Un centre de données souterrain de 200 mégawatts pourrait voir le jour dans le Saumurois, en Maine-et-Loire. Baptisé Big Nuage, le colossal projet de la société Zeus data center serait l'un des plus puissants jamais construits en province française.

Dans l'une des allées du data center de Free Pro, à Marseille. © Alexandre Boero / Clubic
Dans l'une des allées du data center de Free Pro, à Marseille. © Alexandre Boero / Clubic

Le projet Big Nuage, qui évoque un data center enfoui sous terre dans le Saumurois, a été pensé pour atteindre les 200 mégawatts de puissance, soit autant que la consommation électrique annuelle d'une ville de 150 000 habitants. En France, les 320 à 350 centres de données existants sont pour la plupart concentrés en région parisienne, un territoire qui arrive à saturation, faute de foncier disponible et de capacité électrique suffisante. Ouest-France en dit plus sur le projet ce lundi qui, vous allez le voir, n'est pas inédit pour autant.

Le Saumurois se prépare à accueillir un data center souterrain hors norme

Derrière « Big Nuage », il y a Nicolas Joncheray, le patron de Zeus data center, une société installée à Longué-Jumelles, en Maine-et-Loire. Son projet vise à creuser sous terre pour y bâtir un centre de données d'une puissance de 200 mégawatts, répartis sur plusieurs milliers de mètres carrés. Un gabarit sans précédent dans ce département, qui ne compte aujourd'hui que trois data centers, tous sont de modeste envergure.

On sait l'importance d'un data center dans l'écosystème numérique. Si vous êtes de passage, on parle de l'endroit physique où sont stockées nos données, nos contenus, les applications qu'on utilise au quotidien. Difficile d'imaginer Internet sans ces infrastructures. En France, on en compte entre 320 et 350, avec environ un centre de données sur trois installé en région parisienne, désormais un territoire qui n'a plus franchement la place ni la puissance électrique pour en accueillir davantage.

Enterrer un data center est tout sauf une idée folle. En 2024, nous visitions le D4 d'Infomaniak à Genève, un centre de données construit sous des immeubles résidentiels. Là-bas, la fraîcheur naturelle du sous-sol sert directement à refroidir les milliers serveurs de l'installation. C'est un avantage considérable, car refroidir ces machines est l'un des postes les plus énergivores d'un data center. Big Nuage miserait de son côté sur une température souterraine d'environ 12°C.

Nous sommes ici dans une sorte de pièce paquebot : c'est là qu'on décide du mode de refroidissement du data center d'Infomaniak. © Alexandre Boero / Clubic
Nous sommes ici dans une sorte de pièce paquebot : c'est là qu'on décide du mode de refroidissement du data center d'Infomaniak. © Alexandre Boero / Clubic

200 mégawatts sous terre, et les questions que pose un projet encore très flou

En ce qui concerne Big Nuage justement, les informations restent pour le moment parcellaires. On sait que le site sera souterrain, que sa localisation exacte restera secrète pour des raisons de sécurité, et que Jacky Goulet, le maire de Saumur, confirme l'existence du projet ainsi que l'implication d'un « groupe international à la puissance financière colossale », dont le nom et la nationalité n'ont pas filtré.

Évidemment, on peut se demander comment fournir 200 MW dans un territoire comme le Saumurois ? Comment dissiper toute la chaleur produite ? À Genève, le D4 d'Infomaniak récupère 100 % de l'énergie des serveurs pour chauffer 6 000 logements alentours. Pour Big Nuage, la réponse reste à construire, comme le data center.

Nicolas Joncheray assure enfin que « les cases sont cochées » sur le plan environnemental, sans donner d'autres détails publics. C'est pourtant un enjeu central, à l'heure où l'industrie du cloud croît de 20 % par an (un chiffre de 2024, qui a sans doute gonflé depuis).