Hadopi : quelles alternatives légales au P2P ?

Après le rejet surprise du 9 avril, la loi Hadopi est de retour à l'Assemblée Nationale depuis le 29 du mois. Sauf nouveau coup de théâtre, la loi devrait cette fois-ci être adoptée, même si elle devra encore être appliquée concrètement. Partant de là, on peut adopter deux attitudes : chercher des moyens technologiques plus avancés permettant d'échapper au filtrage que la loi imposera, ou chercher d'autres moyens, légaux, de satisfaire ses envies de découvertes musicales, cinématographiques ou télévisuelles. Encore faut-il que l'offre suive ! Ça n'est pas tout à fait le cas, mais la situation a tout de même évolué ces 5 dernières années.

Assemblée nationale pendant le vote du projet de loi Hadopi.
On pourrait débattre de la légitimité des dispositifs mis en place par la loi Hadopi. Le principe de la riposte graduée pose de vraies questions sur le droit à l'information (peut-on couper l'accès internet d'un utilisateur sans le priver de ce droit ?), et la surveillance du réseau qui sera nécessairement instaurée est propice aux dérives. Faisons-nous néanmoins l'avocat du diable, et acceptons les arguments des maisons de disques et des studios : certes, le piratage est sans doute loin d'être la seule raison de la baisse des ventes de disques ou de fréquentation des cinémas. Il semble cependant difficile de le justifier : tout travail mérite rémunération, et des milliers d'artistes, de labels, de studios ou de producteurs créent des choses formidables. Il est normal que ces gens récupèrent le fruit de leur travail. Par conséquent, on peut comprendre qu'il faille des lois pour fixer des bornes. Cette nécessité se heurte néanmoins à une limite : interdire le téléchargement illégal ne poussera pas les gens par millions dans les Fnac et autres Virgin pour acheter des supports obsolètes à des prix archaïques. Qu'on le veuille ou non, le téléchargement et l'écoute en streaming sont l'avenir, et toute tentative de préserver les modèles actuels se soldera par un échec. Fixer des limites, aussi dures soient-elles, est donc une option, mais à l'unique condition que l'on propose une alternative légale au moins aussi attractive : le catalogue doit être aussi fourni, la qualité d'écoute ou de visionnage optimale et les délais d'obtention les plus rapides possible.

Explorons donc les moyens 100% légaux mis à disposition des internautes. Les offres de téléchargement de musique sont elles enfin dignes d'intérêt ? La VOD propose-t-elle une véritable alternative au téléchargement de films ou de séries sur les réseaux P2P ou les newsgroups ? Les sites de streaming ou les communautés en ligne permettent-ils de découvrir de nouveaux talents ? Nous tenterons de répondre à ces questions. Il y a 5 ans, certains médias se mobilisaient en faveur de la licence globale, et l'offre légale était encore balbutiante : l'iTunes Store ouvrait à peine ses portes en France, l'offre vidéo était inexistante et les DRM beaucoup trop restrictifs ôtaient toute envie de choisir la voie légale. Que s'est-il passé depuis ? Faisons un état des lieux !
Modifié le 28/06/2012 à 09h52
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