FinTech : la néo-banque Hush ne répond plus

Par
Le 13 septembre 2018
 0
hush néo banque

Promise à un bel avenir, la néo-banque française Hush ne semble finalement pas si bien partie que ça... Son patron a carrément disparu dans la nature, laissant ses investisseurs dans le flou le plus total.

Silence radio depuis plusieurs mois pour la néo-banque Hush. Le concept avait pourtant de quoi séduire sur le papier : une banque mobile compatible avec les crypto-monnaies et donnant la possibilité de soutenir des projets entrepreneuriaux de façon communautaire.


Un projet déjà avorté ?

Lancée en 2017 par Éric Charpentier, Hush surfe sur le boom des monnaies virtuelles. Et quoi de mieux qu'une levée de fonds en crypto-monnaie - ou ICO - pour financer le lancement ? Malheureusement, le concept ne semble pas prendre auprès des investisseurs. Sur les 20 millions d'euros demandés, seulement 614 000 euros sont récoltés en juin 2018.

Les investisseurs ont néanmoins reçu leurs tokens - des jetons numériques destinés à être utilisés avec la plateforme - en juillet 2018, mais ils ne valent pas grand-chose pour le moment. En effet, Hush n'est officiellement pas lancée et ne possède toujours pas son agrément bancaire.

Les choses semblent donc plutôt mal lancées. Mais ce qui est le plus inquiétant, c'est que le fondateur de Hush semble avoir disparu dans la nature. Le site officiel de la Fintech est fermé et les utilisateurs du groupe Telegram officiel n'ont plus eu un seul message d'Éric Charpentier depuis le 6 juillet. Ses comptes Linkedin, Twitter et Facebook ont aussi été clos subitement...

Toujours dans la liste des choses qui ne rassurent pas : Hush laisse derrière elle des factures impayées auprès de divers consultants. 150 000 euros sont toujours en attente de paiement auprès de Chaineum, un opérateur d'ICO. Ce n'est pas le seul partenaire de la néo-banque à être impayé et sans nouvelles de son créateur...

Un nouvel échec à la Morning ?

Peut-être vous souvenez-vous de Morning ? Cette néo-banque toulousaine fut lancée en 2013 par Éric Charpentier. En décembre 2016, elle tombe sous le coup d'une accusation de l'ACPR pour fraude. Suite à quoi, Eric Charpentier est évincé avant que Morning ne soit racheté par la banque Edel, perdant au passage pas loin de 75 000 clients.

Malgré tout, les représentants de Hush se veulent rassurant. D'après Max Massat, « Community Driver » de la néo-banque, « Eric prend désormais le temps de mener ses projets loin de la pression des réseaux ». Il tient aussi d'autres propos qui risquent de ne pas forcément plaire aux investisseurs : « On a décidé de pas se justifier. On travaille en silence. »

Pas sûr que ce genre de phrase soit très rassurant pour les investisseurs...
Modifié le 12/09/2018 à 16h06
scroll top