Pour son navigateur Edge, Microsoft teste des mises à jour qui s'appliquent en arrière-plan, sans redémarrage ni perte des onglets ouverts. On espère déjà que les autres éditeurs lui emprunteront cette bonne idée.

Alors que les éditeurs de navigateurs sont désormais passés à des mises à jour toutes les deux semaines, il devient de plus en plus logique de pouvoir appliquer ces correctifs sans devoir redémarrer le logiciel à chaque fois. Et sur ce point, nous saluons les efforts de Microsoft qui souhaite supprimer cette étape et dévoile un prototype.
Réduire le patch gap sans interrompre votre travail
Si les correctifs des navigateurs Web s'accélèrent grâce à l'IA, paradoxalement, les mises à jour sont appliquées moins souvent du côté des utilisateurs, sans doute lassés par ces demandes de redémarrage intempestives. Il en résulte des "patch gap" qui s'allongent et cela concerne tous les éditeurs, qu'ils utilisent Chromium ou Gecko. Encore en fin de semaine dernière, nous rapportions que Google avait corrigé 37 failles dans Chrome, dont sept critiques, mais qu'Edge, qui repose sur le même socle, ne les avait pas encore reçus
Microsoft travaille sur un prototype qui fonctionne en trois temps. D’abord, Edge télécharge la nouvelle version en arrière-plan. Ensuite, le navigateur prend le relais avec cette version, sans fermer votre travail. Les onglets déjà ouverts continuent de tourner sur l’ancienne version, tant qu’elle reste compatible. Enfin, chaque onglet passe à la nouvelle version quand vous changez de page, et les nouveaux onglets s’ouvrent directement dessus. Dans la démonstration, un long formulaire reste ouvert et intact pendant l’opération. Un clic sur “Update” est encore nécessaire, mais Microsoft veut s’en passer et appliquer la mise à jour quelques minutes après sa sortie. Le prototype n’est pas en production et ne fait pas partie de Chromium, la base open source d’Edge.

Il existe déjà deux options. La première, "Restart to update on idle", permet de relancer Edge quand l'appareil est inactif, d'installer la mise à jour en attente et de rouvrir les onglets. Le redémarrage a toujours lieu, mais pas au milieu de votre travail. Cela permet donc d'avoir une protection en quelques heures plutôt qu'en plusieurs jours.
Il y aussi les "Security Update Alerts" qui visent les organisations. L'administrateur fixe un seuil de gravité dans le tableau de bord de surveillance du service de gestion d'Edge. Il reçoit une alerte, sur le tableau de bord et par e-mail, quand une version corrige une faille de ce niveau ou d'un niveau supérieur. Les versions qui corrigent une faille zero-day sont aussi signalées. Le tableau indique les CVE corrigées et le nombre d'appareils Windows gérés à mettre à jour. L'administrateur peut ensuite demander un redémarrage ou programmer des redémarrages automatiques à l'inactivité. L'outil est disponible sans licence supplémentaire. Microsoft n'a pas dit si, ni quand, la mise à jour sans redémarrage arrivera dans une version publique.
Quoi qu'il on espère que les autres éditeurs de navigateurs s'inspireront de ces travaux plutôt bienvenus.