le mardi 24 mai 2016

Les robots sont-ils un risque mortel pour l'emploi ?

Les robots creusent-ils le chômage ou sont au contraire des moyens de créer des nouveaux emplois ? La nouvelle série de Clubic Pro s'interroge sur ce mouvement de fond. Pendant un mois, la rédaction de Clubic enquête et vous livre chaque semaine une partie de la réponse.


Suite aux récentes prises de position de Bill Gates et Benoît Hamon en faveur d'une "taxe robots", nous vous proposons de découvrir (ou redécouvrir) ce dossier qui traite des questions de la robotisation et de l'emploi.


Alors que l'on parle aujourd'hui de 4e révolution industrielle, l'accélération apportée par le numérique fait peur. Nombre d'emplois industriels mais aussi de services vont être profondément touchés par ce mouvement.

Dès les premières révolutions industrielles, la mécanisation a entraîné la disparition d'emplois manuels peu qualifiés. La révolte des luddites entre 1811 et 1812 en Angleterre et celles des canuts de Lyon face à l'arrivée des métiers à tisser mécaniques a montré très tôt que certains métiers étaient amenés à disparaître face à la poussée des machines.

Aujourd'hui, les robots sont courants sur les chaines de montage automobile. Pour des tâches de soudure ou de peinture, il serait difficile aux industriels de trouver du personnel qui accepte de tenir ces postes très durs physiquement et actuellement opérés par les robots industriels. La robotique apporte donc en ce sens des améliorations dans les conditions de travail.

Robot emploi travail


Dans les années 80 et 90, la première vague de robotisation s'est accompagnée d'une progression significative du PIB des pays industrialisés. Une richesse qui a permis de compenser les postes détruits dans l'industrie par des postes à plus haute valeur ajoutée, notamment des ingénieurs, des informaticiens, des roboticiens, ainsi que dans d'autres secteurs d'activité, principalement dans les services. C'est un processus de destruction créatrice qui a été formalisé dès les années 40 par l'économiste Joseph Schumpeter.

Néanmoins, la transformation numérique des entreprises et la numérisation de l'économie sont en train de bousculer cette évolution progressive de nos sociétés. Ainsi, le cabinet Roland Berger Strategy Consultants, souligne qu'une entreprise du numérique comme WhatsApp, valorisée 19 milliards de dollars n'emploie en fait que 55 personnes. Du jamais vu dans l'économie telle que les hommes ont connu pendant des siècles.
Modifié le 21/02/2017 à 16h15
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