Amazon se retrouve au cœur d’une action collective aux États-Unis, accusé d’avoir rendu progressivement inutilisables ses anciens Fire TV Stick. En cause : l’arrêt du support logiciel pour les modèles de première et deuxième génération, lancés en 2014 et 2016, respectivement abandonnés en 2022 et 2023.

Selon la plainte déposée en Californie, ces appareils seraient devenus extrêmement lents, sujets à des bugs fréquents, voire totalement inopérants. Certains utilisateurs évoquent des télécommandes défaillantes ou des problèmes de streaming persistants, les poussant à remplacer leur matériel. Le plaignant principal affirme ainsi avoir dû racheter un modèle plus récent après que son Fire TV Stick est devenu inutilisable.
Des appareils en fin de vie… ou volontairement dégradés ?
Sur le papier, la durée de support, environ 7 à 8 ans, reste pourtant honorable. Elle dépasse celle de nombreux téléviseurs connectés, souvent limités à quelques années de mises à jour, même si la donne a récemment changé chez plusieurs constructeurs. Cette durée de vie reste néanmoins en retrait face à certains produits concurrents comme l’Apple TV 4K ou la Nvidia Shield TV, réputés pour leur suivi logiciel plus long.
Toute la question est donc de savoir si ces dysfonctionnements relèvent d’une simple fin de vie, logicielle comme matérielle, ou d’une dégradation volontaire. La plainte accuse en effet Amazon d’avoir laissé ses appareils se détériorer sans proposer de solution, dans le but d’encourager le renouvellement.
Le vrai enjeu : la transparence sur les mises à jour
Le cœur du problème pourrait toutefois être ailleurs. Amazon est accusé de ne jamais avoir clairement communiqué sur la durée de vie logicielle de ses produits. Une omission qui devient critique à mesure que les appareils dépendent des mises à jour pour fonctionner correctement. Sans elles, certaines applications finissent par disparaître ou ne plus être compatibles, à l’image de Netflix sur ces anciens modèles.
Ce dossier s’inscrit donc dans un débat plus large sur l’obsolescence logicielle. Les régulateurs américains s’y intéressent de près : la Federal Trade Commission (FTC) estime que l’absence de transparence sur la durée des mises à jour peut nuire aux consommateurs, en particulier lorsque des fonctions mises en avant lors de l’achat cessent de fonctionner avec le temps.
Au-delà du cas Amazon, cette affaire illustre une réalité de plus en plus répandue : la durée de vie des appareils connectés dépend souvent plus du suivi logiciel que du matériel en lui-même. Un enjeu qui pourrait, à terme, pousser les fabricants à revoir leurs pratiques, ou au minimum les contraindre à plus de clarté.
Source : New York Post