LeWeb 2014 - Relancée au Japon, Six Apart mise sur un avenir multi-CMS

Il n'y a pas si longtemps, l'essor du blogs donnait naissance à plusieurs outils de publication. Parmi ces derniers, la société Six Apart éditait notamment Movable Type. Interrogé par nos soins à LeWeb, le PDG Nobuhiro Seki a accepté de répondre à quelques questions.

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Avant la multiplication des réseaux communautaires, les internautes échangeaient principalement leurs idées via des blogs. L'outil fut ensuite adopté par les entreprises pour y publier leurs communiqués de presse. Six Apart disposait alors de Live Journal, Typepad et Movable Type. Aujourd'hui Six Apart détient seulement Movable Type et se concentre sur le marché japonais.

Combien de licences de Movable Type commercialisez-vous chaque année ?

Nobuhiro Seki : Ces dernières années nous nous sommes concentrés sur le marché japonais au sein duquel nous vendons plusieurs milliers de licences. Il y a peu de ventes aux États-Unis.

Avec la prolifération des réseaux communautaires, il y a moins de blogs. Cela vous a-t-il financièrement affecté ?

Nobuhiro Seki : Pas vraiment, puisque nous avons migré depuis un outil de blog vers un CMS. Les entreprises faisaient appel à des agences pour leurs campagnes marketing. Désormais, les sites sont développés en interne. Et puis il n'est pas facile de re-contextualiser l'information sur Facebook ou à partir d'un tweet.

Movable Type était l'un des grands concurrents de Wordpress. Aujourd'hui, comment convaincre les gens d'adopter votre solution plutôt que celle d'Automattic ?

Nobuhiro Seki : A l'origine Movable Type était un logiciel de blogs et il y avait plein de gens qui l'utilisaient. Mais il y a une dizaine d'années les entreprises souhaitaient en faire un vrai CMS. Nous avons donc rajouté plusieurs fonctionnalités en ce sens.

L'une des différences est que Movable Type est statique alors que Wordpress est dynamique. C'est-à-dire que Wordpress génère la page à la volée en accédant à la base de données. A contrario Movable Type génère la page avant que l'internaute ne s'y rende. Les pages sont déjà préparées sur le serveur Web. Cela peut prendre du temps mais lorsque le trafic est énorme cela facilite l'accès.

Cela diminue donc les coûts du serveur et c'est plus simple à maintenir et beaucoup plus stable. C'est la raison pour laquelle Movable Type reste encore sur le marché.

Il y a également la sécurité. Sur un modèle dynamique, à chaque fois que le navigateur génère une page, elle charge du contenu dynamique. S'il y a une vulnérabilité, elle pourra donc être plus facilement exploitée que sur une solution statique.

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Aujourd'hui Movable Type n'est plus open source ?

Nobuhiro Seki : Non c'est dû à notre changement de stratégie. Il y a sept ans nous avions publié Movable Type en open source dans sa version 4.x et jusqu'à la version 5. Nous avons arrêté cette publication pour la version 6.

Il y avait trop de gens récupérant la version open source qui nous posaient plein de questions alors qu'elle n'était pas officiellement prise en charge.

Après être passé de main en main, Six Apart ne dispose plus du service Typepad, pourquoi ne pas proposer une version allégée de Movable Type pour les particuliers ?

Nobuhiro Seki : A l'époque, Il y avait Movable Type et les gens souhaitaient avoir une version hébergée, c'est la raison pour laquelle nous avions lancé Typepad en le positionnant sur un marché différent.

Au Japon, ils viennent tout juste de lancer Movabletype.net, il s'agit d'une version allégée de la plate-forme répondant davantage aux besoins des consommateurs.

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Pourriez-vous revenir sur l'acquisition de Topix ? Quelles sont vos ambitions avec cette technologie ?

Nobuhiro Seki : Il s'agit d'une plate-forme pour intégrer vos différents CMS. Les entreprises peuvent en gérer plusieurs, par exemple dans le cas d'acquisitions de sociétés. Il faut donc un outil pour tout consolider.

Les migrations peuvent prendre très longtemps et puis les gens n'ont pas forcément le temps ou l'envie de s'habituer à de nouveaux outils. Topix peut gérer tout le contenu en le centralisant pour le publier par la suite.

A quoi ressemblera le CMS dans 10 ans ?

Nobuhiro Seki : Auparavant tous les départements techniques ne voulaient qu'un seul gros CMS répondant à tous les usages. Mais les utilisateurs n'étaient pas de cet avis. Il peut y avoir plein de fonctionnalités mais certaines personnes n'ont que des usages restreints. Pourtant il sdevaient utiliser quelque chose de complexe.

Je pense que les CMS vont se multiplier pour répondre aux besoins de chacun.

Je vous remercie
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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