Recherches web, vidéos regardées, déplacements, habitudes de navigation… Votre compte Google peut conserver une quantité (très) impressionnante d’informations sur vous. Bonne nouvelle : en dix minutes, quelques réglages basiques permettent de reprendre la main, sans pour autant renoncer aux services que vous utilisez au quotidien.

Vous souvenez-vous de ce que vous recherchiez sur Internet mardi dernier ? De cette vidéo YouTube lancée un soir cet été en attendant le dîner, et/ou de l’adresse de ce restaurant que vous avez consultée sur votre smartphone il y a 3 mois ? Google, lui, peut en avoir gardé une trace. Et le plus simple pour s’en rendre compte, c’est encore d’aller vérifier par vous-même.
Cela permet de comprendre quelles informations sont enregistrées, de limiter leur collecte et d’empêcher qu’elles soient conservées indéfiniment. Prenez un café, votre téléphone, prévoyez dix petites minutes et suivez le guide.
En bref : les réglages pour limiter ce que Google sait de vous
- Consultez et faites le tri dans Mon activité Google
- Désactivez ou limitez l’activité sur le Web et les applications
- Programmez la suppression automatique de vos historiques
- Vérifiez votre historique YouTube et vos paramètres de localisation
- Désactivez les annonces personnalisées si vous le souhaitez
- Faites le ménage dans les cookies de Chrome et l’identifiant publicitaire Android
- Utilisez un VPN pour masquer votre adresse IP et bloquer une partie des traqueurs
Faites le test : découvrez ce que Google sait de vous
Commencez par ouvrir Mon activité Google, en vous connectant à votre compte habituel. Vous y trouverez différentes traces de votre activité, notamment vos recherches et certaines interactions avec les services Google, selon les paramètres activés.
Vous pouvez parcourir les événements enregistrés, filtrer par date ou par service et supprimer des éléments individuellement. C’est aussi un bon moyen de découvrir que des habitudes que vous aviez oubliées peuvent rester accessibles plusieurs mois, voire plusieurs années.
Pour aller plus loin, rendez-vous sur Google Takeout. Cet outil permet d’exporter les données associées à votre compte, parmi les catégories proposées : activité, historique YouTube, informations liées à certains services… Vous pouvez sélectionner les données qui vous intéressent et demander une archive.
Attention, tout n’est pas forcément enregistré, cela va dépendre de vos réglages, des services utilisés et des autorisations accordées. Mais cette première visite vous donnera déjà une idée assez concrète de votre empreinte numérique.
Pourquoi Google collecte-t-il autant d’informations ?
Lorsque vous êtes connecté à votre compte, plusieurs services peuvent alimenter cet historique. La recherche conserve certaines requêtes si l’activité correspondante est activée. YouTube peut également mémoriser les vidéos regardées et recherchées. Maps peut quant à lui enregistrer des recherches de lieux et, si vous l’avez autorisé, contribuer à l’historique de vos déplacements.
Sur Android, certaines données d’utilisation et informations liées à l’appareil peuvent également être associées à votre compte, en fonction des paramètres choisis.
Et ce n’est pas tout, Chrome, de son côté, peut synchroniser votre historique de navigation et d’autres éléments si vous avez activé cette fonction, sans parler des cookies, outils de mesure d’audience et autres traceurs publicitaires…
L’enjeu consiste donc ici à agir sur plusieurs niveaux, en commençant par les réglages essentiels de votre compte.
Les réglages Google à modifier (en dix minutes)
Étape 1 : Depuis votre compte Google, rendez-vous dans la rubrique Données et confidentialité. Parcourez les recommandations proposées, celles-ci permettent de vérifier plusieurs paramètres importants au même endroit.
Étape 2 : Dans les paramètres de l’historique, ouvrez Activité sur le Web et les applications. Vous pouvez désactiver l’enregistrement futur de cette activité. Selon les options disponibles, vous pouvez aussi limiter l’enregistrement de l’historique Chrome et de l’activité liée aux applications utilisant les services Google. Désactiver ce suivi peut réduire certaines fonctions de personnalisation.
Étape 3 : Si vous préférez conserver un historique récent, plutôt que de tout désactiver, cherchez l’option de suppression automatique. Lorsqu’elle est proposée, choisissez une durée plus courte, par exemple un mois, plutôt qu’une conservation trop prolongée. Vérifiez également les historiques YouTube et les autres catégories d’activité, car leurs paramètres peuvent être distincts.
Étape 4 : Dans Données et confidentialité, ouvrez les paramètres de l’historique des positions (Chronologie dans Google Maps). Désactivez-le si vous ne souhaitez pas enregistrer vos déplacements. Vérifiez aussi l’activité sur le Web et les applications, qui peut contenir certaines données de localisation. Pensez à contrôler aussi les autorisations de localisation accordées à chaque application.
Étape 5 : Rendez-vous dans Mon centre d'annonces. Vous pourrez y désactiver les annonces personnalisées ou ajuster les informations utilisées pour leur personnalisation. Cela ne signifie pas nécessairement que vous ne verrez plus de publicités, mais elles seront moins adaptées à vos centres d’intérêt.
Étape 6 : Ouvrez les paramètres du navigateur, puis la rubrique consacrée à la confidentialité et à la sécurité. Vous pouvez supprimer les cookies et les données de navigation, limiter les cookies tiers et vérifier les autorisations accordées aux sites. Gardez toutefois à l’esprit que supprimer les cookies peut vous déconnecter de certains services.
Pourquoi un VPN reste utile, même après ce grand ménage
Vous avez désactivé les historiques, limité les annonces personnalisées et nettoyé Chrome ? Mais il reste un élément que les réglages de votre compte Google ne peuvent pas faire disparaître : votre adresse IP.
Cette adresse, attribuée à votre connexion Internet, ne révèle pas automatiquement votre identité ni votre adresse exacte, mais elle constitue une information supplémentaire exploitable pour certains mécanismes de suivi. Et supprimer vos historiques Google n’y changera rien.
C’est ici qu’un VPN comme Proton VPN complète utilement votre démarche. Dès lors, votre trafic Internet va transiter par un serveur VPN, et les sites consultés voient l’adresse IP de ce serveur plutôt que votre véritable adresse IP publique. Votre connexion est également chiffrée entre votre appareil et le serveur VPN.
Proton VPN intègre également NetShield, une fonctionnalité qui bloque les connexions vers des domaines identifiés comme hébergeant des publicités, des traqueurs ou des logiciels malveillants.
Elle fonctionne au niveau des requêtes DNS, c’est-à-dire lorsque votre appareil cherche à joindre un domaine. Le filtrage s’applique aux applications et aux sites compatibles, sans remplacer toutes les protections du navigateur.
Ce qu’un VPN ne fait pas
Si vous restez connecté à votre compte Google, Google peut toujours vous reconnaître. Masquer votre adresse IP ne supprime ni votre compte, ni les informations que vous choisissez de lui communiquer. Et non, un VPN ne désactive pas non plus les cookies, il ne supprime pas vos historiques et il ne bloque pas tous les systèmes de suivi.
La bonne approche consiste donc à combiner les deux actions. D’une part limiter les données enregistrées dans votre compte et d'autre part protéger davantage votre connexion lorsque vous naviguez. Dix minutes suffisent pour commencer à réduire votre empreinte numérique.