'utilisateur peut se retrouver perdu s'il ne fait pas preuve d'un minimum d'organisation. Pour cela, le logiciel met à disposition un système de tiroirs et d'armoires permettant de ranger et trier ses fichiers de travail.

Au-delà d'un système de sélection et de découpe de séquences classique, Lightworks croule sous les options, chaque fenêtre disposant d'une liste de paramètres spécifiques. On notera également la présence de nombreux filtres (effets visuels, couleurs, transitions, effets audio, etc.) ; tous paramétrables et pouvant être enregistrés en tant que template. Des options avancées permettent également la gestion du temps (framerate, slowmotion, etc.).

C'est en termes d'exportation que le bât blesse. Puisque si les fichiers AVI, MPEG-4 ou issus de la plupart des appareils vidéo domestiques sont acceptés en importation, seul le codec H.264 est disponible à l'export. Pour bénéficier des mêmes formats qu'en import, il est nécessaire de passer à la version Pro, contre 5,99 euros par mois, 59,99 euros par an ou 214,99 euros de manière définitive.

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+ Les plus


- Aspect modulable pratique une fois maîtrisé
- Système de rangements intéressant
- Clarté de la timeline


- Les moins


- Demande beaucoup d'organisation
- Codecs d'export limités
- Icônes peu parlantes




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VSDC Free Video Editor


VSDC est un bon compromis entre l'aspect trop balisé d'un Movie Maker et la complexité d'un Lightworks. Son interface personnalisable se veut intuitive. Vos fichiers de travail, et les effets qui leur sont appliqués, sont organisés et facilement retrouvables grâce à un système d'arborescence, présent aussi bien au sein d'un explorateur dédié que sur une timeline multipiste.

Le logiciel permet de travailler de nombreux fichiers : AVI, MPEG, MOV, WMV, MKV, FLV, etc. pour la vidéo ; MP3, WAV, WMA, FLAC, etc. pour l'audio ; et BMP, JPG, PNG, PSD, etc. pour l'image. Le logiciel permet la capture d'un flux vidéo depuis votre écran ou d'un périphérique externe. À cela s'ajoute la possibilité d'intégrer des formes géométriques, des lignes, des mouvements, des effets de transition ou encore d'intégrer du texte.

Chaque élément peut être travaillé seul ou par lot. Un menu de paramètres spécifiques permet alors le découpage d'une séquence, le redimensionnement, le changement de vitesse, de la couleur d'arrière-plan, etc.

Les effets vidéo et audio sont également nombreux : options de couleur (niveaux, contraste, luminosité, etc.), de transformation (rotation, perspective, zoom, etc.), de transparence (opacité, fondu, etc.), de retard (réverbération, vibrato, etc.) ou encore des filtres vidéo (flou, netteté, bruit, etc.) et audio (équaliseur, pédale wah-wah, etc.). Ces effets surprennent moins par leur originalité que par leur possibilité d'être paramétrés avec précision.

L'assistant d'exportation permet de créer un DVD ou de créer un fichier lisible depuis un appareil sélectionné. Les utilisateurs plus exigeants pourront éditer l'un des profils d'exportation, sélectionner les codecs de leur choix et revenir sur une série de paramètres : résolution, débit binaire, fréquence, etc. Le profil pourra alors être sauvegardé.

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+ Les plus


- Permet un travail organisé
- Options nombreuses sans être envahissantes
- Nombreux formats supportés


- Les moins


- Pas d'accès direct à l'outil de découpage




Modifié le 22/09/2016 à 10h24
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