Alcatel-Lucent annonce se séparer de 5 500 de ses salariés

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Le 19 octobre 2012
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À l'occasion de la publication de ses comptes du deuxième trimestre, l'équipementier télécoms Alcatel-Lucent annonçait un plan de restructuration à venir. Ce 19 octobre, le groupe déclare que 7% des effectifs seront supprimés, dans l'objectif de réduire ses coûts à hauteur de 1,25 milliard d'euros.

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C'est confirmé. L'équipementier télécoms Alcatel-Lucent supprimera 5 490 postes dans le monde, comme annoncé en juillet, dont 3 300 en Europe, où la société réalise 26% de ses recettes mais où elle se porte le moins bien, et 1 430 en France. Baptisé « programme performance », ce plan de restructuration vise à « diminuer les fonctions support et administratives », mais n'affectera pas, à en croire le p-dg, Ben Verwaayen, la recherche et développement. Selon la CFDT, citée par l'AFP, les branches visées en France sont la vente, le marketing, la finance, les ressources humaines, le service clients et le support.

Au deuxième trimestre, le groupe avait perdu 256 millions d'euros, laissant de côté son objectif de rentabilité pour 2012. Depuis, Alcatel-Lucent veut réduire ses coûts à hauteur de 1,25 milliard d'euros. Sur la précédente période, le groupe avait réalisé un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros, en recul annuel de 7%. Hormis la division IP, toutes les branches s'affichaient en repli : optique, accès mobile, accès fixe et applications d'opérateurs. Le p-dg déclarait à cette occasion que, « au regard du contexte macro-économique qui se détériore et de la concurrence qui règne sur les prix dans de nombreuses régions du monde et qui pèse sur notre rentabilité, nous devons amorcer une transformation plus ambitieuse ». Et ajoutait, « l'heure est à la fermeté ».

Les syndicats pointent du doigt « une situation paradoxale »

L'intersyndicale CFDT, CGT, CFE-CGC de l'entreprise a dénoncé le fait que les effectifs français soient touchés à hauteur de 27%, « alors qu'ils représentent moins de 12% du personnel du groupe au global ». Lequel emploie 76 000 salariés dans le monde, dont 9 000 dans l'Hexagone. « Cette situation est d'autant plus paradoxale que le marché des télécoms est aujourd'hui économiquement sain. Ainsi les trois grands opérateurs français ont versé 5 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires », ont-ils fait valoir.

Du côté du gouvernement, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, et Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Économie numérique, ont déclaré vouloir « se mobiliser pour favoriser le rebond d'Alcatel-Lucent dans les prochains mois dans le cadre d'un plan d'action pour l'ensemble de la filière des équipementiers de télécoms, passant notamment par une relance des investissements des opérateurs dans les réseaux à très haut débit ». Dans le cadre de sa stratégie 2013, annoncée le 10 octobre, Fleur Pellerin avait fait de l'accès au haut débit pour tous, la priorité de sa politique numérique.

En marge de cette annonce, la filiale chinoise d'Alcatel-Lucent a remporté un contrat « majeur » avec China Mobile, le 17 octobre, premier opérateur mobile mondial. L'opération, dont le montant n'a pas été communiqué, vise à « assurer la plus grande partie du déploiement du nouveau réseau pilote TD-LTE de l'opérateur qui étend ses services à dix villes ». L'équipementier télécoms y voit un fort potentiel dans ce pays. Rappelons que la zone Asie pacifique est celle où il se porte le moins mal, avec un recul annuel de ses recettes de 4,8% au dernier trimestre. Les résultats financiers du quatrième trimestre seront connus le 2 novembre.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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