Pour la première fois depuis 2012, l'ICANN ouvre une nouvelle fenêtre de candidature pour la création de domaines génériques de premier niveau. Les organisations ont jusqu'au 12 août 2026 pour soumettre leur dossier, avec un ticket d'entrée fixé à 227 000 dollars.

L'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), l'organisation à but non lucratif chargée de superviser le système mondial de noms de domaine, a lancé le 30 avril 2026 son programme "New gTLD : 2026 Round". Ce dispositif, fermé depuis quatorze ans, permet à des entreprises, des gouvernements et des communautés de candidater pour devenir opérateurs de leur propre extension web - comme .marque, .ville ou .secteur.
Posséder son extension internet : ce que ça implique techniquement et financièrement
En 2012, une première vague avait permis l'ajout d'extensions comme .microsoft, .sky, .africa, .berlin ou .bank. Devenir opérateur d'un gTLD signifie concrètement décider qui peut enregistrer des noms de domaine sous cette extension, et selon quelles règles. Il s'agit donc d'un mécanisme à la fois commercial et stratégique.
Le dépôt de dossier est fixé à 227 000 dollars pour cette édition, soit une hausse non négligeable face aux 185 000 dollars lors de l'ouverture de janvier 2012. Les candidats doivent passer par le TAMS (TLD Application Management System), le système officiel de gestion des candidatures. Il faut surtout se conformer à un guide de 439 pages, lequel détaille les exigences techniques et les critères d'acceptation.
La procédure d'évaluation pourrait s'étendre jusqu'en 2030. La précédente vague avait généré plus de 2 000 candidatures et débouché sur la création de plus de 1 200 nouvelles extensions. Parmi les cas notables : des gTLD dits "défensifs", comme .sucks, rachetés par des marques uniquement pour empêcher des tiers de les exploiter.
L'ICANN avance aussi des bénéfices en matière de cybersécurité. Disposer de son propre gTLD permettrait de renforcer le contrôle sur les transactions en ligne et de mieux protéger les utilisateurs contre les tentatives d'usurpation. La notion de propriété intellectuelle est aussi particulièrement importante. N'importe qui ne pourra pas déposer le .mac par exemple.
Pour cette édition 2026, les candidatures pourront porter sur des extensions rédigées dans 27 systèmes d'écriture différents, dont l'arabe, le chinois, le devanagari (utilisé notamment pour l'hindi) et le thaï. L'objectif est d'élargir l'accès à internet pour les milliards d'utilisateurs dont la langue maternelle n'emploie pas l'alphabet latin.
Dans les faits, on trouve encore peu de domaines très forts utilisant ces nouvelles extensions. Les .com, .net et .org restent largement privilégiés, ce qui alimente le marché de revente. En février dernier, Crypto.com s'était ainsi offert le domaine ai.com pour 70 millions de dollars.