le lundi 22 mai 2017

Modération sur Facebook : les consignes révélées

Des documents internes à Facebook, contenant des consignes précises pour les modérateurs, viennent d'être publiés par le journal britannique The Guardian. Ils permettent enfin de comprendre pourquoi certains contenus choquants sont censurés, tandis que d'autres ne le sont pas.

 "Menace crédible", "recherche de plaisir", "débat politique"... Tout un tas de critères !


Si les décisions de Facebook quant à la suppression de certains contenus choquants vous ont déjà laissé perplexe, grâce à ces consignes, vous allez tout savoir sur les principes qui guident les modérateurs du réseau social dans leur prise de décision.

Sont considérées comme n'ayant pas leur place sur le réseau social les menaces de vol de tout type, d'escroquerie, de meurtre, de viol et de vandalisme. Mais pour être supprimée, une telle menace doit être "crédible" : le message doit s'accompagner soit d'une mention du lieu où se trouve la victime, soit de la date ou de l'heure, soit du moyen utilisé, soit d'une mise à prix.

Sont interdites sur Facebook les photos ou vidéos montrant la mort d'une personne ou d'un animal, de même qu'une représentation de souffrances causées par la violence qui revêtent une recherche de plaisir (sadisme). Toutefois, des propos comme "Il méritait bien ce qui lui est arrivé" seront tolérées si la victime est un personnage public. Une affirmation comme "Pendez ce salaud !" sera tolérée car considérée comme étant un soutien à la peine de mort, et donc une contribution à un débat politique.

Facebook


Suicide : pas de censure automatique par Facebook


Au sujet de vidéos en direct montrant une tentative de suicide, les consignes de Facebook précisent : "Nous ne voulons pas censurer ou punir les personnes en détresse qui tentent le suicide. Selon des experts qui nous ont conseillés, il est mieux de laisser la personne diffuser en direct sa tentative de suicide, à condition qu'elle soit contact avec ses spectateurs." Entendez : le contact avec des spectateurs peut décourager la personne de passer à l'acte et donc sauver une vie.
"Toutefois, pour éviter un risque de contagion, il est mieux de supprimer ses vidéos une fois qu'il n'y a plus de possibilité d'aider la personne", peut-on lire dans un des documents.

Facebook fait cependant exception pour les suicides qui méritent de faire l'actualité. Le réseau social a par exemple choisi de laisser en ligne une vidéo montrant un Égyptien en train de s'immoler par le feu en octobre 2016 pour protester contre la hausse incontrôlée des prix.

Les consignes recommandent également aux modérateurs de Facebook de laisser passer les menaces de suicide "faits plus de cinq jours avant l'échéance annoncée". Ils ont aussi pour recommandation de ne pas tenir compte des menaces de suicide faites uniquement au moyen d'émoticônes ou de hashtags, et des cas où le moyen de suicide annoncé a peu de chances de succès.

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Modifié le 22/05/2017 à 10h03
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