WordPress a 18 ans ! Retour sur la saga du CMS qui propulse quatre sites web sur dix

Alexandre Boero
Par Alexandre Boero, Journaliste-reporter, chargé de l'actu.
Publié le 13 octobre 2021 à 14h46
© 360b / Shutterstock.com
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La célèbre plateforme de publication ou système de gestion de contenu (CMS) WordPress fête, jeudi 27 mai, ses 18 ans. Elle ambitionne d'alimenter une part encore plus grande du Web à l'avenir.

WordPress fête ses 18 ans, l'âge de la majorité. Le bel âge, comme on dit ! Le célèbre CMS et logiciel open source jouit aujourd'hui d'une exceptionnelle popularité, lui qui a franchi la barre des 40 % de parts de marché sur les 10 millions de sites les plus visités au monde. Aujourd'hui, la plateforme communautaire (un mot qui a son importance) est plus attractive que jamais, avec un nouveau site mis en ligne toutes les deux minutes.

Des premières années qui ont vu naître toutes les bases de ce qu'est WordPress aujourd'hui

Matthew Mullenweg, co-développeur-fondateur de WordPress en 2003, n'a pas oublié à quel point le logiciel open source a changé sa vie. « WordPress fait partie de qui je suis. Comme manger, respirer, écouter de la musique », dit-il, lui qui deux ans plus tard, en 2005, a fondé la société Automattic, qui a grandement contribué à l'essor de WordPress.

Vendue à l'époque comme « une plateforme de publication personnelle sémantique axée sur l'esthétique, les normes Web et la convivialité », WordPress a vu sa première version, la 0.7, sortir le 27 mai 2003. Il y a très exactement 18 ans. À l'époque, cette date marque la transition entre le système de blogging b2 (dont Matt Mullenweg avait créé une nouvelle branche un peu plus tôt, le 1er avril, depuis SourceForge) et WordPress. Et les utilisateurs en étaient ravis, profitant d'un panneau d'administration simplifié.

En 2004 est sortie WordPress1.0. Et la même année, au mois de mai, la société Six Apart, qui développait Movable Type, un concurrent de WordPress, change de modèle économique, en passant d'un logiciel gratuit à une formule payante. Ce fut une aubaine pour WordPress, qui pu booster sa communauté. La plateforme passait alors de 8 670 téléchargements sur SourceForge en avril 2004, à 19 400 au mois de mai.

La même année débarquait le système de plug-in, atout indispensable aussi bien pour les professionnels et les développeurs que pour la communauté, qui a permis de développer de nombreuses fonctionnalités qui n'auraient peut-être pas été spontanément insérées par les équipes du logiciel. La première extension, Hello Dolly!, débarque au mois de mai. Le plug-in affichait en haut à droite du tableau de bord d'administration des paroles au hasard de la célèbre chanson de Louis Armstrong. Il servait surtout comme guide pédagogique à l'utilisation des plugins.

De San Francisco à la terre entière

En février 2005, après les plug-ins, WordPress lançait le système de thème, pouvant être mis au point grâce au langage de programmation PHP, avec plusieurs composants : l'en-tête, le pied de page ou encore la barre latérale. Le célèbre plug-in anti-spam Askimet, encore très utilisé aujourd'hui, sort un peu plus tard, en octobre.

Au mois de mars, la quatrième version du logiciel, WordPress 1.5 « Strayhorn », publiée au mois de février, atteint déjà les 100 000 téléchargements. Et au moi de mai, le logo WordPress, quasi-similaire à celui que l'on connaît aujourd'hui, fait son apparition. Il est l'œuvre de Jason Santa Maria et devient rapidement reconnaissable, même sans le nom, même s'il rappelle parfois le W de Wikipédia.

Le logo WordPress, en 2005
Le logo WordPress, en 2005

2006 marquera l'organisation du premier « WordCamp », un événement devenu annuel qui réunit aujourd'hui de nombreux développeurs et utilisateurs de la communauté, dans des dizaines de villes et pays du monde, sur les cinq continents du globe. Comme lors de sa première édition, l'événement majeur est toujours organisé depuis San Francisco, à l'initiative de Matt Mullenweg.

Le milliard de téléchargements dépassé en 2015

Faisons un petit bon dans le temps, et propulsons-nous directement en 2010. D'un point de vue stratégique, cette année-là fut très importante pour WordPress, avec la création de sa fondation. L'idée, ici, fut de préserver le libre-accès au logiciel tout en assurant la pérennité du code source. Automattic, dont nous avons parlé un peu plus tôt, se voit accorder l'utilisation de WordPress pour WordPress.com. Matt Mullenweg, lui, obtient les licences pour WordPress.org et WordPress.net. Au passage, le nom WordCamp est désormais protégé, ce qui garantit depuis l'organisation d'événements à but non lucratif reprenant ce même nom.

En 2011, WordPress gérait 12 % des sites internet de la planète, une part déjà conséquente. Et au cours de cette même année, le cap des 50 millions de blogs WordPress est dépassé.

