OVHcloud a été retenu par la BCE pour fournir l'infrastructure cloud souveraine de l'euro numérique. Le leader européen du cloud, qui en a fait l'annonce ce jeudi, entre dans la construction de la future monnaie électronique européenne.

OVHcloud rejoint la BCE pour bâtir l'infrastructure cloud souveraine de l'euro numérique. © Alexandre Boero / Clubic
OVHcloud rejoint la BCE pour bâtir l'infrastructure cloud souveraine de l'euro numérique. © Alexandre Boero / Clubic

Ce jeudi 19 mars 2026, OVHcloud a officialisé sa participation au projet d'euro numérique porté par la Banque centrale européenne (BCE), aux côtés de Senacor Technologies. Le groupe français mettra son infrastructure cloud, 100 % opérée depuis l'UE, au service du futur et d'ores et déjà annoncé très coûteux système de paiement européen. Un signal fort, à l'heure où le continent cherche à reprendre la main sur sa propre souveraineté financière.

OVHcloud et Senacor, le duo souverain retenu par la BCE

L'annonce est tombée ce matin depuis Roubaix. OVHcloud a été retenu, via son partenaire Senacor Technologies, pour héberger une partie du futur euro numérique sur ses propres serveurs, des serveurs physiquement installés en Europe, et uniquement en Europe. Dit autrement, c'est OVHcloud qui gardera les données du système sous clé européenne, loin de tout cloud américain.

Au cœur du système, il y a un composant technique baptisé SEPI, pour Secure Exchange of Payment Information. Imaginez-le comme le chef d'orchestre invisible qui s'assure que les informations de paiement circulent de manière sécurisée entre toutes les banques et institutions impliquées. Senacor Technologies construit cet outil ; OVHcloud lui fournit la salle où jouer. Un duo complémentaire, 100% européen.

L'euro numérique est, si vous avez manqué un épisode, tout simplement une version électronique de notre monnaie commune, émise directement par la BCE et utilisable pour payer en boutique, sur internet ou virer de l'argent à un ami. Un peu comme on le ferait avec des billets, mais en version numérique. Le lancement est prévu en 2029, à condition que le Parlement européen adopte le texte de loi encadrant le projet, ce qui est attendu pour le mois de mai. Le chantier avance.

L'heure de l'euro numérique se rapproche. © Who is Danny / Shutterstock
L'heure de l'euro numérique se rapproche. © Who is Danny / Shutterstock

Banques, frais, confidentialité, ce que l'euro numérique va changer au quotidien

Le mot « souveraineté » revient souvent dans les discours. Lorsque vous payez par carte en Europe, il y a de fortes chances que votre transaction transite par Visa ou Mastercard, deux entreprises américaines. En réalité, deux tiers des paiements par carte sur le continent passent entre les mains d'acteurs étrangers, et treize pays de la zone euro n'ont aucune solution de paiement locale pour s'y substituer. L'euro numérique est, entre autres, la réponse de l'Europe à cette réalité inconfortable.

Pour les commerçants, l'euro numérique a aussi de bons arguments à faire valoir. Chaque fois qu'un client paie par carte aujourd'hui, le marchand reverse une commission à Visa ou Mastercard. Avec l'euro numérique, ces frais seraient plafonnés en dessous de ce que pratiquent les deux géants, et pour les petites boutiques, la facture pourrait être divisée par deux. Cerise sur le gâteau, ça fonctionnera même sans connexion internet, avec la discrétion d'un paiement en cash.

Les banques, elles, devront mettre la main à la poche, entre 4 et 6 milliards d'euros d'investissements estimés sur quatre ans pour adapter leurs systèmes. Une somme assez impressionnante, mais que la BCE relativise : elles n'auront rien à payer pour utiliser le réseau, et pourront toucher des commissions sur chaque transaction en euro numérique. De quoi, en théorie, rentrer dans leurs frais. La réponse définitive, on l'aura en 2029.