Android : des centaines d’apps écoutent ce que vous regardez à la TV

Le New York Times a identifié au moins 250 jeux sur le Google Play Store intégrant un logiciel espion qui exploite le micro de votre smartphone pour traquer vos habitudes devant la télévision.

Les informations ainsi illégalement collectées sont ensuite revendues à des annonceurs. Un millier d'applications seraient concernées.

Accès au micro à des fins publicitaires


« Si c'est gratuit, c'est vous le produit » : la célèbre maxime trouve une fois de plus une illustration désolante dans les révélations du New York Times sur l'usage fait par de nombreux éditeurs d'un petit logiciel baptisé Alphonso. Dans son édition du 28 décembre, le quotidien américain affirme avoir détecté sa présence dans au moins 250 jeux. Pêle-mêle,Pool 3D, Beer Pong: Trickshot, Real Bowling Strike 10 Pinou encore Honey Quest, mais aussi des messageries instantanées et des applis sociales : à la première ouverture, chacun d'entre eux vous demande d'accéder à votre micro à des fins publicitaires, avant de pouvoir jouer.

Votre consentement aura pour conséquence de permettre à Alphonso de collecter tout un tas de données sur vos habitudes de consommation télévisée. Le logiciel, intégré à l'APK, capte les signaux audio émis par votre téléviseur, et identifie les programmes que vous regardez. Ces informations, une fois revendues à des annonceurs, permettent à ces derniers d'évaluer leur impact et le niveau de conversion en acte d'achat.

Vie privée hero


Un millier d'applications concernées


Bien sûr, Alphonso ne peut faire son job que si l'application du jeu est lancé. Encore faut-il penser à tuer l'application après chaque partie. Autrement, le logiciel collecte des informations, y compris quand votre appareil est dans votre poche. L'éditeur d'Alphonso assure qu'il ne s'intéresse pas aux conversations humaines, et qu'il ne s'agit en rien d'un espionnage honteux, l'usage du microphone et la localisation étant soumis à l'autorisation de l'utilisateur.

Alphonso refuse en revanche de dire combien d'internautes sont ainsi « profilés », ni de livrer les noms du millier d'applications qui intégreraient son charmant petit espion. Par mesure de prudence, ou simplement par souci de votre vie privé, vous pouvez commencer par décliner toute demande d'accès au microphone de votre appareil à des fins publicitaires, comme certaines applis vous le demandent.

Modifié le 03/01/2018 à 15h34
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