L'année suivante, en 2012, s'est tenu le premier sommet de la communauté WordPress, « The Community Summit ». Plusieurs blogueurs, développeurs d'extensions ou de thèmes et contributeurs s'étaient retrouvés en Géorgie pour parler du CMS. L'année suivante eu lieu le premier WordCamp en Europe, à Leyde, aux Pays-Bas.

Ces dernières années, WordPress a eu plusieurs fois le tournis, avec des chiffres de plus en plus impressionnants. Le nombre de téléchargements sur le répertoire d'extensions a flambé pour atteindre le milliard de téléchargements en août 2015. La même année, WordPress se targuait de pointer à 25 % de parts de marché des systèmes de gestion de contenu. Loin, très loin devant son premier concurrent, Joomla!, et ses 2,8 %.

WordPress met désormais le cap sur les 60 % de parts de marché. Une statistique qu'il dépasse déjà assez nettement (66,2 %) sur tous les nouveaux sites créés.

  • Apprentissage rapide
  • Des milliers de thèmes
  • Presque 60 000 extensions
  • Polyvalence

WordPress est la star incontestée du web. Son ergonomie, la richesse de ses templates (réactifs, gratuits ou payants), la myriade d’extensions, ses capacités en référencement séduisent. Revers de la médaille, il concentre l’essentiel des cyberattaques et devient rapidement lent. Les propriétaires de sites WordPress ont la fâcheuse tendance à accumuler les extensions inutiles, souvent sans les mettre à jour. Selon les besoins de l’entreprise ou du particulier, il convient donc de vérifier la pertinence de ce CMS.

Par Alexandre Boero
Journaliste-reporter, chargé de l'actu

Journaliste, chargé de l'actualité de Clubic. En soutien direct du rédacteur en chef, je suis aussi le reporter et le vidéaste de la bande. Journaliste de formation, j'ai fait mes gammes à l'EJCAM, école reconnue par la profession, où j'ai bouclé mon Master avec une mention « Bien » et un mémoire sur les médias en poche.

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Commentaires (10)
SlashDot2k19

Ça aurait été bien un petit tableau récapitulatif des parts de marché des principales solutions d’éditions de site web.

Cynian90

Wordpress est magnifique, jusqu’à ce que tu doives mettre à jour les extensions utilisées par ton site web. L’enfer à côté c’est de la rigolade.

toast
Johnny6

Wordpress, Joomla, Spip, Jimdo, Dupral, etc. C’est très bien pour ceux qui ont quelques notions. Ils deviennent plus ou moins autonomes pour se faire un site, pour eux.
Facebook reste aussi un bon moyen (c’est un des rares points positifs de ce truc là).

Par contre, le côté négatif de ces outils faciles à mettre en œuvre, c’est le nombre de pseudo webmasters à la gomme, qui proposent la création de sites à des tarifs « pro », juste parce qu’ils savent payer un DNS avec hébergement, déployer un CMS et insérer textes et images. Dès qu’il y a une personnalisation, c’est techniquement pas possible. Dès qu’il y a un problème technique, ils disparaissent. C’est une vraie plaie ces gens là. Quand je vois le nombre de clients qui se sont faits avoir par ces guignols, c’est dingue.

toast

Pour évoluer dans ce domaine depuis 20 ans, ce sont généralement des clients qui ne sont justement pas prêt à payer un site à un tarif pro. Je n’ai pas trop de regrets pour eux…

toast

Non, juste des radins, pas des clients :smiley:

jobinseb

D’un point de vue sécurité, Word Press est un vrai nid à problèmes… Ce n’est pas Word Press le problème, ce sont les extensions mal sécurisées et surtout l’incapacité des web masters (les vrais ou les gens qui font ça dans leur coin, peu importe) à maintenir à jour les versions de WP et les extensions qu’ils utilisent. C’est le revers de la médaille d’être le CMS le plus populaire tout en permettant l’intégration de bibliothèques tierces, ça ouvre la porte au code mal sécurisé et leur mauvaise utilisation par des gens trop peu sensibilisés ou compétents.
Du coup ça fait de WP une super porte d’entrée pour le cybersquatting et la fraude en ligne… :frowning:

jobinseb

Tout à fait, c’est bien de la faute des gens qui administrent mal leur Wordpress, aucun doute là dessus, la plateforme étant par ailleurs régulièrement mise à jour.

Space_Boy

Wordfence (plugin de firewall) a chaque mardi soir 18h un video live avec les spécialistes de sécurité très cool pour montrer les failles des plugins, quoi faire, quoi pas faire, etc.

C’est bien les gars de Wordfence pour améliorer la sécurité de WP.

PS: aucun lien avec Wordfence mais c’est un des meilleurs plugin gratuits avec 2FA !!

ar-s

Je suis d’accord avec toi, après les gens veulent aussi des sites à 600 balles dont ils ont des guignoles qui font de la merde.
Perso j’ai toujours trouvé wordpress hyper lourd, et les autres CMS aussi d’ailleurs.
Un site, il faut se le faire ou se le faire faire, mais sans cms pré-mâché.